<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><JUDGMENT xmlns:fmx="http://opoce" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:noNamespaceSchemaLocation="http://formex.publications.europa.eu/schema/formex-05.58-20161101.xd"><BIB.JUDGMENT><REF.CASE FILE="n.a."><NO.CASE>C-102/16</NO.CASE></REF.CASE><NO.CELEX>62016CJ0102</NO.CELEX><NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2017:1012">EU:C:2017:1012</NO.ECLI><NO.SEQ>0001</NO.SEQ><PAGE.FIRST.ECR>1</PAGE.FIRST.ECR><PAGE.SEQ>1</PAGE.SEQ><PAGE.LAST.ECR>11</PAGE.LAST.ECR><PAGE.TOTAL>11</PAGE.TOTAL><AUTHOR>CJ</AUTHOR></BIB.JUDGMENT><CURR.TITLE><PAGE.HEADER><P><HT TYPE="SC">Arrêt du <DATE ISO="20171220">20. 12. 2017</DATE> – Affaire C‑102/16</HT></P><P><HT TYPE="SC">Vaditrans</HT></P></PAGE.HEADER></CURR.TITLE><TITLE><TI><P><HT TYPE="UC">Arrêt de la Cour</HT> (dixième chambre)</P><P><DATE ISO="20171220">20 décembre 2017</DATE><NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="STAR" NOTE.ID="E0001"><P>Langue de procédure : le néerlandais.</P></NOTE></P></TI></TITLE><INTERMEDIATE><INDEX IDX.CLOSE=" »" SEPARATOR=" – " IDX.OPEN="« "><KEYWORD>Renvoi préjudiciel</KEYWORD><KEYWORD>Transports par route</KEYWORD><KEYWORD>Temps de repos du conducteur</KEYWORD><KEYWORD>Règlement (CE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006</KEYWORD><KEYWORD>Article 8, paragraphes 6 et 8</KEYWORD><KEYWORD>Possibilité de prendre les temps de repos journaliers et les temps de repos hebdomadaires réduits loin du point d’attache et à bord du véhicule</KEYWORD><KEYWORD>Exclusion des temps de repos hebdomadaire normaux</KEYWORD></INDEX></INTERMEDIATE><JUDGMENT.INIT><P>Dans l’affaire C‑102/16,</P><P>ayant pour objet une demande de décision préjudicielle au titre de l’article 267 TFUE, introduite par le Raad van State (Conseil d’État, Belgique), par décision du <DATE ISO="20160204">4 février 2016</DATE>, parvenue à la Cour le <DATE ISO="20160219">19 février 2016</DATE>, dans la procédure</P></JUDGMENT.INIT><PARTIES><PLAINTIFS><P><HT TYPE="BOLD">Vaditrans BVBA</HT></P></PLAINTIFS><AGAINST>contre</AGAINST><DEFENDANTS><P><HT TYPE="BOLD">Belgische Staat,</HT></P></DEFENDANTS></PARTIES><PREAMBLE><PREAMBLE.INIT><P>LA COUR (dixième chambre),</P><P>composée de M. E. Levits, président de chambre, M<HT TYPE="SUP">me</HT> M. Berger (rapporteur) et M. F. Biltgen, juges,</P><P>avocat général : M. E. Tanchev,</P><P>greffier : M. A. Calot Escobar,</P></PREAMBLE.INIT><GR.VISA><VISA>vu la procédure écrite,</VISA></GR.VISA><GR.CONSID><CONSID><P>considérant les observations présentées :</P><LIST TYPE="NDASH"><ITEM><P>pour Vaditrans BVBA, par M<HT TYPE="SUP">e</HT> F. Vanden Bogaerde, advocaat,</P></ITEM><ITEM><P>pour le gouvernement belge, par M<HT TYPE="SUP">mes</HT> L. Van den Broeck et J. Van Holm, en qualité d’agents,</P></ITEM><ITEM><P>pour le gouvernement allemand, par MM. T. Henze et A. Lippstreu, en qualité d’agents,</P></ITEM><ITEM><P>pour le gouvernement estonien, par M<HT TYPE="SUP">me</HT> K. Kraavi-Käerdi, en qualité d’agent,</P></ITEM><ITEM><P>pour le gouvernement espagnol, par M<HT TYPE="SUP">me</HT> V. Ester Casas, en qualité d’agent,</P></ITEM><ITEM><P>pour le gouvernement français, par MM. R. Coesme et D. Colas, en qualité d’agents,</P></ITEM><?PAGE NO="2"?><ITEM><P>pour le gouvernement autrichien, par M<HT TYPE="SUP">me</HT> C. Pesendorfer, en qualité d’agent,</P></ITEM><ITEM><P>pour le Parlement européen, par M<HT TYPE="SUP">me</HT> L.G. Knudsen ainsi que par MM. M. Menegatti et R. van de Westelaken, en qualité d’agents,</P></ITEM><ITEM><P>pour le Conseil de l’Union européenne, par M<HT TYPE="SUP">mes</HT> R. Wiemann et K. Michoel, en qualité d’agents,</P></ITEM><ITEM><P>pour la Commission européenne, par M<HT TYPE="SUP">me</HT> J. Hottiaux et M. F. Wilman, en qualité d’agents,</P></ITEM></LIST></CONSID></GR.CONSID><GR.VISA><VISA>ayant entendu l’avocat général en ses conclusions à l’audience du <DATE ISO="20170202">2 février 2017</DATE>,</VISA></GR.VISA><PREAMBLE.FINAL>rend le présent</PREAMBLE.FINAL></PREAMBLE><CONTENTS.JUDGMENT><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><P><HT TYPE="BOLD">Arrêt</HT></P></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0001"><NO.P>1</NO.P><TXT>La demande de décision préjudicielle porte sur l’interprétation de l’article 8, paragraphe 8, du règlement (CE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 du Parlement européen et du Conseil, du <DATE ISO="20060315">15 mars 2006</DATE>, relatif à l’harmonisation de certaines dispositions de la législation sociale dans le domaine des transports par route, modifiant les règlements (CEE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 3821/85 et (CE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 2135/98 du Conseil et abrogeant le règlement (CEE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 3820/85 du Conseil (<REF.DOC.OJ COLL="L" NO.OJ="102" PAGE.FIRST="1" DATE.PUB="2006">JO 2006, L 102, p. 1</REF.DOC.OJ>).</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0002"><NO.P>2</NO.P><TXT>Cette demande a été présentée dans le cadre d’un litige opposant Vaditrans BVBA au Belgische Staat (État belge) au sujet de l’annulation du Koninklijk besluit tot wijziging van het koninklijk besluit van <DATE ISO="20000719">19 juli 2000</DATE> betreffende de inning en de consignatie van een som bij het vaststellen van sommige inbreuken inzage het vervoer over de weg (arrêté royal modifiant l’arrêté royal du <DATE ISO="20000719">19 juillet 2000</DATE> relatif à la perception et à la consignation d’une somme lors de la constatation de certaines infractions en matière de transport par route), du <DATE ISO="20140419">19 avril 2014</DATE> (<HT TYPE="ITALIC">Moniteur belge</HT> du <DATE ISO="20140611">11 juin 2014</DATE>, p. 44159) (ci‑après l’<QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0001" ID="QS0001"/> arrêté royal du <DATE ISO="20140419">19 avril 2014</DATE> <QUOT.END REF.START="QS0001" CODE="00BB" ID="QE0001"/>), prévoyant notamment une sanction de <FT TYPE="NUMBER">1800</FT> euros à payer par les conducteurs des camions qui prennent leur temps de repos hebdomadaire obligatoire dans leur véhicule et non pas à un autre endroit.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><P><HT TYPE="BOLD">Le cadre juridique</HT></P></TI></TITLE><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">Le droit de l’Union</HT></HT></P></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0003"><NO.P>3</NO.P><TXT>Aux termes des considérants 1, 17, 26 et 27 du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><CONSID><NP><NO.P><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0002" ID="QS0002"/> (1)</NO.P><TXT>Dans le domaine des transports routiers, le règlement (CEE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 3820/85 du Conseil du <DATE ISO="19851220">20 décembre 1985</DATE> relatif à l’harmonisation de certaines dispositions en matière sociale dans le domaine des transports par route [<REF.DOC.OJ COLL="L" NO.OJ="370" PAGE.FIRST="1" DATE.PUB="1985">JO 1985 L 370, p. 1</REF.DOC.OJ>] visait à harmoniser les conditions de concurrence entre les modes de transport terrestres, en particulier en ce qui concerne le secteur du transport routier, et à améliorer les conditions de travail et la sécurité routière. Les progrès réalisés dans ces domaines devraient être préservés et étendus.