<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><CONCLUSION NNC="YES" xmlns:fmx="http://opoce" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:noNamespaceSchemaLocation="http://formex.publications.europa.eu/schema/formex-05.58-20161101.xd"><BIB.CONCLUSION><REF.CASE FILE="n.a."><NO.CASE>C-281/16</NO.CASE></REF.CASE><NO.CELEX>62016CC0281</NO.CELEX><NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2017:476">EU:C:2017:476</NO.ECLI><NO.SEQ>0001</NO.SEQ><PAGE.FIRST.ECR>1</PAGE.FIRST.ECR><PAGE.SEQ>1</PAGE.SEQ><PAGE.LAST.ECR>13</PAGE.LAST.ECR><PAGE.TOTAL>13</PAGE.TOTAL></BIB.CONCLUSION><CURR.TITLE><PAGE.HEADER><P>CONCLUSIONS DE MME KOKOTT – AFFAIRE C‑281/16</P><P>VERENIGING HOEKSCHEWAARDS LANDSCHAP</P></PAGE.HEADER></CURR.TITLE><TITLE><TI><P><HT TYPE="UC">Conclusions de l’avocat général</HT></P><P><HT TYPE="UC">M<HT TYPE="SUP">me</HT> Juliane Kokott</HT></P><P>présentées le <DATE ISO="20170615">15 juin 2017</DATE><NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0001"><P>Langue originale : l’allemand.</P></NOTE></P></TI><STI><P><HT TYPE="BOLD">Affaire C‑281/16</HT></P><P><HT TYPE="BOLD">Vereniging Hoekschewaards Landschap</HT></P><P><HT TYPE="BOLD">contre</HT></P><P><HT TYPE="BOLD">Staatssecretaris van Economische Zaken</HT></P><P><HT TYPE="NORMAL">[demande de décision préjudicielle formée par le Raad van State (Conseil d’État, Pays-Bas)]</HT></P></STI></TITLE><INTERMEDIATE><INDEX IDX.CLOSE=" »" SEPARATOR=" – " IDX.OPEN="« "><KEYWORD>Renvoi préjudiciel</KEYWORD><KEYWORD>Droit de l’environnement</KEYWORD><KEYWORD>Directive 92/43/CEE</KEYWORD><KEYWORD>Conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages</KEYWORD><KEYWORD>Liste des sites d’importance communautaire pour la région biogéographique atlantique</KEYWORD><KEYWORD>Validité de l’inscription du site <QUOT.START CODE="201C" ID="QS0001" REF.END="QE0001"/>Haringvliet<QUOT.END REF.START="QS0001" CODE="201D" ID="QE0001"/>, sans le Leenheerenpolder, sur la liste des sites d’importance communautaire</KEYWORD><KEYWORD>Réduction de la superficie du site</KEYWORD><KEYWORD>Surfaces potentielles de rétablissement</KEYWORD></INDEX></INTERMEDIATE><CONTENTS.CONCLUSION><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">I.</HT></NO.P><TXT>Introduction</TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0001"><NO.P>1.</NO.P><TXT>Un État membre peut-il réduire la superficie d’une zone de conservation au sens de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0002" REF.END="QE0002"/> habitats<QUOT.END REF.START="QS0002" CODE="00BB" ID="QE0002"/><NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0002"><P>Directive 92/43/CEE du Conseil, du <DATE ISO="19920521">21 mai 1992</DATE>, concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages (<REF.DOC.OJ COLL="L" NO.OJ="206" PAGE.FIRST="7" DATE.PUB="1992">JO 1992, L 206, p. 7</REF.DOC.OJ>).</P></NOTE> lorsqu’il modifie sa stratégie de rétablissement de types d’habitats à protéger et qu’il n’a plus besoin des espaces en question ? Cette question est à l’origine de la présente demande de décision préjudicielle du Raad van State (Conseil d’État, Pays-Bas).</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0002"><NO.P>2.</NO.P><TXT>Concrètement, la Cour est appelée à se prononcer sur la validité d’une décision d’exécution de la Commission européenne, par laquelle cette dernière a décidé, notamment sur proposition du Royaume des Pays-Bas, de réduire la superficie du site d’importance communautaire (ci-après le <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0003" REF.END="QE0003"/> SIC <QUOT.END REF.START="QS0003" CODE="00BB" ID="QE0003"/>) en cause, situé dans ce pays. Cette décision de la Commission est motivée par le fait que la proposition initiale du Royaume des Pays-Bas d’intégrer les espaces en cause au SIC reposait sur une <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0004" REF.END="QE0004"/> faute scientifique <QUOT.END REF.START="QS0004" CODE="00BB" ID="QE0004"/>. Il convient donc de déterminer si cette justification est acceptable.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0003"><NO.P>3.</NO.P><TXT>Par ailleurs, la Cour devrait également se demander si, dans cette décision d’exécution, la Commission satisfait à son obligation de motivation au sens de l’article 296 TFUE, si ladite décision est suffisamment claire aux fins du respect du principe de sécurité juridique et, plus généralement, quelles sont les conditions d’une réduction de superficie du fait d’une modification de la stratégie de rétablissement de types d’habitats.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><?PAGE NO="2"?><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">II.</HT></NO.P><TXT>Le cadre juridique</TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0004"><NO.P>4.</NO.P><TXT>L’article 2, paragraphe 2, de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0005" REF.END="QE0005"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0005" CODE="00BB" ID="QE0005"/> fixe l’objectif général de cet instrument :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><P><QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0006" REF.END="QE0006"/> Les mesures prises en vertu de la présente directive visent à assurer le maintien ou le rétablissement, dans un état de conservation favorable, des habitats naturels et des espèces de faune et de flore sauvages d’intérêt communautaire. <QUOT.END REF.START="QS0006" CODE="00BB" ID="QE0006"/></P></QUOT.S></P></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0005"><NO.P>5.</NO.P><TXT>Natura 2000, le réseau européen des zones de conservation, est défini à l’article 3, paragraphe 1, de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0007" REF.END="QE0007"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0007" CODE="00BB" ID="QE0007"/> :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><P><QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0008" REF.END="QE0008"/> Un réseau écologique européen cohérent de zones spéciales de conservation, dénommé <QUOT.START CODE="201C" ID="QS0009" REF.END="QE0009"/>Natura 2000<QUOT.END REF.START="QS0009" CODE="201D" ID="QE0009"/>, est constitué. Ce réseau, formé par des sites abritant des types d’habitats naturels figurant à l’annexe I et des habitats des espèces figurant à l’annexe II, doit assurer le maintien ou, le cas échéant, le rétablissement, dans un état de conservation favorable, des types d’habitats naturels et des habitats d’espèces concernés dans leur aire de répartition naturelle.</P><P>[…] <QUOT.END REF.START="QS0008" CODE="00BB" ID="QE0008"/></P></QUOT.S></P></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0006"><NO.P>6.</NO.P><TXT>L’article 3, paragraphe 2, de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0010" REF.END="QE0010"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0010" CODE="00BB" ID="QE0010"/> prévoit l’obligation des États membres de participer à Natura 2000 :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><P><QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0011" REF.END="QE0011"/> Chaque État membre contribue à la constitution de Natura 2000 en fonction de la représentation, sur son territoire, des types d’habitats naturels et des habitats d’espèces visés au paragraphe 1. Il désigne à cet effet, conformément à l’article 4, des sites en tant que zones spéciales de conservation, et tenant compte des objectifs visés au paragraphe 1. <QUOT.END REF.START="QS0011" CODE="00BB" ID="QE0011"/></P></QUOT.S></P></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0007"><NO.P>7.</NO.P><TXT>Les règles concrètes relatives à la désignation des sites sont prévues à l’article 4 de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0012" REF.END="QE0012"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0012" CODE="00BB" ID="QE0012"/> :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><LIST TYPE="OTHER"><ITEM><NP><NO.P><QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0013" REF.END="QE0013"/> 1.</NO.P><TXT>Sur la base des critères établis à l’annexe III (étape 1) et des informations scientifiques pertinentes, chaque État membre propose une liste de sites indiquant les types d’habitats naturels de l’annexe I et les espèces indigènes de l’annexe II qu’ils abritent. […] Les États membres suggèrent, le cas échéant, l’adaptation de cette liste à la lumière des résultats de la surveillance visée à l’article 11.</TXT><P>[…]</P></NP></ITEM><ITEM><NP><NO.P>2.</NO.P><TXT>Sur la base des critères établis à l’annexe III (étape 2) et dans le cadre de chacune des neuf régions biogéographiques mentionnées à l’article 1<HT TYPE="SUP">er</HT> point c) iii) et de l’ensemble du territoire visé à l’article 2 paragraphe 1, la Commission établit, en accord avec chacun des États membres, un projet de liste des sites d’importance communautaire, à partir des listes des États membres […]</TXT></NP></ITEM><ITEM><NP><NO.P>3.</NO.P><TXT>[…]</TXT></NP></ITEM><ITEM><NP><NO.P>4.</NO.P><TXT>Une fois qu’un site d’importance communautaire a été retenu en vertu de la procédure prévue au paragraphe 2, l’État membre concerné désigne ce site comme zone spéciale de conservation le plus rapidement possible et dans un délai maximal de six ans en établissant les priorités en fonction de l’importance des sites pour le maintien ou le rétablissement, dans un état de conservation favorable, d’un type d’habitat naturel de l’annexe I ou d’une espèce de l’annexe II et pour la cohérence de Natura 2000, ainsi qu’en fonction des menaces de dégradation ou de destruction qui pèsent sur eux. <QUOT.END REF.START="QS0013" CODE="00BB" ID="QE0013"/></TXT></NP></ITEM></LIST></QUOT.S></P></NP.ECR><?PAGE NO="3"?