I. Introduction
Le cadre général de la coopération entre l’UE et l’Égypte est défini par l’accord d’association qui a été signé en 2001 et est entré en vigueur en 2004. Si tous les éléments de l’accord d’association restent applicables, le présent document fixe les priorités définies conjointement entre l’UE et l’Égypte à la suite du réexamen de la politique européenne de voisinage qui orientera le partenariat au cours des trois prochaines années.
Ces priorités de partenariat visent à relever les défis communs auxquels l’UE et l’Égypte sont confrontées, à promouvoir des intérêts communs et à garantir la stabilité à long terme de part et d’autre de la Méditerranée. Elles se fondent sur un attachement commun aux valeurs universelles que sont la démocratie, l’état de droit et le respect des droits de l’homme. Elles ont également pour objectif de renforcer la coopération en faveur de la stratégie de développement durable élaborée par l’Égypte («Sustainable Development Strategy - Vision 2030»).
II. Priorités proposées
Les priorités de partenariat devraient contribuer à la réalisation des aspirations des populations de part et d’autre de la Méditerranée, notamment en garantissant la justice sociale, des emplois décents, la prospérité économique et des conditions de vie sensiblement améliorées, cimentant ainsi la stabilité de l’Égypte et de l’UE. Une croissance inclusive, s’appuyant sur l’innovation, et une gouvernance efficace et participative, régie par l’état de droit, les droits de l’homme et les libertés fondamentales, représentent des éléments essentiels de ces objectifs. Les priorités tiennent également en compte des rôles respectifs de l’UE et l’Égypte en tant qu’acteurs internationaux et visent à améliorer leur coopération tant bilatérale que régionale et internationale. Les principales priorités suivantes guideront ainsi le partenariat renouvelé.
1. Économie moderne et développement social durables en Égypte
L’UE et l’Égypte, en tant que partenaires de premier plan, coopéreront pour promouvoir les objectifs socio-économiques énoncés dans la «stratégie de développement durable - vision pour 2030» de l’Égypte afin d’en faire un pays stable et prospère.
a) Modernisation de l'économie et entrepreneuriat
L’Égypte est déterminée à parvenir à la viabilité socio-économique à long terme grâce, entre autres, à la création d’un environnement plus propice à la croissance inclusive et à la création d’emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes, notamment en encourageant l’intégration du secteur informel dans l’économie. La viabilité économique à long terme impliquera notamment des mesures offrant une marge de manœuvre budgétaire plus importante pour mieux mettre en œuvre la stratégie de développement durable, la poursuite de la réforme des subventions et des taxes, le renforcement du rôle du secteur privé et l’amélioration du climat des affaires afin d’attirer davantage d’investissements étrangers, y compris par une politique commerciale plus ouverte et concurrentielle, en tirant pleinement parti du dividende numérique et en soutenant des projets d’infrastructure essentiels, tels que le développement d’un système de transport efficace. En outre, l’UE appuiera les efforts déployés par l’Égypte sur la voie de la réforme de l’administration publique et de la bonne gouvernance, notamment en ayant recours à des statistiques de qualité et en tenant compte de la révolution numérique et des nouveaux modèles d’entreprise et de société.
La stratégie de développement durable de l’Égypte attache une grande importance aux petites et moyennes entreprises (PME), aux «mégaprojets» tels que le projet de développement du canal de Suez, le projet du triangle d’or pour l’exploitation des ressources minérales en Haute Égypte et l’aménagement de quatre millions d’hectares en zones agricoles et urbanisées, ainsi qu’à la banque de connaissances d’Égypte, les considérant comme les principaux contributeurs au processus de développement socio-économique à long terme. Compte tenu de l’importance du développement des PME pour une croissance inclusive, ce secteur continuera à jouer un rôle central dans la coopération entre l’UE et l’Égypte. L’UE se penchera également sur les moyens de promouvoir les potentialités de développement socio-économique offertes par le projet de développement du canal de Suez («Suez Canal Hub»). En outre, l’UE et l’Égypte coopéreront dans tous les domaines de la recherche et de l’innovation et contribueront à la promotion des technologies et des services numériques. C’est ainsi qu’elles ont exprimé leur intérêt pour une coopération plus approfondie dans plusieurs activités ayant trait à la recherche et à l’enseignement supérieur dans ces domaines, notamment dans le cadre Horizon-2020 et Erasmus +.