</TXT></NP></CONSID><P>[...]</P><CONSID><NP><NO.P>(17)</NO.P><TXT>Le présent règlement vise à améliorer les conditions sociales pour les travailleurs auxquels il s’applique, ainsi qu’à améliorer la sécurité routière en général. Il vise à atteindre cet objectif principalement au moyen des dispositions relatives au temps de conduite maximum par jour, par semaine et par période de deux semaines consécutives, de la disposition obligeant un<?PAGE NO="3"?> conducteur à prendre un temps de repos hebdomadaire normal au moins une fois sur une période de deux semaines consécutives, et des dispositions qui prévoient qu’en aucun cas un temps de repos journalier ne peut être inférieur à une période ininterrompue de neuf heures. [...]</TXT></NP></CONSID><P>[...]</P><CONSID><NP><NO.P>(26)</NO.P><TXT>Les États membres devraient établir des règles concernant les sanctions frappant les infractions au présent règlement et veiller à ce qu’elles soient appliquées. Ces sanctions doivent avoir un caractère effectif, proportionné, dissuasif et non discriminatoire. L’immobilisation possible du véhicule en cas d’infraction grave devrait également figurer dans l’échelle commune des mesures que les États membres peuvent appliquer. Les dispositions du présent règlement relatives aux sanctions ou aux procédures n’affectent pas les règles nationales concernant la charge de la preuve.</TXT></NP></CONSID><CONSID><NP><NO.P>(27)</NO.P><TXT>Il est souhaitable, pour assurer une application claire et effective, d’établir des dispositions uniformes sur la responsabilité des entreprises de transport et des conducteurs pour les infractions au présent règlement. Cette responsabilité peut, selon le cas, aboutir à des sanctions pénales, civiles ou administratives dans les États membres. <QUOT.END REF.START="QS0002" CODE="00BB" ID="QE0002"/></TXT></NP></CONSID></QUOT.S></P></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0004"><NO.P>4</NO.P><TXT>L’article 1<HT TYPE="SUP">er</HT> de ce règlement prévoit :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><ALINEA><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0003" ID="QS0003"/> Le présent règlement fixe les règles relatives aux durées de conduite, aux pauses et aux temps de repos qui doivent être observés par les conducteurs assurant le transport de marchandises et de voyageurs par route afin d’harmoniser les conditions de concurrence entre les modes de transport terrestre, en particulier en ce qui concerne le secteur routier, et d’améliorer les conditions de travail et la sécurité routière. Le présent règlement vise également à promouvoir de meilleures pratiques de contrôle et d’application des règles par les États membres et de meilleures méthodes de travail dans le secteur du transport routier. <QUOT.END REF.START="QS0003" CODE="00BB" ID="QE0003"/></ALINEA></QUOT.S></P></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0005"><NO.P>5</NO.P><TXT>L’article 4 dudit règlement définit, sous g) et h), le temps de repos journalier et hebdomadaire :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><ALINEA><LIST TYPE="OTHER"><ITEM><NP><NO.P><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0004" ID="QS0004"/> g)</NO.P><TXT><QUOT.START CODE="201C" REF.END="QE0005" ID="QS0005"/>temps de repos journalier<QUOT.END REF.START="QS0005" CODE="201D" ID="QE0005"/> : la partie d’une journée pendant laquelle un conducteur peut disposer librement de son temps et qui peut être un <QUOT.START CODE="201C" REF.END="QE0006" ID="QS0006"/>temps de repos journalier normal<QUOT.END REF.START="QS0006" CODE="201D" ID="QE0006"/> ou un <QUOT.START CODE="201C" REF.END="QE0007" ID="QS0007"/>temps de repos journalier réduit<QUOT.END REF.START="QS0007" CODE="201D" ID="QE0007"/> :</TXT><P><LIST TYPE="NDASH"><ITEM><P><QUOT.START CODE="201C" REF.END="QE0008" ID="QS0008"/>temps de repos journalier normal<QUOT.END REF.START="QS0008" CODE="201D" ID="QE0008"/> : toute période de repos d’au moins onze heures. Ce temps de repos journalier normal peut aussi être pris en deux tranches, dont la première doit être une période ininterrompue de trois heures au moins et la deuxième une période ininterrompue d’au moins neuf heures ;</P></ITEM><ITEM><P><QUOT.START CODE="201C" REF.END="QE0009" ID="QS0009"/>temps de repos journalier réduit<QUOT.END REF.START="QS0009" CODE="201D" ID="QE0009"/> : toute période de repos d’au moins neuf heures, mais de moins de onze heures ;</P></ITEM></LIST></P></NP></ITEM><ITEM><NP><NO.P>h)</NO.P><TXT><QUOT.START CODE="201C" REF.END="QE0010" ID="QS0010"/>temps de repos hebdomadaire<QUOT.END REF.START="QS0010" CODE="201D" ID="QE0010"/> : une période hebdomadaire pendant laquelle un conducteur peut disposer librement de son temps, et qui peut être un <QUOT.START CODE="201C" REF.END="QE0011" ID="QS0011"/>temps de repos hebdomadaire normal<QUOT.END REF.START="QS0011" CODE="201D" ID="QE0011"/> ou un <QUOT.START CODE="201C" REF.END="QE0012" ID="QS0012"/>temps de repos hebdomadaire réduit<QUOT.END REF.START="QS0012" CODE="201D" ID="QE0012"/> ;</TXT><P><LIST TYPE="DASH"><ITEM><P><QUOT.START CODE="201C" REF.END="QE0013" ID="QS0013"/>temps de repos hebdomadaire normal<QUOT.END REF.START="QS0013" CODE="201D" ID="QE0013"/> : toute période de repos d’au moins quarante-cinq heures ;</P></ITEM><ITEM><P><QUOT.START CODE="201C" REF.END="QE0014" ID="QS0014"/>temps de repos hebdomadaire réduit<QUOT.END REF.START="QS0014" CODE="201D" ID="QE0014"/> : toute période de repos de moins de quarante-cinq heures, pouvant être réduite à un minimum de vingt-quatre heures consécutives, sous réserve des conditions énoncées à l’article 8, paragraphe 6 <QUOT.END REF.START="QS0004" CODE="00BB" ID="QE0004"/>.</P></ITEM></LIST></P></NP></ITEM></LIST></ALINEA></QUOT.S></P></NP.ECR><?PAGE NO="4"?><NP.ECR IDENTIFIER="NP0006"><NO.P>6</NO.P><TXT>L’article 8, paragraphe 6, du même règlement dispose :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><ALINEA><P><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0015" ID="QS0015"/> Au cours de deux semaines consécutives, un conducteur prend au moins :</P><LIST TYPE="NDASH"><ITEM><P>deux temps de repos hebdomadaires normaux, ou</P></ITEM><ITEM><P>un temps de repos hebdomadaire normal et un temps de repos hebdomadaire réduit d’au moins vingt-quatre heures. Toutefois, la réduction est compensée par une période de repos équivalente prise en bloc avant la fin de la troisième semaine suivant la semaine en question.