><NP.ECR IDENTIFIER="NP0008"><NO.P>8.</NO.P><TXT>Sur le fondement de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0014" REF.END="QE0014"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0014" CODE="00BB" ID="QE0014"/>, la Commission a adopté la décision 2004/813/CE<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0003"><P>Décision du <DATE ISO="20041207">7 décembre 2004</DATE> arrêtant, en application de la directive 92/43/CEE du Conseil, la liste des sites d’importance communautaire pour la région biogéographique atlantique (<REF.DOC.OJ COLL="L" NO.OJ="387" PAGE.FIRST="1" DATE.PUB="2004">JO 2004, L 387, p. 1</REF.DOC.OJ>).</P></NOTE>, dans laquelle elle a arrêté une première liste de SIC pour la région biogéographique atlantique. Cette liste comportait le site <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0015" REF.END="QE0015"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0015" CODE="00BB" ID="QE0015"/> (code Natura 2000 NL 1000015), d’une superficie de <FT TYPE="NUMBER">11107</FT> hectares.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0009"><NO.P>9.</NO.P><TXT>Le SIC <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0016" REF.END="QE0016"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0016" CODE="00BB" ID="QE0016"/> a pour objet la protection des espèces de poissons <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0017" REF.END="QE0017"/> grande alose <QUOT.END REF.START="QS0017" CODE="00BB" ID="QE0017"/> (<HT TYPE="ITALIC">Alosa alosa</HT>) et <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0018" REF.END="QE0018"/> alose feinte <QUOT.END REF.START="QS0018" CODE="00BB" ID="QE0018"/> (<HT TYPE="ITALIC">Alosa fallax</HT>), de l’espèce prioritaire <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0019" REF.END="QE0019"/> campagnol nordique <QUOT.END REF.START="QS0019" CODE="00BB" ID="QE0019"/> (<HT TYPE="ITALIC">Microtus oeconomus arenicola</HT>), ainsi que des types suivants d’habitats naturels visés à l’annexe I de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0020" REF.END="QE0020"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0020" CODE="00BB" ID="QE0020"/> : <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0021" REF.END="QE0021"/> rivières avec berges vaseuses avec végétation du <HT TYPE="ITALIC">Chenopodion rubri p.p</HT>. et du <HT TYPE="ITALIC">Bidention p.p</HT>. <QUOT.END REF.START="QS0021" CODE="00BB" ID="QE0021"/> (code Natura 2000 3270) et <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0022" REF.END="QE0022"/> mégaphorbiaies hygrophiles d’ourlets planitiaires et des étages montagnard à alpin <QUOT.END REF.START="QS0022" CODE="00BB" ID="QE0022"/> (code Natura 2000 6430).</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0010"><NO.P>10.</NO.P><TXT>La liste des SIC pour la région biogéographique atlantique a depuis lors été actualisée à dix reprises<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0004"><P>En dernier lieu par la décision d’exécution (UE) 2016/2335 de la Commission, du <DATE ISO="20161209">9 décembre 2016</DATE>, arrêtant une dixième actualisation de la liste des sites d’importance communautaire pour la région biogéographique atlantique (<REF.DOC.OJ COLL="L" NO.OJ="353" PAGE.FIRST="533" DATE.PUB="2016">JO 2016, L 353, p. 533</REF.DOC.OJ>).</P></NOTE>. La présente demande de décision préjudicielle porte sur la huitième actualisation résultant de la décision d’exécution (UE) 2015/72<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0005"><P>Décision d’exécution de la Commission du <DATE ISO="20141203">3 décembre 2014</DATE> arrêtant une huitième actualisation de la liste des sites d’importance communautaire pour la région biogéographique atlantique (<REF.DOC.OJ COLL="L" NO.OJ="018" PAGE.FIRST="385" DATE.PUB="2015">JO 2015, L 18, p. 385</REF.DOC.OJ>).</P></NOTE>, dans laquelle le site <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0023" REF.END="QE0023"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0023" CODE="00BB" ID="QE0023"/> ne présente plus qu’une superficie de <FT TYPE="NUMBER">10988</FT> hectares.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0011"><NO.P>11.</NO.P><TXT>Le considérant 4 de la décision d’exécution 2015/72 fait référence à la modification des données afférentes aux sites :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><P><QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0024" REF.END="QE0024"/> […] Des États membres ont également proposé d’apporter des modifications aux informations relatives aux sites figurant sur la liste des sites d’importance communautaire pour la région biogéographique atlantique. <QUOT.END REF.START="QS0024" CODE="00BB" ID="QE0024"/></P></QUOT.S></P></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0012"><NO.P>12.</NO.P><TXT>L’amélioration des connaissances est abordée au considérant 6 de ladite décision d’exécution :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><P><QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0025" REF.END="QE0025"/> Les connaissances relatives à la présence et à la répartition des types d’habitats naturels et des espèces évoluent en permanence du fait de la surveillance réalisée conformément à l’article 11 de la directive 92/43/CEE. Aussi l’évaluation et la sélection des sites au niveau de l’Union ont-elles été effectuées à l’aide des meilleures informations alors disponibles. <QUOT.END REF.START="QS0025" CODE="00BB" ID="QE0025"/></P></QUOT.S></P></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0013"><NO.P>13.</NO.P><TXT>Ces considérations se retrouvent également, par exemple, dans la dixième actualisation.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">III.</HT></NO.P><TXT>Les faits et la demande de décision préjudicielle</TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0014"><NO.P>14.</NO.P><TXT>Le Haringvliet, qui se situe dans la province néerlandaise de Hollande‑Méridionale, est un bras de mer clos par un barrage situé entre les îles de Voorne-Putten et Hoeksche Waard au nord et l’île de Goeree-Overflakkee au sud. Le Haringvliet n’est plus relié à la mer du Nord que par la Spui, l’Oude Maas et le Nieuwe Waterweg. Le Leenheerenpolder se situe entre la localité de Goudswaard, sur l’île de Hoeksche Waard, et la Spui, un bras secondaire du Haringvliet. Ce polder s’étend sur une superficie d’environ 110 hectares.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0015"><NO.P>15.</NO.P><TXT>À l’époque de la proposition tendant à inscrire le Haringvliet sur la liste des SIC, les autorités néerlandaises compétentes considéraient que le Leenheerenpolder n’abritait pas de types d’habitats et d’espèces permettant de qualifier le Haringvliet de SIC, mais que ce polder était approprié pour être développé en vue du rétablissement de divers types d’habitats et d’espèces à protéger. Étant donné qu’il résulte de ce qui précède que ce n’est pas du fait de la présence effective d’habitats et d’espèces<?PAGE NO="4"?> que le Leenheerenpolder faisait partie du site proposé, mais en raison des possibilités qu’il offrait pour restaurer la nature sur le site <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0026" REF.END="QE0026"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0026" CODE="00BB" ID="QE0026"/>, l’inclusion de ce polder s’inscrivait donc dans le cadre du troisième sous-critère de détermination de l’état de conservation de types d’habitats et d’espèces, à savoir celui de la possibilité de restauration.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0016"><NO.P>16.</NO.P><TXT>Par décision du <DATE ISO="20130704">4 juillet 2013</DATE>, l’État néerlandais a désigné le site <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0027" REF.END="QE0027"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0027" CODE="00BB" ID="QE0027"/> comme zone de conservation, conformément à la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0028" REF.END="QE0028"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0028" CODE="00BB" ID="QE0028"/>. Par arrêt du <DATE ISO="20141001">1<HT TYPE="SUP">er</HT> octobre 2014</DATE><NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0006"><P>ECLI :NL :RVS :2014 :3543.</P></NOTE>, le Raad van State (Conseil d’État) a annulé cette décision dans la mesure où le Leenheerenpolder n’était pas inclus dans ce site. Cette juridiction a jugé que le Leenheerenpolder faisait partie du site <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0029" REF.END="QE0029"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0029" CODE="00BB" ID="QE0029"/> tel qu’inscrit sur la liste des SIC et a donc conclu à une violation de l’obligation, au titre de l’article 4, paragraphe 4, de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0030" REF.END="QE0030"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0030" CODE="00BB" ID="QE0030"/>, de désigner ce polder comme faisant partie de la zone spéciale de conservation.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0017"><NO.P>17.