Compte tenu du caractère inestimable et diversifié du patrimoine de l’Égypte, ainsi que de la contribution importante du secteur culturel (auquel le tourisme est étroitement lié) au PIB du pays, à l’emploi, aux réserves de change et, plus généralement, à la société, l’accent sera plus particulièrement mis sur le lien entre la culture, le patrimoine culturel et le développement économique local.
b) Commerce et investissements
L’UE et l’Égypte sont d’importants partenaires commerciaux. Elles se sont engagées à renforcer leurs relations en matière de commerce et d’investissements et à veiller à ce que les dispositions commerciales de l’accord d’association UE-Égypte, établissant une zone de libre-échange, soient mises en œuvre de manière à ce que cette zone puisse atteindre son plein potentiel. Si l’UE a déjà avancé l’idée d’un accord de libre-échange approfondi et complet pour approfondir et élargir la zone de libre-échange existante, l’UE et l’Égypte définiront aussi conjointement d’autres approches appropriées pour renforcer leurs relations commerciales.
c) Développement social et justice sociale
L’Égypte réaffirme sa volonté d’œuvrer à la réforme et à la promotion du développement social et de la justice sociale, de faire face aux défis sociaux et démographiques et de renforcer les ressources humaines du pays qui favoriseront le développement économique et social. L’UE soutiendra à cet égard les efforts déployés par l’Égypte pour protéger les groupes marginalisés des éventuels effets négatifs des réformes économiques au moyen de filets de sécurité sociale et par la protection sociale. L’UE et l’Égypte continueront en outre à promouvoir le développement rural et urbain et à améliorer l’offre de services de base, en mettant particulièrement l’accent sur la modernisation de l’enseignement (y compris l’enseignement technique et professionnel) et les systèmes de soins de santé. L’UE partagera son expérience dans la mise en place d’une couverture médicale inclusive et de services de santé améliorés.
d) Sécurité énergétique, environnement et action pour le climat
L’UE et l’Égypte coopéreront en matière de diversification des sources d’énergie, en mettant un accent particulier sur les sources d’énergie renouvelables et sur les actions en matière d’efficacité énergétique. L’UE apportera, à la demande du gouvernement égyptien, son soutien aux efforts déployés par l’Égypte pour mettre à jour sa stratégie énergétique intégrée qui vise à satisfaire les exigences du développement durable du pays et à réduire les émissions de gaz à effet de serre. En outre, la découverte de gisements de gaz offshore en Égypte offre un potentiel important de développement de synergies entre l’UE et l’Égypte dans le domaine des sources d’énergie conventionnelles, compte tenu des infrastructures de liquéfaction existantes dans le pays. Cela contribuerait à une production d’énergie plus prévisible, qui servirait les intérêts tant de l’Égypte, compte tenu de l’importance des besoins de consommation du pays et des potentialités sur le plan de la génération de revenus (notamment pour l’environnement des entreprises et le développement social), que de l’UE qui pourrait ainsi diversifier son approvisionnement. Le renforcement du dialogue sur l’énergie entre l’UE et l’Égypte permettra de déterminer les principaux domaines de coopération (tels que l’assistance technique visant à mettre en place un pôle énergétique régional), de recherche conjointe, de partage d’expérience et de meilleures pratiques, de transferts de technologies et de promotion de la coopération sous-régionale (intra-méditerranéenne), tout en reconnaissant la nécessité de préserver les écosystèmes marins méditerranéens.
L’UE et l’Égypte coopéreront à la promotion de l’action dans le domaine du climat et de l’environnement dans le contexte du développement durable. Conformément aux engagements pris à la suite de l’adoption de l’accord de Paris sur le changement climatique, l’UE soutiendra la mise en œuvre des contributions prévues déterminées au niveau national de l’Égypte dans les domaines de l’atténuation du changement climatique et de l’adaptation à celui-ci. En outre, L’UE et l’Égypte coopéreront en vue de la réalisation des objectifs définis, entre autres, dans le programme de développement à l’horizon 2030 et dans le cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe.