Proposition de DÉCISION DU CONSEIL arrêtant la position de l’Union européenne au sein du Conseil des ADPIC de l’Organisation mondiale du commerce concernant la demande de prorogation de la période de transition visée à l’article 66, paragraphe 1, de l’accord sur les ADPIC pour les pays les moins avancés /* COM/2013/0309 final - 2013/0161 (NLE) */
EXPOSÉ DES MOTIFS 1. INTRODUCTION Lors de l’adoption de l’accord sur les aspects des droits de
propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) par l’Organisation
mondiale du commerce (OMC) en 1994, les pays les moins avancés (PMA) ont été,
en vertu de l’article 66, paragraphe 1, dudit accord, exonérés de la
plupart de leurs obligations liées aux ADPIC pour une période de dix ans, en
sus de la première année d’exemption générale applicable à tous les pays
membres de l’OMC. Ce même article prévoit également la possibilité de proroger
ce délai sur demande dûment motivée. En 2005, à la demande expresse des PMA,
cette exonération a été étendue au 1er juillet 2013. À l’approche de cette échéance, Haïti a officiellement
présenté, le 5 novembre 2012, au nom du groupe des PMA, une demande de
prorogation de la période de transition (document IP/C/W/583 de l’OMC). Au lieu
de solliciter une prorogation d’une durée précise exprimée en années, le groupe
des PMA a cette fois demandé une exemption «jusqu’à la date à laquelle ils
cesseront de faire partie des pays les moins avancés membres[1]». Le contexte de la demande présentée par le groupe des PMA
est résumé ci-après. 2. RÉSUMÉ Le préambule de l’accord sur les ADPIC reconnaît que les PMA
ont particulièrement besoin d’une souplesse maximale pour la mise en œuvre des
lois et réglementations sur leur marché intérieur, l’objectif étant de leur
permettre de se doter d’une base technologique solide et viable. Les PMA se
voient également octroyer un délai de dix ans à compter de 1995 pour appliquer
l’ensemble des obligations de l’accord. Cette période de transition pouvant
être prolongée sur demande expresse, les PMA ont sollicité en 2005 une
prorogation de quinze ans, pour en obtenir une de sept ans et demi en définitive,
soit jusqu’au 1er juillet 2013. Entre-temps, la déclaration de
Doha de 2001 sur les ADPIC et la santé publique avait déjà étendu jusqu’à 2016
le délai imparti aux PMA pour se conformer aux dispositions relatives aux
brevets et à la protection des données en matière de produits pharmaceutiques. Au cours des discussions qui ont conduit en 2005 à la
décision de repousser la date limite de mise en conformité avec les obligations
découlant de l’accord sur les ADPIC, s’est posée la question de savoir si cette
prorogation devrait être accordée au cas par cas ou à un groupe de pays. L’accord
final a octroyé ce report de délai à l’ensemble du groupe des PMA. Lorsqu’il a
approuvé la prorogation de 2005, le Conseil des ADPIC a également instauré un
processus visant à aider les PMA à mettre en œuvre l’accord sur les ADPIC dans
le cadre de leur régime national de propriété intellectuelle. Il a invité les
PMA à recenser leurs besoins prioritaires en matière de coopération technique
et financière, et a demandé aux pays développés de les aider à répondre à ces
besoins. En outre, il a appelé à un renforcement de la coopération avec l’Organisation
mondiale de la propriété intellectuelle et les autres organisations
internationales concernées. L’accent portait sur les priorités de chacun des
PMA et sur la nécessité de répondre effectivement à ces besoins. Reconnaissant l’utilité de la propriété intellectuelle pour
le développement, les ministres présents à la réunion préparatoire régionale
pour l’Afrique organisée à Dar es-Salaam en mars 2013 en vue de l’examen
ministériel annuel du Conseil économique et social des Nations unies ont ainsi
déclaré: «Les décideurs politiques africains doivent redoubler d’efforts pour
développer leur cadre juridique et politique, y compris leur législation et
leur politique en matière de propriété intellectuelle, afin de libérer le
potentiel inexploité de la région.» Des reports de délai supplémentaires pour
la mise en œuvre des dispositions de l’accord sur les ADPIC risqueraient, par
conséquent, de compromettre certaines perspectives de croissance des PMA. Un
calendrier imprécis pourrait également mettre à mal certaines incitations à
progresser dans la mise en œuvre de l’accord. Il reste cependant que certains
PMA ont progressé davantage que d’autres dans ce domaine. Dans ces conditions,
une prorogation limitée est acceptable. Elle devrait demeurer associée à une
assistance technique ciblée, que l’Union a déjà largement contribué à fournir
jusqu’à présent. Une analyse exhaustive, dans chaque PMA, de l’état
d’avancement de la mise en œuvre sur le terrain serait par ailleurs utile pour
cerner plus clairement la situation et permettre ainsi de fixer des priorités
et d’apporter une aide efficace. Afin d’éviter que le débat au sein de l’OMC ne s’écarte de la
question en jeu, il convient d’appliquer à toute nouvelle décision de
prorogation de l’exemption la même structure globale qu’à celle de 2005. Les
PMA se sont notamment engagés à ne pas diminuer le niveau de protection de la
propriété intellectuelle qu’ils appliquaient déjà pendant la période de
transition. De surcroît, cette nouvelle décision accordant aux PMA une
exemption générale quant à la mise en œuvre de l’accord sur les ADPIC devrait
rester distincte de la décision du Conseil des ADPIC du 27 juin 2002 relative à
la «prorogation de la période de transition […] en faveur des pays les moins
avancés membres pour certaines obligations en ce qui concerne les produits
pharmaceutiques». 3. RECOMMANDATION En réponse à la demande du groupe des PMA, la Commission
recommande au Conseil de l’Union européenne de définir comme suit la position
de l’Union: les PMA membres ne devraient pas être tenus d’appliquer les
dispositions de l’accord sur les ADPIC, autres que les articles 3, 4 et 5,
pendant une période n’excédant pas la durée de la prorogation accordée en 2005,
ou jusqu’à la date à laquelle ils cesseront de faire partie des pays les moins
avancés membres, la date la plus rapprochée étant retenue. Au cours de cette
période, il convient de tenir dûment compte du stade d’avancement respectif de
chaque PMA dans la mise en œuvre de l’accord sur les ADPIC et de la possibilité
de continuer à recourir à l’assistance technique pour combler les retards,
l’accent devant être mis sur les domaines dont l’utilité est la plus immédiate.