</NO.P><TXT>Ensuite, par lettre du <DATE ISO="20140930">30 septembre 2014</DATE>, les autorités néerlandaises ont communiqué à la Commission des informations à l’appui de la réduction de la superficie du site. Dans cette lettre, lesdites autorités ont fait valoir que le Leenheerenpolder ne comprenait alors pas de valeurs naturelles et que le projet prévoyant le développement de valeurs naturelles avait été abandonné. Elles ont en outre indiqué que les développements qui avaient déjà partiellement eu lieu dans d’autres parties du site étaient suffisants pour atteindre les objectifs du site Natura 2000 <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0031" REF.END="QE0031"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0031" CODE="00BB" ID="QE0031"/> et que le projet de dépoldérisation du Leenheerenpolder avait été abandonné pour des raisons politiques, sociales et budgétaires. Les autorités néerlandaises ont également indiqué qu’elles estimaient désormais que la supposition en vertu de laquelle cette zone pouvait être d’importance pour la conservation et le rétablissement de types d’habitats constituait une faute scientifique.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0018"><NO.P>18.</NO.P><TXT>Dans une lettre aux autorités néerlandaises du <DATE ISO="20141024">24 octobre 2014</DATE>, la Commission a également indiqué qu’elle estimait, compte tenu de la lettre du <DATE ISO="20140930">30 septembre 2014</DATE>, que la proposition initiale d’intégrer le Leenheerenpolder au site <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0032" REF.END="QE0032"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0032" CODE="00BB" ID="QE0032"/> devait être considérée comme une faute scientifique.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0019"><NO.P>19.</NO.P><TXT>Ensuite, le <DATE ISO="20141203">3 décembre 2014</DATE>, la Commission a adopté la décision d’exécution 2015/72 arrêtant une huitième actualisation de la liste des sites d’importance communautaire pour la région biogéographique atlantique, qui fait l’objet du litige. Ladite liste comporte toujours le site <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0033" REF.END="QE0033"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0033" CODE="00BB" ID="QE0033"/>, mais sans le Leenheerenpolder.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0020"><NO.P>20.</NO.P><TXT>Par décision du <DATE ISO="20150428">28 avril 2015</DATE>, les autorités néerlandaises compétentes ont désigné le site <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0034" REF.END="QE0034"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0034" CODE="00BB" ID="QE0034"/> comme zone de conservation au sens de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0035" REF.END="QE0035"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0035" CODE="00BB" ID="QE0035"/>. Le Leenheerenpolder n’en fait de nouveau pas partie. L’association Vereniging Hoekschewaards Landschap conteste cette exclusion devant le Raad van State (Conseil d’État).</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0021"><NO.P>21.</NO.P><TXT>Ladite juridiction estime que la décision de désignation constitue la mise en œuvre de la décision d’exécution 2015/72, mais nourrit des doutes sur la question de savoir si la Commission a accepté à bon droit le retrait du Leenheerenpolder du site <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0036" REF.END="QE0036"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0036" CODE="00BB" ID="QE0036"/>. C’est pourquoi le Raad van State (Conseil d’État) a saisi la Cour de la question préjudicielle suivante :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><P><QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0037" REF.END="QE0037"/> La décision d’exécution 2015/72 est-elle valide dans la mesure où le site <QUOT.START CODE="201C" ID="QS0038" REF.END="QE0038"/>Haringvliet<QUOT.END REF.START="QS0038" CODE="201D" ID="QE0038"/> (NL 1000015) a été inscrit sur la liste des sites d’importance communautaire pour la région biogéographique atlantique sans que le Leenheerenpolder en fasse partie ? <QUOT.END REF.START="QS0037" CODE="00BB" ID="QE0037"/></P></QUOT.S></P></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0022"><NO.P>22.</NO.P><TXT>L’association Vereniging Hoekschewaards Landschap, le Royaume des Pays-Bas et la Commission ont déposé des observations écrites et ont été entendus à l’occasion de l’audience du <DATE ISO="20170511">11 mai 2017</DATE>.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><?PAGE NO="5"?><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">IV.</HT></NO.P><TXT>Appréciation juridique</TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0023"><NO.P>23.</NO.P><TXT>Afin d’examiner la validité de la décision d’exécution 2015/72, dans la mesure où la Commission y décide de retirer le Leenheerenpolder du SIC <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0039" REF.END="QE0039"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0039" CODE="00BB" ID="QE0039"/>, il convient tout d’abord de présenter la procédure de réduction de la superficie d’un SIC ainsi que les conditions d’une telle réduction (titre A), avant d’aborder les motifs sur lesquels la Commission a fondé sa décision (titre B). Par ailleurs, il semble opportun d’exposer quelques remarques au sujet de la forme de la décision de la Commission (titre C). Afin de trancher le litige au principal, il est enfin nécessaire de préciser les conditions auxquelles une zone telle que le Leenheerenpolder peut être retirée d’un SIC (titre D).</TXT></NP.ECR><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">A.</HT></NO.P><TXT>La réduction de la superficie d’un SIC : procédure et fondement juridique</TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0024"><NO.P>24.</NO.P><TXT>La Cour a déjà jugé que le déclassement d’un site inscrit sur la liste des SIC doit, en l’absence de dispositions particulières, s’effectuer suivant la même procédure que l’inscription du site sur ladite liste<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0007"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20140403">3 avril 2014</DATE>, <NAME.CASE>Cascina Tre Pini</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑301/12</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2014:214">EU:C:2014:214</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0026">26</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Cette procédure doit aussi s’appliquer à la réduction de la superficie d’un SIC.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0025"><NO.P>25.</NO.P><TXT>Ainsi, conformément à l’article 4, paragraphe 1, de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0040" REF.END="QE0040"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0040" CODE="00BB" ID="QE0040"/>, l’État membre en cause doit d’abord présenter une proposition, sur la base de laquelle la Commission prend une décision, conformément au paragraphe 2 de ce même article.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0026"><NO.P>26.</NO.P><TXT>À cet égard, il convient de relever que, s’il ressort des règles relatives à la procédure d’identification des sites susceptibles d’être désignés comme SIC, prévues à l’article 4, paragraphe 1, de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0041" REF.END="QE0041"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0041" CODE="00BB" ID="QE0041"/>, que les États membres jouissent d’une certaine marge d’appréciation pour effectuer leurs propositions de sites, il n’en demeure pas moins qu’ils doivent effectuer cette opération dans le respect des critères fixés par cette directive<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0008"><P>Arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20010911">11 septembre 2001</DATE>, <NAME.CASE>Commission/Irlande</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑67/99</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2001:432">EU:C:2001:432</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0033">33</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), <REF.DOC.ECR><NAME.CASE>Commission/Allemagne</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑71/99</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2001:433">EU:C:2001:433</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0026">26</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), et <REF.DOC.ECR><NAME.CASE>Commission/France</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑220/99</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2001:434">EU:C:2001:434</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0030">30</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), ainsi que du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20140403">3 avril 2014</DATE>, <NAME.CASE>Cascina Tre Pini</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑301/12</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2014:214">EU:C:2014:214</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0027">27</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0027"><NO.P>27.