<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><CONCLUSION NNC="YES" xmlns:fmx="http://opoce" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:noNamespaceSchemaLocation="http://formex.publications.europa.eu/schema/formex-05.58-20161101.xd"><BIB.CONCLUSION><REF.CASE FILE="n.a."><NO.CASE>C-45/20</NO.CASE></REF.CASE><NO.CELEX>62020CC0045</NO.CELEX><NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2021:417">EU:C:2021:417</NO.ECLI><NO.SEQ>0001</NO.SEQ><PAGE.FIRST.ECR>1</PAGE.FIRST.ECR><PAGE.SEQ>1</PAGE.SEQ><PAGE.LAST.ECR>16</PAGE.LAST.ECR><PAGE.TOTAL>16</PAGE.TOTAL></BIB.CONCLUSION><CURR.TITLE><PAGE.HEADER><P><HT TYPE="SC">Conclusions de M. Tanchev –Affaires jointes C‑45/20 et C‑46/20</HT></P><P><HT TYPE="SC">Finanzamt N (Communication de l’affectation)</HT></P></PAGE.HEADER></CURR.TITLE><TITLE><TI><P><HT TYPE="UC">Conclusions de l’avocat général</HT></P><P><HT TYPE="UC">M. Evgeni Tanchev</HT></P><P>présentées le <DATE ISO="20210520">20 mai 2021</DATE><NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0001"><P>Langue originale : l’anglais.</P></NOTE></P></TI><STI><P><HT TYPE="BOLD">Affaires jointes C‑45/20 et C‑46/20</HT></P><P>E</P><P>contre</P><P>Finanzamt N (C‑45/20)</P><P>et</P><P>Z</P><P>contre</P><P>Finanzamt G (C‑46/20)</P><P><HT TYPE="NORMAL">[demandes de décision préjudicielle formées par le Bundesfinanzhof (Cour fédérale des finances, Allemagne)]</HT></P></STI></TITLE><INTERMEDIATE><INDEX IDX.CLOSE=" »" SEPARATOR=" – " IDX.OPEN="« "><KEYWORD>Renvoi préjudiciel</KEYWORD><KEYWORD>Taxe sur la valeur ajoutée</KEYWORD><KEYWORD>Déduction de la taxe payée en amont</KEYWORD><KEYWORD>Directive 2006/112/CE du Conseil, telle que modifiée par la directive 2009/162/CE du Conseil</KEYWORD><KEYWORD>Articles 167 et 168, sous a)</KEYWORD><KEYWORD>Installation d’un système d’énergie photovoltaïque</KEYWORD><KEYWORD>Installation d’un bureau dans un logement privé familial</KEYWORD><KEYWORD>Bien immeuble</KEYWORD><KEYWORD>Bien à usage mixte</KEYWORD><KEYWORD>Affectation au patrimoine d’une entreprise</KEYWORD><KEYWORD>Compatibilité avec le droit de l’Union du délai de forclusion d’un État membre aux fins de l’affectation et présomption en faveur d’une affectation au patrimoine privé en l’absence de preuves contraires</KEYWORD><KEYWORD>Perte du droit à déduction de la taxe payée en amont</KEYWORD></INDEX></INTERMEDIATE><CONTENTS.CONCLUSION><GR.SEQ LEVEL="1"><NP.ECR IDENTIFIER="NP0001"><NO.P>1.</NO.P><TXT>Par les présentes demandes de décision préjudicielle, le Bundesfinanzhof (Cour fédérale des finances, Allemagne), la juridiction de renvoi, demande des précisions quant à la jurisprudence de la Cour en matière d’affectation de biens d’investissement<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0002"><P>Il appartient cependant à la juridiction de renvoi de vérifier, au regard du droit national, si les biens en question en l’espèce sont effectivement des biens d’investissement. En vertu de l’article 189, sous a), de la directive TVA, les États membres ont la faculté de définir la notion de <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0001" ID="QS0001"/> biens d’investissement <QUOT.END REF.START="QS0001" CODE="00BB" ID="QE0001"/>. La Cour a jugé que cette notion recouvrait les biens qui, utilisés aux fins d’une activité économique, se distinguaient par leur caractère durable et leur valeur, lesquels impliquaient que les coûts d’acquisition ne soient pas normalement comptabilisés comme dépenses courantes, mais soient amortis au cours de plusieurs exercices. Voir, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20190327">27 mars 2019</DATE>, <NAME.CASE>Mydibel</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑201/18</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2019:254">EU:C:2019:254</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0023">23</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), qui fait référence à l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120216">16 février 2012</DATE>, <NAME.CASE>Eon Aset Menidjmunt</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑118/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:97">EU:C:2012:97</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0035">35</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE> et, plus spécifiquement, de biens immeubles<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0003"><P>Voir point 35 des présentes conclusions.</P></NOTE>, utilisés aussi bien dans le cadre d’une entreprise qu’à des fins privées (ci-après les <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0002" ID="QS0002"/> biens à usage mixte <QUOT.END REF.START="QS0002" CODE="00BB" ID="QE0002"/>), au patrimoine privé d’un assujetti ou au patrimoine de l’entreprise d’un assujetti, ou à une combinaison des deux (ci-après la <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0003" ID="QS0003"/> décision d’affectation <QUOT.END REF.START="QS0003" CODE="00BB" ID="QE0003"/>). Ces questions portent plus précisément sur les conséquences de la décision d’affectation sur le droit à déduction de la taxe payée en amont, en vertu des articles 167 et 168, sous a), de la directive<?PAGE NO="2"?> 2006/112/CE du Conseil, du <DATE ISO="20061128">28 novembre 2006</DATE>, relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0004"><P><REF.DOC.OJ COLL="L" NO.OJ="347" PAGE.FIRST="1" DATE.PUB="2006">JO 2006, L 347, p. 1</REF.DOC.OJ>.</P></NOTE>, telle que modifiée par la directive 2009/162/UE du Conseil, du <DATE ISO="20091222">22 décembre 2009</DATE><NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0005"><P><REF.DOC.OJ COLL="L" NO.OJ="010" PAGE.FIRST="14" DATE.PUB="2010">JO 2010, L 10, p. 14</REF.DOC.OJ>.</P></NOTE> (ci-après la <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0004" ID="QS0004"/> directive TVA <QUOT.END REF.START="QS0004" CODE="00BB" ID="QE0004"/>).</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0002"><NO.P>2.</NO.P><TXT>Les présentes questions préjudicielles portent sur la compatibilité avec le droit de l’Union, au regard notamment de la jurisprudence de la Cour dans l’arrêt du <DATE ISO="20180725">25 juillet 2018</DATE>, Gmina Ryjewo<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0006"><P><REF.DOC.ECR><NO.CASE>C‑140/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:595">EU:C:2018:595</NO.ECLI></REF.DOC.ECR>.</P></NOTE>, du délai de forclusion prévu dans le droit allemand aux fins de la communication à l’administration fiscale allemande de la décision d’affectation, dont l’expiration a été interprétée, dans la jurisprudence de la juridiction de renvoi, comme entraînant la perte du droit de déduire la taxe payée en amont. Il semble que cette même conséquence découle, dans la jurisprudence de la juridiction de renvoi, de la présomption d’affectation des biens à usage mixte au patrimoine privé d’un assujetti, qui s’applique en l’absence d’éléments suffisants pour démontrer le contraire.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0003"><NO.P>3.</NO.P><TXT>Je suis parvenu à la conclusion que, dans les circonstances des procédures au principal, l’interprétation du droit de l’État membre dans la jurisprudence de la juridiction de renvoi selon laquelle un assujetti perd le droit de déduire la taxe payée en amont pour n’avoir pas communiqué une décision d’affectation relative à des biens à usage mixte dans le délai prévu à cet effet par la législation nationale est incompatible avec les articles 167 et 168, sous a), de la directive TVA, en ce qu’elle n’est pas conforme aux principes de neutralité fiscale et de proportionnalité, dès lors qu’il n’est question, en aucun point du dossier, de soupçons d’évasion fiscale<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0007"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120712">12 juillet 2012</DATE>, <NAME.CASE>EMS-Bulgaria Transport</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑284/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:458">EU:C:2012:458</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0065">65</REF.NP.ECR> à <REF.NP.ECR REF="NP0070">70</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>). Voir également, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180412">12 avril 2018</DATE>, <NAME.CASE>Biosafe – Indústria de