</P></ITEM></LIST></ALINEA><ALINEA>Un temps de repos hebdomadaire commence au plus tard à la fin de six périodes de vingt-quatre heures à compter du temps de repos hebdomadaire précédent. <QUOT.END REF.START="QS0015" CODE="00BB" ID="QE0015"/></ALINEA></QUOT.S></P></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0007"><NO.P>7</NO.P><TXT>L’article 8, paragraphe 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 énonce :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><ALINEA><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0016" ID="QS0016"/> Si un conducteur en fait le choix, les temps de repos journaliers et temps de repos hebdomadaires réduits loin du point d’attache peuvent être pris à bord du véhicule, à condition que celui-ci soit équipé d’un matériel de couchage convenable pour chaque conducteur et qu’il soit à l’arrêt. <QUOT.END REF.START="QS0016" CODE="00BB" ID="QE0016"/></ALINEA></QUOT.S></P></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0008"><NO.P>8</NO.P><TXT>L’article 18 de ce règlement dispose :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><ALINEA><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0017" ID="QS0017"/> Les États membres adoptent les mesures nécessaires à l’application du présent règlement. <QUOT.END REF.START="QS0017" CODE="00BB" ID="QE0017"/></ALINEA></QUOT.S></P></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0009"><NO.P>9</NO.P><TXT>L’article 19, paragraphe 1, dudit règlement prévoit :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><ALINEA><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0018" ID="QS0018"/> Les États membres établissent des règles concernant les sanctions pour infraction au présent règlement et au règlement (CEE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 3821/85 et prennent toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce qu’elles soient appliquées. Ces sanctions doivent être effectives, proportionnées, dissuasives et non discriminatoires. Aucune infraction au présent règlement ou au règlement (CEE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 3821/85 ne donne lieu à plus d’une sanction ou plus d’une procédure [...] <QUOT.END REF.START="QS0018" CODE="00BB" ID="QE0018"/>.</ALINEA></QUOT.S></P></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">Le droit belge</HT></HT></P></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0010"><NO.P>10</NO.P><TXT>Le rapport au Roi précédant l’arrêté royal du <DATE ISO="20140419">19 avril 2014</DATE> indique que celui-ci s’inscrit dans le cadre d’un plan d’action adopté par le Conseil des ministres le <DATE ISO="20131128">28 novembre 2013</DATE> pour lutter contre le détachement frauduleux en Belgique de travailleurs ressortissants de l’Union européenne, phénomène connu sous les termes de <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0019" ID="QS0019"/> dumping social <QUOT.END REF.START="QS0019" CODE="00BB" ID="QE0019"/>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0011"><NO.P>11</NO.P><TXT>L’arrêté royal du <DATE ISO="20140419">19 avril 2014</DATE> prévoit, d’une part, une augmentation de l’amende pour infraction à l’obligation d’avoir, dans le véhicule, la lettre de voiture établie pour l’envoi et, d’autre part, une amende pour infraction à l’interdiction de prendre le repos hebdomadaire normal à bord du véhicule.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0012"><NO.P>12</NO.P><TXT>L’article 2 de l’arrêté royal du <DATE ISO="20140419">19 avril 2014</DATE> dispose :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><ALINEA><P><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0020" ID="QS0020"/> L’appendice 1<HT TYPE="SUP">er</HT> de l’annexe 1 [de l’arrêté royal du <DATE ISO="20000719">19 juillet 2000</DATE>], sous c), Temps de conduite et de repos, est complété par un point 8 rédigé comme suit :</P><TBL NO.SEQ="0001" COLS="4" CLASS="GEN"><CORPUS><ROW><CELL COL="1">8</CELL><CELL COL="2">Le temps de repos hebdomadaire normal, obligatoire au moment du contrôle, est pris à bord du véhicule.</CELL><CELL COL="3"><P>- règlement (CE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006, art. 8. 6 et 8.8.</P><P>- AETR, art.8.</P></CELL><CELL COL="4"><FT TYPE="NUMBER">1800</FT> EUR</CELL></ROW></CORPUS></TBL><?PAGE NO="5"?><P><QUOT.END REF.START="QS0020" CODE="00BB" ID="QE0020"/></P></ALINEA></QUOT.S></P></NP.ECR></GR.SEQ></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><P><HT TYPE="BOLD">Le litige au principal et les questions préjudicielles</HT></P></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0013"><NO.P>13</NO.P><TXT>Vaditrans, une entreprise de transport établie en Belgique, a, le <DATE ISO="20140808">8 août 2014</DATE>, introduit un recours devant le Raad van State (Conseil d’État, Belgique) tendant à l’annulation de l’arrêté royal du <DATE ISO="20140419">19 avril 2014</DATE>, en vertu duquel une amende d’un montant de <FT TYPE="NUMBER">1800</FT> euros peut être infligée lorsque le conducteur d’un camion prend son repos hebdomadaire normal à bord du véhicule.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0014"><NO.P>14</NO.P><TXT>À l’appui de son recours, Vaditrans fait valoir que l’article 2 de l’arrêté royal du <DATE ISO="20140419">19 avril 2014</DATE> est incompatible avec le principe de légalité des peines, étant donné que cette disposition sanctionne la prise du temps de repos hebdomadaire normal à bord du véhicule, alors que le règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 ne prévoit pas une telle interdiction.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0015"><NO.P>15</NO.P><TXT>En revanche, l’État belge, représenté par le ministre de la Mobilité, estime qu’il résulte clairement du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 qu’un conducteur ne peut pas prendre son temps de repos hebdomadaire normal à bord de son véhicule.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0016"><NO.P>16</NO.P><TXT>La juridiction de renvoi constate, à cet égard, que l’arrêté royal du <DATE ISO="20140419">19 avril 2014</DATE> est fondé sur le principe, énoncé, notamment, à l’article 8, paragraphes 6 et 8, dudit règlement, selon lequel il est interdit à un conducteur de prendre son temps de repos hebdomadaire normal à bord de son véhicule. Sans se pencher davantage sur le fond de la question, la juridiction de renvoi estime qu’il existe un doute quant au bien-fondé de cette thèse et qu’il s’agit d’une question d’interprétation du droit de l’Union, pour laquelle la Cour est compétente.