</NO.P><TXT>Cela signifie qu’aux fins de la constitution de la première liste des SIC, la Commission devait disposer d’un inventaire exhaustif des sites revêtant, au niveau national, un intérêt écologique pertinent au regard de l’objectif de conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages visé par la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0042" REF.END="QE0042"/> habitats<QUOT.END REF.START="QS0042" CODE="00BB" ID="QE0042"/><NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0009"><P>Arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20001107">7 novembre 2000</DATE>, <NAME.CASE>First Corporate Shipping</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑371/98</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2000:600">EU:C:2000:600</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0022">22</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>) et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20010911">11 septembre 2001</DATE>, <NAME.CASE>Commission/Irlande</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑67/99</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2001:432">EU:C:2001:432</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0034">34</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), <REF.DOC.ECR><NAME.CASE>Commission/Allemagne</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑71/99</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2001:433">EU:C:2001:433</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0027">27</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), et <REF.DOC.ECR><NAME.CASE>Commission/France</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑220/99</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2001:434">EU:C:2001:434</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0031">31</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Au demeurant, ce n’est que de cette manière qu’il est possible de réaliser l’objectif, visé à l’article 3, paragraphe 1, premier alinéa, de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0043" REF.END="QE0043"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0043" CODE="00BB" ID="QE0043"/>, du maintien ou du rétablissement, dans un état de conservation favorable, des types d’habitats naturels et des habitats d’espèces concernés dans leur aire de répartition naturelle, laquelle peut être située de part et d’autre d’une ou de plusieurs frontières intérieures à l’Union. En effet, il ressort de l’article 1<HT TYPE="SUP">er</HT>, sous e) et i), de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0044" REF.END="QE0044"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0044" CODE="00BB" ID="QE0044"/>, lu en combinaison avec son article 2, paragraphe 1, que l’état de conservation d’un habitat naturel ou d’une espèce doit être apprécié par rapport à l’ensemble du territoire européen des États membres où le TFUE s’applique<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0010"><P>Arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20001107">7 novembre 2000</DATE>, <NAME.CASE>First Corporate Shipping</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑371/98</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2000:600">EU:C:2000:600</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0023">23</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>) et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20010911">11 septembre 2001</DATE>, <NAME.CASE>Commission/Irlande</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑67/99</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2001:432">EU:C:2001:432</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0035">35</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), <REF.DOC.ECR><NAME.CASE>Commission/Allemagne</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑71/99</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2001:433">EU:C:2001:433</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0028">28</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), et <REF.DOC.ECR><NAME.CASE>Commission/France</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑220/99</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2001:434">EU:C:2001:434</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0032">32</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0028"><NO.P>28.</NO.P><TXT>Cette jurisprudence doit également s’appliquer à la réduction de la superficie d’un SIC. Étant donné que l’inscription d’un site dans la liste fait naître une présomption en vertu de laquelle l’ensemble dudit site présente une importance pour l’objectif de conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages visé par la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0045" REF.END="QE0045"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0045" CODE="00BB" ID="QE0045"/>, la proposition d’un État<?PAGE NO="6"?> membre de radier certains sites de la liste ou d’en réduire la superficie requiert la preuve du fait que les zones en question <HT TYPE="ITALIC">ne présentent pas</HT> d’intérêt écologique substantiel au niveau national. La Commission ne doit accepter et mettre en œuvre la proposition que si elle parvient à la conclusion que ces zones ne sont pas non plus nécessaires du point de vue de l’Union dans son ensemble.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">B.</HT></NO.P><TXT>L’examen matériel de la décision de la Commission relative à la réduction de la superficie du site</TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0029"><NO.P>29.</NO.P><TXT>Dans sa correspondance avec les autorités néerlandaises, la Commission justifie sa décision de retirer le Leenheerenpolder du SIC <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0046" REF.END="QE0046"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0046" CODE="00BB" ID="QE0046"/> par une faute scientifique du Royaume des Pays-Bas lors de la proposition initiale de SIC. Cette motivation ne suffit toutefois pas à emporter la conviction.</TXT></NP.ECR><GR.SEQ LEVEL="3"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">1.</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">L’erreur scientifique</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0030"><NO.P>30.</NO.P><TXT>Selon la Commission, la possibilité, à la suite d’une erreur scientifique, de radier totalement un SIC de la liste des SIC ou d’en réduire la superficie découle d’un arrêt de la Cour relatif à une zone de conservation des oiseaux située en France, dans le Poitou. Dans cette affaire, la Cour a accueilli l’argumentation de l’État membre, en vertu de laquelle la désignation de certaines zones résultait d’une erreur. L’État membre avait en effet prouvé qu’à la suite d’une étude d’impact, un projet autoroutier sur les zones concernées avait fait l’objet d’une décision positive juste avant la communication du SIC à la Commission<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0011"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="19991125">25 novembre 1999</DATE>, <NAME.CASE>Commission/France</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑96/98</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:1999:580">EU:C:1999:580</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0054">54</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0031"><NO.P>31.</NO.P><TXT>La Commission en déduit qu’il est également possible de mettre fin à la protection de certaines zones lorsque la décision initiale de protection reposait sur la supposition de l’existence de types d’habitats ou d’habitats d’espèces devant être protégés en vertu de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0047" REF.END="QE0047"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0047" CODE="00BB" ID="QE0047"/>, mais que ceux-ci n’y existaient en réalité pas et ne s’y sont entre-temps pas développés<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0012"><P>Voir le document intitulé <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0048" REF.END="QE0048"/> Note to the Members of the Habitats Committee <QUOT.END REF.START="QS0048" CODE="00BB" ID="QE0048"/> du <DATE ISO="20050621">21 juin 2005</DATE>, joint en annexe 4 aux observations de la Commission (consultable à l’adresse suivante : http ://www.eea.europa.eu/themes/biodiversity/document-library/natura-2000/reporting-guidelines-for-natura-2000/reference-documents-relevant-for-the/habcomm2005-updating-of-the-natura)</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0032"><NO.P>32.</NO.P><TXT>Un examen plus attentif révèle que l’arrêt relatif à la zone de conservation des oiseaux située dans le Poitou ne permet pas d’étayer les conclusions de la Commission. En effet, cette affaire ne concernait pas une erreur de l’État membre dans l’identification du site, mais un problème de communication avec la Commission, comparable à une erreur d’écriture dénaturant une manifestation de volonté. Dans la mesure où une erreur s’est produite, celle-ci est du chef de la Commission, qui s’est méprise sur les intentions de l’État membre du fait d’une inexactitude cartographique.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0033"><NO.P>33.</NO.P><TXT>Néanmoins, le point de vue de la Commission quant aux conséquences des erreurs scientifiques est en principe plausible. Les zones sur lesquelles des types d’habitats ou des espèces protégés n’existent pas, contrairement aux suppositions initiales, ne peuvent pas apporter la contribution attendue à l’établissement d’un état de conservation favorable. Toutefois, il serait superflu, en l’espèce, d’examiner la question de savoir dans quelle mesure cette approche et les conditions concrètes posées par la Commission dans ce contexte sont effectivement légitimes.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0034"><NO.P>34.</NO.P><TXT>En effet, aucune erreur de la sorte n’est identifiable en l’espèce.</TXT></NP.ECR><?PAGE NO="7"?><NP.ECR IDENTIFIER="NP0035"><NO.P>35.</NO.P><TXT>Au contraire, le Royaume des Pays-Bas connaissait dès le départ les caractéristiques du Leenheerenpolder et l’a malgré tout intégré au SIC, car il projetait initialement de développer dans ce polder des habitats à protéger soumis à l’action des marées. Il ressort de la demande de décision préjudicielle que le Leenheerenpolder est particulièrement adapté aux fins d’un tel développement, car il aurait été exposé à une dynamique des marées particulièrement forte en cas de suppression de la digue inférieure au niveau de la Spui. Cette possibilité de développement subsiste, mais le Royaume des Pays-Bas a entre-temps abandonné ce projet.