Reciclagens</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑8/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:249">EU:C:2018:249</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0039">39</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), faisant référence à l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160728">28 juillet 2016</DATE>, <NAME.CASE>Astone</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑332/15</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:614">EU:C:2016:614</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0052">52</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée). Voir également les récents arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180426">26 avril 2018</DATE>, <NAME.CASE>Zabrus Siret</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑81/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:283">EU:C:2018:283</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0032">32</REF.NP.ECR> à <REF.NP.ECR REF="NP0034">34</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0049">49</REF.NP.ECR> à <REF.NP.ECR REF="NP0051">51</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), ainsi que du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20200702">2 juillet 2020</DATE>, <NAME.CASE>Terracult</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑835/18</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2020:520">EU:C:2020:520</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0037">37</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0038">38</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. La même conclusion vaut s’agissant de la présomption susmentionnée d’affectation au patrimoine privé de l’assujetti lorsqu’elle a pour conséquence la perte du droit à déduction.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">I.</HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD">Le cadre juridique</HT></TXT></NP></TI></TITLE><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">A.</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">Le droit de l’Union</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0004"><NO.P>4.</NO.P><TXT>L’article 167 de la directive TVA dispose :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><ALINEA><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0005" ID="QS0005"/> Le droit à déduction prend naissance au moment où la taxe déductible devient exigible. <QUOT.END REF.START="QS0005" CODE="00BB" ID="QE0005"/></ALINEA></QUOT.S></P></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0005"><NO.P>5.</NO.P><TXT>L’article 168, sous a), de la directive TVA est ainsi libellé :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><ALINEA><P><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0006" ID="QS0006"/> Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de ses opérations taxées, l’assujetti a le droit, dans l’État membre dans lequel il effectue ces opérations, de déduire du montant de la taxe dont il est redevable les montants suivants :</P><LIST TYPE="alpha"><ITEM><NP><NO.P>a)</NO.P><TXT>la TVA due ou acquittée dans cet État membre pour les biens qui lui sont ou lui seront livrés et pour les services qui lui sont ou lui seront fournis par un autre assujetti ;</TXT></NP></ITEM></LIST><P>[...] <QUOT.END REF.START="QS0006" CODE="00BB" ID="QE0006"/></P></ALINEA></QUOT.S></P></NP.ECR><?PAGE NO="3"?><NP.ECR IDENTIFIER="NP0006"><NO.P>6.</NO.P><TXT>L’article 168 bis, paragraphe 1, de la directive TVA dispose :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><ALINEA><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0007" ID="QS0007"/> Dans le cas d’un bien immeuble faisant partie du patrimoine de l’entreprise d’un assujetti et utilisé par l’assujetti à la fois aux fins des activités de l’entreprise et pour son usage privé ou celui de son personnel ou, plus généralement, à des fins autres que celles de son entreprise, la TVA sur les dépenses liées à ce bien ne doit être déductible, conformément aux principes énoncés aux articles 167, 168, 169 et 173, qu’à proportion de son utilisation aux fins des activités de l’entreprise de l’assujetti.