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0017"><NO.P>17</NO.P><TXT>La juridiction de renvoi considère, par ailleurs, que deux autres questions, qu’elle n’examine pas non plus davantage, se posent en fonction de la réponse apportée par la Cour à la question susmentionnée. En cas de réponse affirmative de la Cour, il convient, selon elle, de déterminer si le règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 est compatible avec le principe de légalité des peines énoncé à l’article 49, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0021" ID="QS0021"/> Charte <QUOT.END REF.START="QS0021" CODE="00BB" ID="QE0021"/>). En cas de réponse négative, la juridiction de renvoi se demande si un État membre peut introduire, dans son droit interne, une interdiction telle que celle en cause au principal.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0018"><NO.P>18</NO.P><TXT>Dans ces conditions, le Raad van State (Conseil d’État) a décidé de surseoir à statuer et de poser à la Cour les questions préjudicielles suivantes :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><LIST TYPE="OTHER"><ITEM><NP><NO.P><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0022" ID="QS0022"/> 1)</NO.P><TXT>L’article 8, paragraphes 6 et 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 doit-il être interprété en ce sens que les temps de repos hebdomadaires normaux visés à l’article 8, paragraphe 6, du même règlement ne peuvent pas être pris à bord du véhicule ?</TXT></NP></ITEM><ITEM><NP><NO.P>2)</NO.P><TXT>En cas de réponse affirmative à la première question, l’article 8, paragraphes 6 et 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006, lu en combinaison avec l’article 19 de ce règlement, viole-t-il le principe de légalité en matière pénale tel qu’il est énoncé à l’article 49 de la Charte [...] en ce que les dispositions précitées dudit règlement ne prévoient pas expressément l’interdiction de prendre les temps de repos hebdomadaires normaux visés à l’article 8, paragraphe 6, dudit règlement à bord du véhicule ?</TXT></NP></ITEM><ITEM><NP><NO.P>3)</NO.P><TXT>En cas de réponse négative à la première question, ledit règlement permet-il aux États membres de prévoir dans leur droit interne l’interdiction de prendre les temps de repos hebdomadaires normaux visés à l’article 8, paragraphe 6, de ce même règlement à bord du véhicule ? <QUOT.END REF.START="QS0022" CODE="00BB" ID="QE0022"/></TXT></NP></ITEM></LIST></QUOT.S></P></NP.ECR></GR.SEQ><?PAGE NO="6"?><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><P><HT TYPE="BOLD">Sur les questions préjudicielles</HT></P></TI></TITLE><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">Sur la première question</HT></HT></P></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0019"><NO.P>19</NO.P><TXT>S’agissant de la première question, les gouvernements belge, allemand, français et autrichien ainsi que la Commission européenne considèrent que l’article 8, paragraphe 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 ne permet pas à un conducteur de prendre les temps de repos hebdomadaires normaux à bord de son véhicule. Vaditrans ainsi que les gouvernements estonien et espagnol soutiennent, en revanche, la thèse inverse.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0020"><NO.P>20</NO.P><TXT>À cet égard, il convient de rappeler que, conformément à une jurisprudence constante de la Cour, il y a lieu, pour l’interprétation d’une disposition du droit de l’Union, de tenir compte non seulement des termes de celle‑ci, mais également de son contexte et des objectifs poursuivis par la réglementation dont elle fait partie (voir, notamment, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20170706">6 juillet 2017</DATE>, <NAME.CASE>Air Berlin</NAME.CASE>, <NO.CASE>C‑290/16</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2017:523">EU:C:2017:523</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0022">22</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée), et, en l’occurrence, de la genèse de cette réglementation (arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20150701">1<HT TYPE="SUP">er</HT> juillet 2015</DATE>, <NAME.CASE>Bund für Umwelt und Naturschutz Deutschland</NAME.CASE>, <NO.CASE>C‑461/13</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:433">EU:C:2015:433</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0030">30</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0021"><NO.P>21</NO.P><TXT>S’agissant, en premier lieu, des termes de l’article 8, paragraphe 6, premier alinéa, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006, il y a lieu de faire observer que cette disposition prévoit que, au cours de deux semaines consécutives, un conducteur doit prendre au moins deux temps de repos hebdomadaires normaux ou un temps de repos hebdomadaire normal et un temps de repos hebdomadaire réduit, moyennant le respect de certaines exigences.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0022"><NO.P>22</NO.P><TXT>L’article 8, paragraphe 6, second alinéa, dudit règlement dispose qu’un temps de repos hebdomadaire commence au plus tard à la fin de six périodes de vingt-quatre heures à compter du temps de repos hebdomadaire précédent.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0023"><NO.P>23</NO.P><TXT>Enfin, l’article 8, paragraphe 8, dudit règlement prévoit que, si un conducteur en fait le choix, les temps de repos journaliers et temps de repos hebdomadaires réduits loin du point d’attache peuvent être pris à bord du véhicule, à condition que celui-ci soit équipé d’un matériel de couchage convenable pour chaque conducteur et qu’il soit à l’arrêt.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0024"><NO.P>24</NO.P><TXT>L’article 8, paragraphes 6 et 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 doit être lu à la lumière de l’article 4 de ce règlement dès lors que ce dernier article définit les termes utilisés dans ledit règlement.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0025"><NO.P>25</NO.P><TXT>L’article 4, sous f), du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 définit le <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0023" ID="QS0023"/> repos <QUOT.END REF.START="QS0023" CODE="00BB" ID="QE0023"/> comme <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0024" ID="QS0024"/> toute période ininterrompue pendant laquelle un conducteur peut disposer librement de son temps <QUOT.END REF.START="QS0024" CODE="00BB" ID="QE0024"/>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0026"><NO.P>26</NO.P><TXT>L’article 4, sous g), dudit règlement précise la notion de <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0025" ID="QS0025"/> temps de repos journalier <QUOT.END REF.START="QS0025" CODE="00BB" ID="QE0025"/> comme <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0026" ID="QS0026"/> la partie d’une journée pendant laquelle un conducteur peut disposer librement de son temps <QUOT.END REF.START="QS0026" CODE="00BB" ID="QE0026"/> et précise qu’il recouvre un <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0027" ID="QS0027"/> temps de repos journalier normal <QUOT.END REF.START="QS0027" CODE="00BB" ID="QE0027"/> et un <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0028" ID="QS0028"/> temps de repos journalier réduit <QUOT.END REF.START="QS0028" CODE="00BB" ID="QE0028"/>, avant de définir ces deux notions.