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="3"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">2.</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">L’erreur dans les prévisions</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0036"><NO.P>36.</NO.P><TXT>La Commission estime cependant qu’en l’espèce, l’erreur résiderait dans le fait que le Royaume des Pays-Bas a d’abord estimé que les mesures projetées dans le Leenheerenpolder étaient nécessaires afin d’atteindre un état de conservation favorable de certains types d’habitats et de certaines espèces. Les développements récents auraient toutefois montré que cet objectif pouvait aussi être atteint sans les mesures en cause.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0037"><NO.P>37.</NO.P><TXT>Cette argumentation ne convainc pas, car la proposition de réduction du site n’est justement pas justifiée par une erreur, comme le Royaume des Pays-Bas l’a lui-même exposé à l’occasion de l’audience.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0038"><NO.P>38.</NO.P><TXT>Le <DATE ISO="20140930">30 septembre 2014</DATE>, les autorités néerlandaises ont certes informé la Commission du fait qu’elles considéraient désormais la supposition selon laquelle le Leenheerenpolder pouvait être d’importance pour la conservation et le rétablissement de types d’habitats comme une faute scientifique. Néanmoins, il n’est pas contesté que cette zone reste apte à contribuer au rétablissement d’habitats à protéger. L’allégation d’une faute scientifique semble plutôt être motivée exclusivement par le fait que la Commission avait auparavant, par lettre du <DATE ISO="20140910">10 septembre 2014</DATE>, rejeté une réduction de la superficie du SIC <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0049" REF.END="QE0049"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0049" CODE="00BB" ID="QE0049"/> et invité les autorités néerlandaises à expliquer pourquoi elles considéraient désormais l’inclusion initiale du Leenheerenpolder dans le SIC comme une faute scientifique.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0039"><NO.P>39.</NO.P><TXT>La justification réelle des autorités néerlandaises est que les projets de mesures de rétablissement dans le Leenheerenpolder ont été abandonnés en 2011, pour des raisons politiques, sociales et budgétaires et compte tenu des objectifs de conservation de la zone spéciale de conservation <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0050" REF.END="QE0050"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0050" CODE="00BB" ID="QE0050"/>. Il existerait d’autres possibilités suffisantes de rétablissement et d’extension d’habitats dans le site. Plusieurs mesures sont ensuite évoquées.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0040"><NO.P>40.</NO.P><TXT>Il ne s’agit donc pas d’une erreur au sujet du potentiel de rétablissement, mais d’une réorientation des objectifs de développement au sein du SIC <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0051" REF.END="QE0051"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0051" CODE="00BB" ID="QE0051"/>. La Commission n’a pas apprécié ceux-ci lorsqu’elle a consenti à la réduction de la superficie du SIC. Elle a donc notamment omis d’examiner si, dans ces conditions, le Leenheerenpolder n’était plus, pour l’Union dans son ensemble, nécessaire pour l’objectif d’un état de conservation favorable.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0041"><NO.P>41.</NO.P><TXT>Par conséquent, la motivation de la Commission ne justifie pas la réduction de la superficie du SIC <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0052" REF.END="QE0052"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0052" CODE="00BB" ID="QE0052"/>.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="3"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">3.</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">Conclusion intermédiaire</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0042"><NO.P>42.</NO.P><TXT>Les doutes du Raad van State (Conseil d’État) au sujet de la décision de la Commission relative à la réduction de la superficie du SIC <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0053" REF.END="QE0053"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0053" CODE="00BB" ID="QE0053"/> s’avèrent donc fondés. La motivation de la Commission ne saurait justifier une telle décision. La décision d’exécution 2015/72 est donc entachée d’illégalité et doit être annulée dans la mesure où elle réduit la superficie du SIC.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ></GR.SEQ><?PAGE NO="8"?><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">C.</HT></NO.P><TXT>Les lacunes formelles de la décision d’exécution</TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0043"><NO.P>43.</NO.P><TXT>Par ailleurs, dans la mesure où elle comporte une décision relative à la réduction de la superficie du SIC <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0054" REF.END="QE0054"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0054" CODE="00BB" ID="QE0054"/>, la décision d’exécution 2015/72 est également illégale pour d’autres raisons. En effet, cette décision porte atteinte au principe de sécurité juridique et sa motivation n’est pas identifiable si l’on n’a pas connaissance de la correspondance entre la Commission et les autorités néerlandaises.</TXT></NP.ECR><GR.SEQ LEVEL="3"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">1.</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">Le principe de sécurité juridique</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0044"><NO.P>44.</NO.P><TXT>Le principe de sécurité juridique exige qu’une réglementation de l’Union permette aux intéressés de connaître sans ambiguïté leurs droits et leurs obligations et de prendre leurs dispositions en conséquence<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0013"><P>Arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20070621">21 juin 2007</DATE>, <NAME.CASE>ROM-projecten</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑158/06</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2007:370">EU:C:2007:370</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0025">25</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20090310">10 mars 2009</DATE>, <NAME.CASE>Heinrich</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑345/06</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2009:140">EU:C:2009:140</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0044">44</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Étant donné que la modification d’un SIC peut affecter les droits et les obligations des utilisateurs des terres, mais également ceux de tiers intéressés, tels que les associations de défense de l’environnement<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0014"><P>Arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20001207">7 décembre 2000</DATE>, <NAME.CASE>Commission/France</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑374/98</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2000:670">EU:C:2000:670</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0054">54</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>) ; du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20040907">7 septembre 2004</DATE>, <NAME.CASE>Waddenvereniging et Vogelbeschermingsvereniging</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑127/02</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2004:482">EU:C:2004:482</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0066">66</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0069">69</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), ainsi que du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20161108">8 novembre 2016</DATE>, <NAME.CASE>Lesoochranárske zoskupenie VLK</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑243/15</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:838">EU:C:2016:838</NO.ECLI></REF.DOC.ECR>, notamment point 44).</P></NOTE>, ladite modification doit apparaître de façon suffisamment claire.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0045"><NO.P>45.</NO.P><TXT>Une telle clarté fait défaut dans la décision d’exécution 2015/72 en elle-même. En effet, cette dernière ne contient aucune mention expresse, ni même un code, renvoyant au fait que le SIC <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0055" REF.END="QE0055"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0055" CODE="00BB" ID="QE0055"/> a subi une modification. Seule une comparaison avec la version antérieure de la liste fait apparaître la réduction de la superficie du SIC. Cependant, une telle comparaison ne paraît pas évidente, car la liste actualisée comporte <HT TYPE="ITALIC">tous</HT> les SIC de la région biogéographique atlantique, qui en compte plusieurs milliers. Il est improbable que quelqu’un contrôle tous les sites énumérés en vue d’identifier une modification de leur superficie.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0046"><NO.P>46.</NO.P><TXT>La clarté requise fait donc défaut dans la décision d’exécution 2015/72 en ce qui concerne le retrait du Leenheerenpolder du SIC <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0056" REF.END="QE0056"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0056" CODE="00BB" ID="QE0056"/>.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="3"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">2.</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">L’obligation de motivation</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0047"><NO.P>47.