</ALINEA><ALINEA>Par dérogation à l’article 26, les changements dans la proportion de l’utilisation d’un bien immobilier visé au premier alinéa sont pris en compte, dans le respect des principes énoncés aux articles 184 à 192, tels qu’ils sont appliqués dans l’État membre concerné. <QUOT.END REF.START="QS0007" CODE="00BB" ID="QE0007"/></ALINEA></QUOT.S></P></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0007"><NO.P>7.</NO.P><TXT>L’article 250, paragraphe 1, de la directive TVA dispose :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><ALINEA><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0008" ID="QS0008"/> Tout assujetti doit déposer une déclaration de TVA dans laquelle figurent toutes les données nécessaires pour constater le montant de la taxe exigible et celui des déductions à opérer, y compris, et dans la mesure où cela est nécessaire pour la constatation de l’assiette, le montant global des opérations relatives à cette taxe et à ces déductions ainsi que le montant des opérations exonérées. <QUOT.END REF.START="QS0008" CODE="00BB" ID="QE0008"/></ALINEA></QUOT.S></P></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">B.</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">Le droit allemand</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0008"><NO.P>8.</NO.P><TXT>L’article 15, paragraphe 1, de l’Umsatzsteuergesetz (loi relative à la taxe sur la valeur ajoutée), du <DATE ISO="19791126">26 novembre 1979</DATE> (BGBl. 2005 I, p. 386, ci-après l’<QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0009" ID="QS0009"/> UStG <QUOT.END REF.START="QS0009" CODE="00BB" ID="QE0009"/>), dispose :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><P><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0010" ID="QS0010"/> L’entrepreneur peut déduire les montants suivants au titre de la taxe payée en amont :</P><PARAG IDENTIFIER="015.001"><NO.PARAG>1.</NO.PARAG><ALINEA>la taxe légalement due au titre des livraisons et autres prestations exécutées par un autre entrepreneur pour les besoins de son entreprise [...] <QUOT.END REF.START="QS0010" CODE="00BB" ID="QE0010"/></ALINEA></PARAG></QUOT.S></P></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0009"><NO.P>9.</NO.P><TXT>L’article 18, paragraphe 3, de l’UStG dispose :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><ALINEA><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0011" ID="QS0011"/> L’entrepreneur doit transmettre par voie électronique, dans la forme prescrite, pour l’année civile ou une période imposable plus courte, une déclaration fiscale dans laquelle il calcule lui-même, conformément à l’article 16, paragraphes 1 à 4, et à l’article 17, la taxe à acquitter ou l’excédent qui résulte en sa faveur (déclaration fiscale). Dans les cas prévus à l’article 16, paragraphes 3 et 4, la déclaration fiscale doit être transmise dans le mois suivant l’expiration de la période imposable plus courte. Afin d’éviter toute contrainte excessive, le Finanzamt peut, sur demande, renoncer à la transmission électronique. Dans ce cas, l’entrepreneur est tenu de transmettre une déclaration fiscale dans la forme prescrite par l’administration et de la signer manuellement. <QUOT.END REF.START="QS0011" CODE="00BB" ID="QE0011"/></ALINEA></QUOT.S></P></NP.ECR><?PAGE NO="4"?><NP.ECR IDENTIFIER="NP0010"><NO.P>10.</NO.P><TXT>L’article 149, paragraphe 2, de l’Abgabenordnung (code fiscal allemand), du <DATE ISO="19760316">16 mars 1976</DATE> (BGBl. 2002 I, p. 3866, ci-après le <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0012" ID="QS0012"/> code fiscal <QUOT.END REF.START="QS0012" CODE="00BB" ID="QE0012"/>), dans sa version en vigueur au moment du litige<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0008"><P>D’après les observations écrites du gouvernement allemand, la version en vigueur à compter du <DATE ISO="20111101">1<HT TYPE="SUP">er</HT> novembre 2011</DATE> est celle qui s’applique.