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0027"><NO.P>27</NO.P><TXT>Selon l’article 4, sous h), du même règlement, les <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0029" ID="QS0029"/> temps de repos hebdomadaire <QUOT.END REF.START="QS0029" CODE="00BB" ID="QE0029"/> sont définis comme étant <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0030" ID="QS0030"/> une période hebdomadaire pendant laquelle un conducteur peut disposer librement de son temps <QUOT.END REF.START="QS0030" CODE="00BB" ID="QE0030"/> et que, en outre, cette notion recouvre un <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0031" ID="QS0031"/> temps de repos hebdomadaire normal <QUOT.END REF.START="QS0031" CODE="00BB" ID="QE0031"/> et un <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0032" ID="QS0032"/> temps de repos hebdomadaire réduit <QUOT.END REF.START="QS0032" CODE="00BB" ID="QE0032"/>. Plus précisément, le <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0033" ID="QS0033"/> temps de repos hebdomadaire normal <QUOT.END REF.START="QS0033" CODE="00BB" ID="QE0033"/> est défini comme étant <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0034" ID="QS0034"/> toute période de repos d’au moins quarante‑cinq heures <QUOT.END REF.START="QS0034" CODE="00BB" ID="QE0034"/>, tandis que le <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0035" ID="QS0035"/> temps de repos hebdomadaire réduit <QUOT.END REF.START="QS0035" CODE="00BB" ID="QE0035"/> désigne <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0036" ID="QS0036"/> toute période de repos de moins de quarante-cinq heures, pouvant être réduite à un minimum de vingt‑quatre heures consécutives, sous réserve des conditions énoncées à l’article 8, paragraphe 6 <QUOT.END REF.START="QS0036" CODE="00BB" ID="QE0036"/>, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006.</TXT></NP.ECR><?PAGE NO="7"?><NP.ECR IDENTIFIER="NP0028"><NO.P>28</NO.P><TXT>Partant, l’article 4, sous g) et h), du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 établit une distinction dans l’utilisation respective des notions de temps de repos journalier et de temps de repos hebdomadaire, dans la mesure où ceux-ci peuvent être normaux ou réduits.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0029"><NO.P>29</NO.P><TXT>Cette distinction est également prévue à l’article 8, paragraphe 6, dudit règlement, qui fait référence, à son premier alinéa, tant au temps de repos hebdomadaire normal qu’au temps de repos hebdomadaire réduit. En revanche, le second alinéa de cette disposition se borne à faire référence à un <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0037" ID="QS0037"/> temps de repos hebdomadaire <QUOT.END REF.START="QS0037" CODE="00BB" ID="QE0037"/> et recouvre ainsi les deux notions précédentes.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0030"><NO.P>30</NO.P><TXT>L’article 8, paragraphe 8, du même règlement reprend la distinction introduite par l’article 4, sous g) et h), en faisant référence aux <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0038" ID="QS0038"/> temps de repos journaliers <QUOT.END REF.START="QS0038" CODE="00BB" ID="QE0038"/>, qui recouvrent les temps de repos journaliers normaux et réduits, et aux <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0039" ID="QS0039"/> temps de repos hebdomadaires réduits <QUOT.END REF.START="QS0039" CODE="00BB" ID="QE0039"/>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0031"><NO.P>31</NO.P><TXT>Dès lors que l’article 8, paragraphe 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 vise expressément les temps de repos journaliers et les temps de repos hebdomadaires réduits, il en découle qu’un conducteur ne peut pas prendre les temps de repos hebdomadaires normaux à bord du véhicule.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0032"><NO.P>32</NO.P><TXT>En effet, si le législateur de l’Union avait voulu viser, à l’article 8, paragraphe 8, dudit règlement, à la fois les temps de repos hebdomadaires normaux et les temps de repos hebdomadaires réduits, il aurait pu se contenter d’utiliser les termes <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0040" ID="QS0040"/> temps de repos hebdomadaires <QUOT.END REF.START="QS0040" CODE="00BB" ID="QE0040"/> pour englober les deux types de ces temps de repos.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0033"><NO.P>33</NO.P><TXT>En outre, si tous les temps de repos pour un conducteur pouvaient être pris à bord du véhicule, la distinction opérée à l’article 8, paragraphe 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 serait privée de sens et cette disposition perdrait ainsi son effet utile.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0034"><NO.P>34</NO.P><TXT>Cette interprétation de l’article 8, paragraphe 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 est corroborée par la genèse de cette disposition en ce qu’elle permet, à travers les modifications apportées à cette disposition, de mettre en évidence la volonté du législateur de l’Union.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0035"><NO.P>35</NO.P><TXT>En effet, pour les motifs plus amplement développés par M. l’avocat général aux points 45 à 51 de ses conclusions, le processus d’adoption de l’article 8, paragraphe 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 permet de conclure que ledit législateur avait manifestement la volonté d’exclure les temps de repos hebdomadaires normaux du champ d’application de cette disposition.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0036"><NO.P>36</NO.P><TXT>Ainsi, force est de constater que la proposition initiale de la Commission concernant l’article 8, paragraphe 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 [initialement article 8, paragraphe 6, voir proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à l’harmonisation de certaines dispositions en matière sociale dans le domaine des transports par route, COM(2001) 573 final, du <DATE ISO="20011012">12 octobre 2001</DATE> (<REF.DOC.OJ COLL="C" NO.OJ="051E" PAGE.FIRST="234" DATE.PUB="2002">JO 2002, C 51 E, p. 234</REF.DOC.OJ>)] visait l’ensemble des temps de repos, donc tant les temps de repos journaliers que les temps de repos hebdomadaires, à condition que le véhicule fût, d’une part, équipé d’un matériel de couchage convenable pour chaque conducteur et, d’autre part, à l’arrêt.