</NO.P><TXT>Par ailleurs, conformément à l’article 296, deuxième alinéa, TFUE, les actes juridiques de l’Union sont motivés. Cette motivation doit faire apparaître de façon claire et non équivoque le raisonnement de l’auteur de l’acte en cause de manière à permettre aux intéressés de connaître les justifications de la mesure prise et à la Cour d’exercer son contrôle. Il n’est toutefois pas exigé qu’elle spécifie tous les éléments de droit ou de fait pertinents. Le respect de l’obligation de motivation doit, en outre, être apprécié au regard non seulement du libellé de l’acte, mais aussi de son contexte ainsi que de l’ensemble des règles juridiques régissant la matière concernée<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0015"><P>Voir, entre autres, arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20131119">19 novembre 2013</DATE>, <NAME.CASE>Commission/Conseil</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑63/12</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2013:752">EU:C:2013:752</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0098">98</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0099">99</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20150616">16 juin 2015</DATE>, <NAME.CASE>Gauweiler e.a.</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑62/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:400">EU:C:2015:400</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0070">70</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Ainsi, ce ne sont pas seulement les considérants qui importent, mais également le contexte plus large de la mesure en cause<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0016"><P>Voir, notamment, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20150616">16 juin 2015</DATE>, <NAME.CASE>Gauweiler e.a.</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑62/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:400">EU:C:2015:400</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0071">71</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0048"><NO.P>48.</NO.P><TXT>Il n’est donc pas nécessaire que toutes les modifications des SIC de la région biogéographique atlantique soient motivées dans la décision en question, lorsque l’endroit où une telle motivation peut être trouvée est mis en évidence. Ainsi, les motivations de la fixation initiale de la liste communautaire ne sont pas critiquables, car elles ressortaient des formulaires standard des données afférentes aux différents sites.</TXT></NP.ECR><?PAGE NO="9"?><NP.ECR IDENTIFIER="NP0049"><NO.P>49.</NO.P><TXT>En revanche, en l’espèce, il convient de constater que la décision d’exécution 2015/72 ne comprend même pas un début de motivation, puisque la décision de réduction de la superficie du SIC <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0057" REF.END="QE0057"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0057" CODE="00BB" ID="QE0057"/> n’est pas identifiable dans cet instrument. Ladite décision ne permet ainsi pas de s’intéresser à son contexte et, ce faisant, de prendre connaissance – le cas échéant – de la correspondance susmentionnée relative à la réduction de la superficie du site.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0050"><NO.P>50.</NO.P><TXT>Le fait qu’en l’espèce, le Royaume des Pays-Bas, en tant qu’État membre concerné, a été avisé et que de nombreux intéressés ont semble-t-il été informés du processus par les autorités néerlandaises ne saurait remédier au défaut de motivation. En effet, ces circonstances fortuites ne peuvent garantir que tous les intéressés aient été informés des motifs de la décision.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">D.</HT></NO.P><TXT>Les conditions du retrait d’un SIC de zones pouvant potentiellement servir à des mesures de rétablissement</TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0051"><NO.P>51.</NO.P><TXT>Il ne découle toutefois pas des considérations qui précèdent que la réduction de la superficie d’un SIC serait exclue dans des circonstances telles que celles de l’espèce. Les cas de figure que la Cour a jusqu’à maintenant acceptés, à savoir celui d’une erreur de communication à propos de l’identification du site<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0017"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="19991125">25 novembre 1999</DATE>, <NAME.CASE>Commission/France</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑96/98</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:1999:580">EU:C:1999:580</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0052">52</REF.NP.ECR> à <REF.NP.ECR REF="NP0055">55</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE> ou celui de la détérioration inéluctable du site<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0018"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20140403">3 avril 2014</DATE>, <NAME.CASE>Cascina Tre Pini</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑301/12</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2014:214">EU:C:2014:214</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0027">27</REF.NP.ECR>, <REF.NP.ECR REF="NP0030">30</REF.NP.ECR>, et <REF.NP.ECR REF="NP0032">32</REF.NP.ECR> à <REF.NP.ECR REF="NP0034">34</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>, ne peuvent certes pas être invoqués à cet effet. Le cas d’une erreur scientifique au sujet des caractéristiques du site qu’invoque la Commission n’est pas non plus d’application. Toutefois, le cas d’espèce – qui est plutôt atypique – témoigne de la nécessité de reconnaître une autre possibilité de réduction de la superficie d’un site.</TXT></NP.ECR><GR.SEQ LEVEL="3"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">1.</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">L’obligation de protéger les zones pouvant potentiellement servir à des mesures de rétablissement</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0052"><NO.P>52.</NO.P><TXT>Il convient de prendre pour point de départ la justification initiale de l’intégration du Leenheerenpolder dans le SIC <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0058" REF.END="QE0058"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0058" CODE="00BB" ID="QE0058"/>. Elle ne résidait pas dans l’existence de types d’habitats ou d’espèces à protéger dans cette zone, mais dans le potentiel de cette zone en matière de développement de tels habitats ou espèces.</TXT></NP.ECR><GR.SEQ LEVEL="4"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">a)</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">L’obligation de prendre des mesures de rétablissement</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0053"><NO.P>53.</NO.P><TXT>Ce n’est qu’indirectement, tout au plus, qu’une obligation de proposition de classement de telles <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0059" REF.END="QE0059"/> zones pouvant potentiellement servir à des mesures de rétablissement <QUOT.END REF.START="QS0059" CODE="00BB" ID="QE0059"/> en tant que SIC peut être déduite de l’article 4, paragraphe 1, première phrase, et de l’annexe III (étape 1) de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0060" REF.END="QE0060"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0060" CODE="00BB" ID="QE0060"/>. En vertu de l’article 4, paragraphe 1, première phrase, de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0061" REF.END="QE0061"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0061" CODE="00BB" ID="QE0061"/>, les États membres doivent indiquer les types d’habitats et les espèces à protéger qu’abritent les sites proposés, ce que l’on pourrait comprendre en ce sens que seul l’existant peut justifier une proposition de classement. Toutefois, l’annexe III (étape 1) de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0062" REF.END="QE0062"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0062" CODE="00BB" ID="QE0062"/> prévoit que la possibilité de restauration peut être prise en compte dans l’évaluation des sites. Par ailleurs, en vertu de l’article 4, paragraphe 4, de cette directive, à l’occasion de la désignation d’un SIC comme zone spéciale de conservation, des priorités doivent être fixées en fonction de l’importance du site, notamment pour le rétablissement de types d’habitats naturels ou d’espèces.</TXT></NP.ECR><?PAGE NO="10"?><NP.ECR IDENTIFIER="NP0054"><NO.P>54.</NO.P><TXT>La prise en compte de zones pouvant potentiellement servir à des mesures de rétablissement dans le cadre de l’identification de SIC répond à l’objectif, fixé à l’article 2, paragraphe 2, et à l’article 3, paragraphe 1, de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0063" REF.END="QE0063"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0063" CODE="00BB" ID="QE0063"/>, d’assurer le rétablissement, dans un état de conservation favorable, des habitats naturels et des espèces de faune et de flore sauvages d’intérêt communautaire. Si les types d’habitats ou les espèces existants ne suffisent pas à garantir un état de conservation favorable, ils convient de rétablir ceux-ci.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="4"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">b)</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">L’importance de l’état de conservation</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0055"><NO.P>55.</NO.P><TXT>Cela ne signifie cependant pas que toutes les zones pouvant potentiellement servir à des mesures de rétablissement de types d’habitats ou d’espèces protégés devraient être proposées en tant que SIC et inscrites sur la liste communautaire.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0056"><NO.P>56.</NO.P><TXT>C’est plutôt l’état de conservation des types d’habitats et des espèces en cause qui constitue le critère décisif afin de déterminer si une telle zone doit être exploitée. En vertu des définitions de l’article 1<HT TYPE="SUP">er</HT>, sous e) et i), de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0064" REF.END="QE0064"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0064" CODE="00BB" ID="QE0064"/>, un état de conservation favorable implique essentiellement que les types d’habitats ou les populations des espèces en cause soient au moins durablement stables.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0057"><NO.P>57.</NO.P><TXT>Dans la mesure où l’état de conservation est déjà favorable et que les types d’habitats ou les populations des espèces en cause sont durablement stables ou connaissent même une croissance, il n’existe aucune obligation de prendre des mesures de rétablissement ou d’inclure des zones pouvant potentiellement servir à des mesures de rétablissement dans les propositions de sites. En revanche, si un état de conservation défavorable ne peut être amélioré qu’en exploitant un certain potentiel de rétablissement, il serait injustifiable de renoncer aux mesures correspondantes et aux zones concernées.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0058"><NO.P>58.</NO.P><TXT>Toutefois, la situation ne sera souvent pas aussi claire. Les incertitudes scientifiques quant à l’état de conservation des types d’habitats ou des espèces, d’une part, et à l’efficacité des mesures de rétablissement, d’autre part, rendent déjà les pronostics difficiles. En outre, l’existence de plusieurs possibilités de rétablissement des types d’habitats ou des espèces devrait souvent occasionner une possibilité de choix entre ces options, qui sera essentiellement de la compétence des autorités nationales. Il semble donc plutôt improbable que des mesures <HT TYPE="ITALIC">bien déterminées</HT> de rétablissement soient concrètement requises. Et il est en principe également possible de modifier la stratégie de rétablissement de types d’habitats et d’espèces au fil du temps.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="4"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">c)</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">Le niveau d’appréciation de l’état de conservation</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0059"><NO.P>59.</NO.P><TXT>Dans la présente affaire, il a notamment été débattu de la question de savoir si un état de conservation favorable doit être assuré au niveau de l’Union, de l’État membre ou du site en cause. À cet égard, il découle des définitions de l’article 1<HT TYPE="SUP">er</HT>, sous e) et i), et de l’article 2 de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0065" REF.END="QE0065"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0065" CODE="00BB" ID="QE0065"/> que cette dernière vise un état de conservation favorable au niveau de l’Union dans son ensemble. Tel doit en fin de compte être le critère fondamental de la décision de la Commission.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0060"><NO.P>60.</NO.P><TXT>Toutefois, un État membre n’est en règle générale pas en mesure d’évaluer de manière concluante la situation dans l’ensemble de l’Union<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0019"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20001107">7 novembre 2000</DATE>, <NAME.CASE>First Corporate Shipping</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑371/98</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2000:600">EU:C:2000:600</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0023">23</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Dans le cadre de la proposition de réduction de la superficie d’un site, il doit surtout rechercher si les zones concernées par le retrait présentent une importance écologique notable au niveau national aux fins de l’objectif de conservation des habitats naturels ainsi<?PAGE NO="11"?> que de la faune et de la flore sauvages, au sens de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0066" REF.END="QE0066"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0066" CODE="00BB" ID="QE0066"/>. À cet effet, il peut toutefois être judicieux de tenir compte des éventuelles informations disponibles au niveau européen, si celles-ci établissent déjà qu’une renonciation aux zones concernées n’est en tout cas pas possible sous l’angle d’approche européen.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0061"><NO.P>61.</NO.P><TXT>L’état de conservation des types d’habitats et des espèces au sein de certains sites peut également présenter un intérêt particulier s’il est défavorable. Dans ce cas, la renonciation à des mesures de rétablissement susceptibles d’améliorer l’état de conservation pourrait porter atteinte à l’interdiction de détérioration visée à l’article 6, paragraphe 2, de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0067" REF.END="QE0067"/> habitats<QUOT.END REF.START="QS0067" CODE="00BB" ID="QE0067"/><NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0020"><P>En ce sens, voir arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20051020">20 octobre 2005</DATE>, <NAME.CASE>Commission/Royaume-Uni</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑6/04</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2005:626">EU:C:2005:626</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0034">34</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. En effet, il serait à craindre que l’état des types d’habitats ou des espèces en cause au sein du site concerné se détériore en l’absence de mesures de rétablissement. Il convient en particulier d’en tenir compte dans le cadre de l’examen de la réduction de la superficie d’un site.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0062"><NO.P>62.</NO.P><TXT>Néanmoins, même en ce qui concerne des sites pris individuellement, tous les potentiels de rétablissement ne doivent pas nécessairement être pris en compte et intégrés au site, et ce même si l’état de conservation est défavorable. En effet, précisément dans le cas de sites étendus tels que le SIC <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0068" REF.END="QE0068"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0068" CODE="00BB" ID="QE0068"/>, différentes mesures de rétablissement devraient entrer en ligne de compte, de sorte que les États membres, tout comme, en principe, la Commission, jouiraient d’une faculté de choix.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0063"><NO.P>63.</NO.P><TXT>Il convient enfin d’ajouter qu’en ce qui concerne à tout le moins le cas de la réduction de la superficie d’un site du fait du caractère superflu de certaines zones pour la garantie d’un état de conservation favorable, les justifications d’ordre politique, social et budgétaire qu’invoquent les autorités néerlandaises sont dépourvues de pertinence<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0021"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20001107">7 novembre 2000</DATE>, <NAME.CASE>First Corporate Shipping</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑371/98</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2000:600">EU:C:2000:600</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0023">23</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0024">24</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. De telles justifications peuvent tout au plus présenter une importance lorsque la réduction de la superficie d’un SIC est nécessaire pour pouvoir réaliser certains plans ou projets conformément à l’article 6, paragraphe 4, de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0069" REF.END="QE0069"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0069" CODE="00BB" ID="QE0069"/>. Toutefois, il devrait alors exister des plans ou des projets concrets, et toutes les autres conditions de cette disposition devraient être remplies.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="3"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">2.</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">Le critère de contrôle applicable à la réduction de la superficie d’un site</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0064"><NO.P>64.</NO.P><TXT>Le pouvoir d’appréciation existant dans le cadre de la décision de réduire la superficie d’un SIC a une importance fondamentale pour le contrôle de cette décision par le juge de l’Union.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0065"><NO.P>65.</NO.P><TXT>Tant la proposition de l’État membre que la décision de la Commission sont en règle générale caractérisées par une complexité scientifique et factuelle considérable.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0066"><NO.P>66.