</P></NOTE>, dispose :</TXT><P><QUOT.S LEVEL="1"><ALINEA><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0013" ID="QS0013"/> Sauf dispositions contraires des lois fiscales, les déclarations fiscales qui se rapportent à une année civile ou à un moment déterminé par la loi doivent être déposées au plus tard dans les cinq mois qui suivent [...] <QUOT.END REF.START="QS0013" CODE="00BB" ID="QE0013"/></ALINEA></QUOT.S></P></NP.ECR></GR.SEQ></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">II.</HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD">Les faits, les procédures au principal et les questions préjudicielles</HT></TXT></NP></TI></TITLE><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">A.</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">C‑45/20, E/Finanzamt N (ci-après l’<QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0014" ID="QS0014"/> affaire E <QUOT.END REF.START="QS0014" CODE="00BB" ID="QE0014"/>)</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0011"><NO.P>11.</NO.P><TXT>Le requérant dans l’affaire E exploite une entreprise d’échafaudages. En 2014, il a mis en projet la construction d’une maison unifamiliale qui devait, conformément aux plans établis par un bureau d’architecte, datés du <DATE ISO="20140729">29 juillet 2014</DATE>, accueillir à son rez-de-chaussée une pièce de <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0015" ID="QS0015"/> bureau <QUOT.END REF.START="QS0015" CODE="00BB" ID="QE0015"/> d’une superficie de 16,57 m<HT TYPE="SUP">2</HT>. La maison, par ailleurs réservée à un usage privé, devait avoir une surface utile totale de 149,75 m<HT TYPE="SUP">2</HT>. Les factures relatives à la construction de la maison, bureau compris, ont été établies entre le mois d’octobre 2014 et le mois de novembre 2014<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0009"><P>D’après les observations écrites du Finanzamt N.</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0012"><NO.P>12.</NO.P><TXT>Le requérant n’a pas fait valoir la déduction au prorata des taxes payées en amont relatives au bureau dans les déclarations provisoires (mensuelles) qu’il était tenu de déposer au titre des années 2014 et 2015 en vertu de l’article 18, paragraphe 2, deuxième phrase, de l’UStG, mais l’a fait valoir, pour la première fois, dans la déclaration annuelle de la TVA établie au titre de l’année 2015, conformément à l’article 18, paragraphe 3, première phrase, de l’UStG<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0010"><P>D’après les observations écrites du Finanzamt N.</P></NOTE>. Cette déclaration a été reçue le <DATE ISO="20160928">28 septembre 2016</DATE> par le Finanzamt N (centre des impôts).</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0013"><NO.P>13.</NO.P><TXT>Le centre des impôts, par une décision du <DATE ISO="20170405">5 avril 2017</DATE>, a fixé la taxe sur le chiffre d’affaires de E pour l’année 2015, sans admettre la déduction du montant de [X] euros, correspondant selon E à la taxe payée en amont afférente au bureau en question. Le centre des impôts a rejeté la réclamation en tant que non fondée par une décision du <DATE ISO="20180117">17 janvier 2018</DATE>. Le recours qui a été introduit contre cette réclamation a également été rejeté. Dans son arrêt du <DATE ISO="20180319">19 mars 2018</DATE>, le Sächsisches Finanzgericht (tribunal des finances de Saxe, Allemagne) a indiqué que la déduction de la taxe payée en amont sollicitée n’était pas envisageable, car l’affectation du bien au patrimoine de l’entreprise n’était pas intervenue en temps utile, c’est-à-dire avant le <DATE ISO="20150531">31 mai 2015</DATE> inclus.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0014"><NO.P>14.</NO.P><TXT>Il est indiqué dans la décision de renvoi que, conformément à la jurisprudence de la juridiction de renvoi, il résulte du principe de la déduction immédiate de la taxe acquittée en amont que la décision d’affectation doit être prise dès l’acquisition ou la production du bien<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0011"><P>BFH-Arrêt BFHE 234, 519, BStBl II 2014, 76, Rz 23 ; BFH/NV 2012, 808, Rz 18 ; BFH/NV 2012, 1828, Rz 28ff. ; BFH/NV 2013, 266, Rz 38.