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0037"><NO.P>37</NO.P><TXT>Toutefois, le Parlement européen ayant, dans la résolution législative du <DATE ISO="20030114">14 janvier 2003</DATE>, sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à l’harmonisation de certaines dispositions en matière sociale dans le domaine des transports par route (<REF.DOC.OJ COLL="C" NO.OJ="038E" PAGE.FIRST="152" DATE.PUB="2004">JO 2004, C 38 E, p. 152</REF.DOC.OJ>), retiré la référence aux temps de repos hebdomadaires du texte de ladite disposition au motif que, sans cette modification, le nouveau régime entraînerait, notamment, une situation inadéquate en matière d’hygiène et de bien-être des conducteurs, la Commission a présenté un compromis en proposant que seul un repos hebdomadaire réduit loin du point d’attache puisse être pris dans le véhicule [voir article 8, paragraphe 6 ainsi que point 26 de l’exposé des motifs, COM(2003) 0490 final].</TXT></NP.ECR><?PAGE NO="8"?><NP.ECR IDENTIFIER="NP0038"><NO.P>38</NO.P><TXT>C’est cette approche qui a été reprise par le Conseil de l’Union européenne dans la position commune et qui, alors même que le Parlement entendait une nouvelle fois procéder à une modification [Résolution législative du Parlement européen du <DATE ISO="20050413">13 avril 2005</DATE> relative à la position commune arrêtée par le Conseil en vue de l’adoption du règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à l’harmonisation de certaines dispositions de la législation sociale dans le domaine des transports par route et modifiant les règlements (CEE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 3821/85 et (CE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 2135/98 (<REF.DOC.OJ COLL="C" NO.OJ="033E" PAGE.FIRST="424" DATE.PUB="2006">JO 2006, C 33 E, p. 424</REF.DOC.OJ>)], a finalement été retenue dans le projet commun approuvé par le Comité de conciliation (Doc PE-CONS 3671/3/05 REV <DATE ISO="20060103">3</DATE>, <DATE ISO="20060131">31 janvier 2006</DATE> ; résolution législative du Parlement européen, <DATE ISO="20060202">2 février 2006</DATE> ; Doc 7580/<DATE ISO="20060306">06</DATE>, <DATE ISO="20060321">21 mars 2006</DATE>) dont le libellé a été repris à l’article 8, paragraphe 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0039"><NO.P>39</NO.P><TXT>S’agissant, en deuxième lieu, du contexte dans lequel l’article 8, paragraphe 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 s’inscrit, il convient de relever que celui-ci confirme l’interprétation qui précède.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0040"><NO.P>40</NO.P><TXT>En effet, ainsi qu’il ressort des points 21 à 33 du présent arrêt, certaines dispositions du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006, en l’occurrence l’article 4, sous f) et g), ainsi que l’article 8, paragraphe 6, de ce règlement qui définissent les notions figurant à l’article 8, paragraphe 8, dudit règlement, s’opposent à toute autre interprétation au risque de remettre en cause la structure qui lie ces différentes dispositions.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0041"><NO.P>41</NO.P><TXT>En ce qui concerne, en troisième lieu, la finalité de l’article 8, paragraphe 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006, force est de constater que celle-ci corrobore également l’interprétation retenue aux points 31 à 33 du présent arrêt.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0042"><NO.P>42</NO.P><TXT>Ainsi, en vertu d’une jurisprudence constante, conformément au considérant 17 et à l’article 1<HT TYPE="SUP">er</HT> dudit règlement, celui-ci vise à améliorer les conditions de travail du personnel du secteur routier, à améliorer la sécurité routière en général et à harmoniser les conditions de concurrence du transport routier (voir, notamment, arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120209">9 février 2012</DATE>, <NAME.CASE>Urbán</NAME.CASE>, <NO.CASE>C‑210/10</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:64">EU:C:2012:64</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0025">25</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>, du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160609">9 juin 2016</DATE>, <NAME.CASE>Eurospeed</NAME.CASE>, <NO.CASE>C‑287/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:420">EU:C:2016:420</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0038">38</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0039">39</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> ainsi que jurisprudence citée, et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20161019">19 octobre 2016</DATE>, <NAME.CASE>EL‑EM-2001</NAME.CASE>, <NO.CASE>C‑501/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:777">EU:C:2016:777</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0021">21</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0043"><NO.P>43</NO.P><TXT>L’interprétation selon laquelle l’article 8, paragraphes 6 et 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 interdit au conducteur de prendre les temps de repos hebdomadaires normaux à bord du véhicule vise manifestement à atteindre les objectifs de ce règlement consistant en l’amélioration des conditions de travail des conducteurs et de la sécurité routière. La justification avancée par le Parlement dans la résolution législative du <DATE ISO="20030114">14 janvier 2003</DATE> confirme cette constatation.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0044"><NO.P>44</NO.P><TXT>À cet égard, il convient également de relever que, même si, ainsi que la Commission l’avait fait valoir dans son avis du <DATE ISO="20050627">27 juin 2005</DATE> [COM(2005) 0301 final], la conception des véhicules s’est considérablement améliorée au cours des 20 dernières années précédant son avis, et que la conception des cabines a certainement encore connu des développements ces dernières années, il n’en demeure pas moins qu’une cabine de camion n’apparaît pas constituer un lieu de repos adapté à des périodes de repos plus longues que les temps de repos journaliers et les temps de repos hebdomadaires réduits. Les conducteurs devraient avoir la possibilité de passer leurs temps de repos hebdomadaires normaux dans un lieu qui fournit des conditions d’hébergement adaptées et adéquates.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0045"><NO.P>45</NO.P><TXT>Dans ce contexte, il y a également lieu de constater que, si l’article 8 du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 devait être interprété en ce sens que les temps de repos hebdomadaires normaux peuvent être pris par le conducteur à bord de son véhicule, cela impliquerait qu’un conducteur pourrait prendre l’intégralité de ses temps de repos dans la cabine du véhicule. Ainsi, dans une telle hypothèse, les temps de repos de ce conducteur seraient pris dans un lieu qui ne fournit pas de conditions d’hébergement adaptées. Or, une telle interprétation de l’article 8 du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 n’est pas susceptible de contribuer à la réalisation de l’objectif d’amélioration des conditions de travail des conducteurs poursuivi par ce règlement.