</NO.P><TXT>Il convient en général de reconnaître un large pouvoir d’appréciation aux organes de l’Union appelés à prendre de telles décisions<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0022"><P>Arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20040909">9 septembre 2004</DATE>, <NAME.CASE>Espagne/Commission</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑304/01</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2004:495">EU:C:2004:495</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0023">23</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>) ; du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20070718">18 juillet 2007</DATE>, <NAME.CASE>Industrias Químicas del Vallés/Commission</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑326/05 P</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2007:443">EU:C:2007:443</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0075">75</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>) ; du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20101222">22 décembre 2010</DATE>, <NAME.CASE>Gowan Comércio Internacional e Serviços</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑77/09</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2010:803">EU:C:2010:803</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0082">82</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>) ; du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20121219">19 décembre 2012</DATE>, <NAME.CASE>Brookfield New Zealand et Elaris/OCVV et Schniga</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑534/10 P</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:813">EU:C:2012:813</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0050">50</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>) ; du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20150616">16 juin 2015</DATE>, <NAME.CASE>Gauweiler e.a.</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑62/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:400">EU:C:2015:400</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0068">68</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160908">8 septembre 2016</DATE>, <NAME.CASE>Borealis e.a.</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑180/15</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:647">EU:C:2016:647</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0045">45</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Il doit en particulier en aller ainsi pour la décision de la Commission en l’espèce.</TXT></NP.ECR><?PAGE NO="12"?><NP.ECR IDENTIFIER="NP0067"><NO.P>67.</NO.P><TXT>L’exercice de ce pouvoir n’est toutefois pas soustrait au contrôle juridictionnel. Dans le cadre de ce contrôle, le juge de l’Union doit vérifier le respect des règles de procédure, l’exactitude matérielle des faits retenus par la Commission, l’absence d’erreur manifeste dans l’appréciation de ces faits ou l’absence de détournement de pouvoir. En particulier, lorsqu’une partie invoque une erreur manifeste d’appréciation qu’aurait commise l’institution compétente, le juge de l’Union doit contrôler si cette institution a examiné, avec soin et impartialité, tous les éléments pertinents du cas d’espèce, éléments qui appuient les conclusions qui en sont tirées<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0023"><P>Arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20070718">18 juillet 2007</DATE>, <NAME.CASE>Industrias Químicas del Vallés/Commission</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑326/05 P</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2007:443">EU:C:2007:443</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0076">76</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0077">77</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>) ; du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20081106">6 novembre 2008</DATE>, <NAME.CASE>Pays-Bas/Commission</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑405/07 P</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2008:613">EU:C:2008:613</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0055">55</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0056">56</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20150709">9 juillet 2015</DATE>, <NAME.CASE>Allemagne/Commission</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑360/14 P</NO.CASE>, non publié, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:457">EU:C:2015:457</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0037">37</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0068"><NO.P>68.</NO.P><TXT>Dans le cadre de l’examen de l’ensemble des circonstances pertinentes, il convient de prendre en compte le fait que la proposition, par l’État membre, de zones pouvant potentiellement servir au rétablissement des habitats ou des espèces et l’acceptation de cette proposition par la Commission créent une présomption en vertu de laquelle ces zones et les mesures de rétablissement envisagées sont nécessaires pour un état de conservation favorable des types d’habitats et des espèces en cause.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0069"><NO.P>69.</NO.P><TXT>C’est pourquoi l’État membre doit renverser la présomption de nécessité des mesures de rétablissement dans le cadre de sa proposition de retirer d’un SIC de telles zones. À cet égard, une simple affirmation, telle que celle figurant dans les informations fournies par les autorités néerlandaises compétentes, et sur laquelle la Commission a fondé sa décision sur la réduction de la superficie du site, ne suffit pas. L’État membre doit plutôt exposer de manière concluante, sur la base des meilleures connaissances scientifiques disponibles, pourquoi il considère que l’état de conservation favorable peut aussi être garanti, ou ultérieurement atteint, sans lesdites zones et les mesures correspondantes.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0070"><NO.P>70.</NO.P><TXT>En particulier, le pouvoir d’appréciation en ce qui concerne la protection des potentiels de rétablissement au sein d’un SIC peut même être totalement exclu tant qu’il n’a pas été établi que l’état de conservation des types d’habitats et des espèces en cause est favorable dans ce SIC. Dans un tel cas, eu égard à l’interdiction de la détérioration prévue à l’article 6, paragraphe 2, de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0070" REF.END="QE0070"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0070" CODE="00BB" ID="QE0070"/>, l’État membre ne peut en règle générale pas encore dénier aux zones qui ont été intégrées à la SIC en raison de leur potentiel de rétablissement leur importance écologique aux fins de l’objectif de la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages. En effet, il ne saurait être exclu que ces zones soient encore nécessaires si d’autres mesures de rétablissement s’avèrent insuffisantes. Par conséquent, ces zones ne sauraient être privées de leur statut de protection à ce stade.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0071"><NO.P>71.</NO.P><TXT>La Commission ne peut donner suite à une proposition d’un État membre visant à la réduction de la superficie d’un SIC que si, sur le fondement d’éléments à caractère scientifique suffisants, l’État membre la convainc du fait que, du point de vue national, les zones en question ne présentent pas d’importance notable pour l’objectif de conservation des habitats naturels et des espèces et que, du point de vue de l’Union dans son ensemble, rien non plus ne s’oppose à ce que ces zones soient retirées du site en cause.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="3"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">3.</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">Conclusion intermédiaire</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0072"><NO.P>72.</NO.P><TXT>En résumé, il convient de constater que, conformément à l’article 4 de la directive <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0071" REF.END="QE0071"/> habitats <QUOT.END REF.START="QS0071" CODE="00BB" ID="QE0071"/>, la Commission peut réduire la superficie d’un SIC, sur proposition de l’État membre compétent, si les zones concernées font partie du SIC exclusivement au regard de mesures futures de rétablissement de types d’habitats ou de populations d’espèces et si l’État membre communique des informations qui permettent à la Commission de constater qu’aucune mesure n’est nécessaire dans ces zones afin de garantir un état de conservation favorable des types d’habitats ou des espèces en cause.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ></GR.SEQ></GR.SEQ><?PAGE NO="13"?><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">V.</HT></NO.P><TXT>Conclusion</TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0073"><NO.P>73.</NO.P><TXT>Nous proposons par conséquent à la Cour de répondre comme suit à la demande de décision préjudicielle :</TXT><P><LIST TYPE="ARAB"><ITEM><NP><NO.P>1)</NO.P><TXT>La décision d’exécution (UE) 2015/72 de la Commission, du <DATE ISO="20141203">3 décembre 2014</DATE>, arrêtant une huitième actualisation de la liste des sites d’importance communautaire pour la région biogéographique atlantique, n’est pas valide dans la mesure où le Leenheerenpolder est retiré du site <QUOT.START CODE="00AB" ID="QS0072" REF.END="QE0072"/> Haringvliet <QUOT.END REF.START="QS0072" CODE="00BB" ID="QE0072"/> (NL 1000015).</TXT></NP></ITEM><ITEM><NP><NO.P>2)</NO.P><TXT>En vertu de l’article 4 de la directive 92/43/CEE du Conseil, du <DATE ISO="19920521">21 mai 1992</DATE>, concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages, la Commission peut réduire la superficie d’un site d’importance communautaire, sur proposition de l’État membre compétent, si les zones concernées font partie de ce site exclusivement au regard de mesures futures de rétablissement de types d’habitats ou de populations d’espèces et si l’État membre communique des informations qui permettent à la Commission de constater qu’aucune mesure n’est nécessaire dans ces zones afin de garantir un état de conservation favorable des types d’habitats ou des espèces en cause.</TXT></NP></ITEM></LIST></P></NP.ECR></GR.SEQ></CONTENTS.CONCLUSION></CONCLUSION>