Au cours de cette période de prorogation, les PMA ne sauraient abaisser leur
niveau actuel de protection des DPI en deçà des normes établies par l’accord
sur les ADPIC. 2013/0161 (NLE) Proposition de DÉCISION DU CONSEIL arrêtant la position de l’Union européenne au sein du
Conseil des ADPIC de l’Organisation mondiale du commerce concernant la demande
de prorogation de la période de transition visée à l’article 66, paragraphe 1,
de l’accord sur les ADPIC pour les pays les moins avancés LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE, vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et
notamment son article 207, paragraphe 4, ainsi que son article 218, paragraphe
9, vu la proposition de la Commission européenne, considérant ce qui suit: (1) Le 5 novembre 2012, Haïti a officiellement
demandé, au nom du groupe des PMA, une prorogation de la période de transition
pour la mise en œuvre de l’accord sur les aspects des droits de propriété
intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) de l’Organisation mondiale du
commerce (OMC), en application de l’article 66, paragraphe 1, dudit accord. (2) Conformément à la décision du Conseil des
ADPIC du 29 novembre 2005 (IP/C/40), l’actuelle période de transition devait
expirer le 1er juillet 2013. (3) L’article 66, paragraphe 1, de l’accord sur
les ADPIC prévoit que «sur demande dûment motivée d’un pays moins avancé
Membre, le Conseil des ADPIC accordera des prorogations de ce délai». (4) L’exploitation et la protection de la
propriété intellectuelle constituent des ingrédients essentiels de la promotion
de la croissance socio-économique, comme l’ont reconnu les ministres présents à
la réunion préparatoire régionale pour l’Afrique organisée à Dar es-Salaam en
mars 2013 en vue de l’examen ministériel annuel du Conseil économique et social
des Nations unies , lesquels ont appelé à redoubler d’efforts pour élaborer un
cadre juridique et politique, notamment en matière de propriété intellectuelle. (5) Les pays les moins avancés (PMA) membres
ont progressé à des rythmes différents et atteint des degrés
d’approfondissement divers dans la mise en œuvre de l’accord sur les ADPIC de
l’OMC. (6) Des mesures
appréciables ont déjà été prises par un certain nombre de PMA dans le domaine
de la propriété intellectuelle, mais il demeure que ces pays ont des exigences
et des besoins particuliers et restent confrontés à des contraintes
économiques, financières et administratives; ils ont donc besoin de souplesse
et de davantage de temps pour mettre en œuvre les dispositions de l’accord sur
les ADPIC. (7) En conséquence, il est nécessaire de
proroger la période de transition accordée aux pays les moins avancés membres
de l’OMC pour la mise en œuvre de l’accord sur les ADPIC, A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION: Article premier 1. La position arrêtée par l’Union européenne
au sein du Conseil des ADPIC de l’Organisation mondiale du commerce en ce qui
concerne la demande de prorogation de la période de transition octroyée aux
pays les moins avancés (PMA) membres au titre de l’article 66, paragraphe 1, de
l’accord sur les ADPIC, est que les PMA ne devraient pas être tenus d’appliquer
les dispositions de l’accord sur les ADPIC, autres que les articles 3, 4 et 5,
pendant une période n’excédant pas la durée de la prorogation précédemment
accordée en 2005, ou jusqu’à la date à laquelle ils cesseront de faire partie
des pays les moins avancés membres, la date la plus rapprochée étant retenue. 2. Au cours de cette période de prorogation,
les PMA ne sauraient abaisser leur niveau actuel de protection des DPI en deçà
des normes fixées par l’accord sur les ADPIC. 3. Pendant ce laps de temps, il convient de
tenir dûment compte du stade d’avancement respectif de chaque PMA dans la mise
en œuvre de l’accord sur les ADPIC et de la possibilité de continuer à recourir
à l’assistance technique ainsi qu'aux programmes de renforcement des capacités pour
combler les retards, l’accent devant être mis sur les domaines dont l’utilité
est la plus immédiate. Article 2 La présente décision entre en vigueur le jour de son
adoption. Fait à Bruxelles, le Par
le Conseil Le
président [1] La
proposition de projet de décision du Conseil des ADPIC figurant dans la
communication des PMA est libellée comme suit: «Les pays les moins avancés
membres ne seront pas tenus d’appliquer les dispositions de l’Accord, autres
que les articles 3, 4 et 5, jusqu’à la date à laquelle ils cesseront de faire
partie des pays les moins avancés membres.»