</TXT></NP.ECR><?PAGE NO="9"?><NP.ECR IDENTIFIER="NP0046"><NO.P>46</NO.P><TXT>Vaditrans et le gouvernement estonien font valoir qu’une telle interprétation peut avoir pour conséquence la détérioration éventuelle des conditions dans lesquelles les conducteurs peuvent prendre les temps de repos hebdomadaires. En outre, il pourrait être difficile d’apporter la preuve du respect de cette exigence, la charge administrative des conducteurs de véhicules étant ainsi considérablement augmentée.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0047"><NO.P>47</NO.P><TXT>À cet égard, il y a lieu de constater que, certes le règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 ne contient aucune disposition régissant explicitement la manière dont le conducteur du véhicule doit prendre les temps de repos hebdomadaires normaux, toutefois, des considérations telles qu’avancées par Vaditrans et le gouvernement estonien ne peuvent pas, comme l’a relevé M. l’avocat général au point 62 de ses conclusions, justifier le non-respect des dispositions impératives dudit règlement ayant trait aux temps de repos des conducteurs.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0048"><NO.P>48</NO.P><TXT>Eu égard à toutes ces considérations, il y a lieu de répondre à la première question posée que l’article 8, paragraphes 6 et 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 doit être interprété en ce sens qu’un conducteur ne peut pas prendre, à bord de son véhicule, les temps de repos hebdomadaires normaux visés audit article 8, paragraphe 6.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">Sur la deuxième question</HT></HT></P></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0049"><NO.P>49</NO.P><TXT>S’agissant de la deuxième question, Vaditrans ainsi que le gouvernement espagnol, proposant de répondre par l’affirmative à cette question, font valoir que, en l’absence de règles explicites sur ce point, interpréter le règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 en ce sens que celui-ci s’oppose à ce qu’un conducteur prenne des temps de repos hebdomadaires normaux à bord du véhicule constituerait une interprétation a contrario ou par analogie, interdite par le principe de légalité.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0050"><NO.P>50</NO.P><TXT>À cet égard, il convient de rappeler que le principe de légalité des délits et des peines (nullum crimen, nulla poena sine lege) tel que consacré notamment à l’article 49, paragraphe 1, première phrase, de la Charte, qui constitue une expression particulière du principe général de sécurité juridique, dispose que nul ne peut être condamné pour une action ou une omission qui, à la date où elle a été commise, ne constituait pas une infraction en vertu du droit national ou du droit international.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0051"><NO.P>51</NO.P><TXT>Ce principe exige, selon la jurisprudence de la Cour, qu’une réglementation de l’Union définisse clairement les infractions et les sanctions qui les répriment. Cette condition se trouve remplie lorsque le justiciable peut savoir, à partir du libellé de la disposition pertinente et au besoin à l’aide de l’interprétation qui en est donnée par les tribunaux, quels actes et omissions engagent sa responsabilité pénale (voir, notamment, arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20080603">3 juin 2008</DATE>, <NAME.CASE>Intertanko e.a.</NAME.CASE>, <NO.CASE>C‑308/06</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2008:312">EU:C:2008:312</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0071">71</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>, ainsi que du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20151022">22 octobre 2015</DATE>, <NAME.CASE>AC‑Treuhand/Commission</NAME.CASE>, <NO.CASE>C‑194/14 P</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:717">EU:C:2015:717</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0040">40</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée).</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0052"><NO.P>52</NO.P><TXT>Le principe de légalité des délits et des peines ne saurait dès lors être interprété comme proscrivant la clarification graduelle des règles de la responsabilité pénale par l’interprétation judiciaire d’une affaire à l’autre, à condition que le résultat soit raisonnablement prévisible à la date à laquelle l’infraction a été commise, au vu notamment de l’interprétation retenue à cette époque dans la jurisprudence relative à la disposition légale en cause (arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20151022">22 octobre 2015</DATE>, <NAME.CASE>AC‑Treuhand/Commission</NAME.CASE>, <NO.CASE>C-194/14 P</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:717">EU:C:2015:717</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0041">41</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée).</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0053"><NO.P>53</NO.P><TXT>Or, il convient de constater que, comme il ressort de la réponse apportée à la première question, l’article 8, paragraphes 6 et 8, du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 contient une interdiction de prendre les temps de repos hebdomadaires normaux à bord du véhicule sans que cette disposition contienne en elle-même une sanction quelconque. L’article 19 de ce règlement ne détermine pas non plus de<?PAGE NO="10"?> sanction, mais, en revanche, impose aux États membres l’obligation de prévoir des sanctions pour infraction à ce règlement et de prendre toutes les mesures nécessaires afin de veiller à ce que ces sanctions soient appliquées.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0054"><NO.P>54</NO.P><TXT>Celles-ci doivent avoir, ainsi qu’il ressort, par ailleurs, également du considérant 26 du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006, un caractère effectif, proportionné, dissuasif et non discriminatoire. Si l’article 19 de ce règlement impose aux États membres de remplir des conditions supplémentaires concernant les règles à établir relatives aux sanctions frappant les infractions audit règlement, ces conditions n’ont toutefois aucune incidence sur la nature des sanctions, ce qui est confirmé par le considérant 27 du même règlement selon lequel les États membres peuvent infliger des sanctions pénales, civiles ou administratives en cas d’infraction au règlement.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0055"><NO.P>55</NO.P><TXT>À cet égard, il ressort d’une jurisprudence constante que, lorsqu’un règlement de l’Union ne contient aucune disposition spécifique prévoyant une sanction en cas d’infraction à ce règlement ou renvoie, à cet égard, aux dispositions législatives, réglementaires et administratives nationales, l’article 4, paragraphe 3, du traité UE impose aux États membres de prendre toutes mesures propres à garantir la portée et l’efficacité du droit de l’Union. À cet effet, tout en conservant le choix des sanctions, ils doivent notamment veiller à ce que les violations du droit de l’Union soient sanctionnées dans des conditions de fond et de procédure qui soient analogues à celles applicables aux violations du droit national d’une nature et d’une importance similaires et qui, en tout état de cause, confèrent à la sanction un caractère effectif, proportionné et dissuasif (voir, notamment, arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="19900710">10 juillet 1990</DATE>, <NAME.CASE>Hansen</NAME.CASE>, <NO.CASE>C‑326/88</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:1990:291">EU:C:1990:291</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0017">17</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>, et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20140327">27 mars 2014</DATE>, <NAME.CASE>LCL Le Crédit Lyonnais</NAME.CASE>, <NO.CASE>C‑565/12</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2014:190">EU:C:2014:190</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0044">44</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> ainsi que jurisprudence citée).</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0056"><NO.P>56</NO.P><TXT>Il convient de relever, dans ce contexte, que, à plusieurs reprises, la Cour a interprété des actes de droit dérivé qui imposent aux États membres l’obligation de prévoir des sanctions afin d’assurer une mise en œuvre efficace de ces mêmes actes à la lumière du principe de légalité des délits et des peines. Ainsi, selon cette jurisprudence, une directive ne saurait avoir comme effet, par elle-même et indépendamment d’une loi interne prise par un État membre pour son application, de déterminer ou d’aggraver la responsabilité pénale de ceux qui agissent en infraction à ses dispositions (voir, notamment, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20040107">7 janvier 2004</DATE>, <NAME.CASE>X</NAME.CASE>, <NO.CASE>C‑60/02</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2004:10">EU:C:2004:10</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0061">61</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0057"><NO.P>57</NO.P><TXT>Il ressort également de cette jurisprudence que ce raisonnement suivi par la Cour pour les directives est transposable aux règlements, à savoir des normes qui, par nature, ne nécessitent pas de mesures nationales de transposition, lorsque ces règlements donnent aux États membres compétence pour adopter les sanctions des infractions aux comportements interdits par eux-mêmes (voir, en ce sens, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20040107">7 janvier 2004</DATE>, <NAME.CASE>X</NAME.CASE>, <NO.CASE>C‑60/02</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2004:10">EU:C:2004:10</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0062">62</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0058"><NO.P>58</NO.P><TXT>Partant, étant donné que, conformément au règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006, il appartient aux États membres d’adopter des sanctions pour les infractions à ce règlement, ces derniers disposent d’une marge d’appréciation en ce qui concerne la nature des sanctions applicables (voir, en ce sens, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160609">9 juin 2016</DATE>, <NAME.CASE>Eurospeed</NAME.CASE>, <NO.CASE>C‑287/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:420">EU:C:2016:420</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0034">34</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0059"><NO.P>59</NO.P><TXT>Il s’ensuit que l’examen de la deuxième question posée n’a révélé aucun élément de nature à affecter la validité du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 eu égard au principe de légalité en matière pénale tel qu’énoncé à l’article 49, paragraphe 1, de la Charte.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">Sur la troisième question</HT></HT></P></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0060"><NO.P>60</NO.P><TXT>Compte tenu de la réponse apportée à la première question, il n’y a pas lieu de répondre à la troisième question.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ></GR.SEQ><?PAGE NO="11"?><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><P><HT TYPE="BOLD">Sur les dépens</HT></P></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0061"><NO.P>61</NO.P><TXT>La procédure revêtant, à l’égard des parties au principal, le caractère d’un incident soulevé devant la juridiction de renvoi, il appartient à celle-ci de statuer sur les dépens. Les frais exposés pour soumettre des observations à la Cour, autres que ceux desdites parties, ne peuvent faire l’objet d’un remboursement.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><JURISDICTION><INTRO>Par ces motifs, la Cour (dixième chambre) dit pour droit :</INTRO><LIST TYPE="ARAB"><ITEM><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">1)</HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD">L’article 8, paragraphes 6 et 8, du règlement (CE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 du Parlement européen et du Conseil, du <DATE ISO="20060315">15 mars 2006</DATE>, relatif à l’harmonisation de certaines dispositions de la législation sociale dans le domaine des transports par route, modifiant les règlements (CEE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 3821/85 et (CE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 2135/98 du Conseil et abrogeant le règlement (CEE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 3820/85 du Conseil, doit être interprété en ce sens qu’un conducteur ne peut pas prendre, à bord de son véhicule, les temps de repos hebdomadaires normaux visés audit article 8, paragraphe 6.</HT></TXT></NP></ITEM><ITEM><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">2)</HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD">L’examen de la deuxième question n’a révélé aucun élément de nature à affecter la validité du règlement n<HT TYPE="SUP">o</HT> 561/2006 eu égard au principe de légalité en matière pénale tel qu’énoncé à l’article 49, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.</HT></TXT></NP></ITEM></LIST></JURISDICTION></CONTENTS.JUDGMENT><SIGNATURE.CASE><SIGNATORY><P>Signatures</P></SIGNATORY></SIGNATURE.CASE></JUDGMENT>