</P></NOTE>. La jurisprudence de la juridiction de renvoi indique par ailleurs qu’à des fins pratiques, l’assujetti peut faire connaître cette décision d’affectation au moyen d’éléments en témoignant. Toutefois, aux termes de l’article 18, paragraphe 3, de l’UStG, cela doit intervenir, au plus tard et avec effet définitif, dans une déclaration de la taxe sur le chiffre d’affaires établie pour l’année dont relève<?PAGE NO="5"?> l’acquisition de la prestation<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0012"><P>BFH-Arrêt BFHE 234, 519, BStBl II 2014, 76, Rz 24ff., 34 ; BFHE 234, 531, BStB1 II 2014, 81, Rz 24ff. ; BFH/NV 2013, 266, Rz 40f. ; BFH Beschluss BFH/NV 2017, 922, Rz 5, jeweils m.w.N, et jurisprudence respectivement citée.</P></NOTE>. Cette date limite est fixée dans la jurisprudence de la juridiction de renvoi par référence à l’expiration du délai légal général de dépôt des déclarations fiscales, conformément à l’article 149, paragraphe 2, du code fiscal. Cette date, dans l’affaire au principal, était le 31 mai de l’année suivante, à savoir l’année 2015<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0013"><P>BFH-Arrêt BFHE 234, 519, BSt1 II2014, 76, Rz 33 ff. ; BFH/NV 2013, 266, Rz 40f. ; BFH/NV 2014, 1097, Rz 14 ; BFH-Beschlüsse, BFH/NV 2014, 914, Rz 6 ; BFH/NV 2017, 922, Rz 5. Conformément à la décision de renvoi, il s’agit à présent du 31 juillet de l’année suivante.</P></NOTE>. Par ailleurs, selon la jurisprudence de la juridiction de renvoi, les prolongations de délai accordées pour le dépôt des déclarations fiscales définitives n’ont pas pour conséquence de prolonger le délai aux fins de la communication des éléments témoignant de la décision d’affectation<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0014"><P>BFH-Arrêt, BFHE 234, 531, BStB1 II 2014, 81, Rz 36f. ; BFH/NV 2012, 808, Rz 18.</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0015"><NO.P>15.</NO.P><TXT>Dans son pourvoi devant la juridiction de renvoi, E a fait valoir qu’il n’était pas essentiel qu’il n’ait pas communiqué au centre des impôts les éléments indiquant sa décision d’affectation au moyen de la déclaration de la taxe sur le chiffre d’affaires, étant donné que les plans d’architecte et l’utilisation effective du bureau exclusivement aux fins des activités de l’entreprise constituent des indices suffisants de son affectation au patrimoine de l’entreprise.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">B.</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">C‑46/20, Z/Finanzamt G (ci-après l’<QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0016" ID="QS0016"/> affaire Z <QUOT.END REF.START="QS0016" CODE="00BB" ID="QE0016"/>)</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0016"><NO.P>16.</NO.P><TXT>L’affaire Z a pour objet la déduction de la TVA payée en amont durant l’année 2014, lorsque Z s’est équipé d’une installation photovoltaïque. Le requérant Z utilisait en partie le courant produit pour sa propre consommation, le reste étant injecté dans le réseau électrique auprès d’un fournisseur d’énergie. Le contrat relatif à l’injection de l’énergie dans le réseau électrique a été conclu au cours de l’exercice litigieux et prévoyait une rémunération, à laquelle s’ajoutait la taxe sur le chiffre d’affaires.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0017"><NO.P>17.</NO.P><TXT>Le <DATE ISO="20160229">29 février 2016</DATE>, Z a déposé la déclaration de la taxe sur le chiffre d’affaires pour l’exercice litigieux et a déclaré une taxe d’un montant de [X] euros. Les montants afférents à la taxe payée en amont concernaient pour l’essentiel la taxe figurant sur la facture du <DATE ISO="20140911">11 septembre 2014</DATE> pour la livraison et la mise en place de l’installation photovoltaïque. Z n’avait déposé aucune déclaration relative à l’installation photovoltaïque auparavant. La partie défenderesse, le Finanzamt G (centre des impôts), a dans un premier temps approuvé la déclaration de la taxe sur le chiffre d’affaires pour l’exercice litigieux.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0018"><NO.P>18.</NO.P><TXT>À la suite d’un contrôle fiscal spécifique sur la taxe sur le chiffre d’affaires, le centre des impôts a considéré que la déduction de la taxe payée en amont figurant dans la facture du <DATE ISO="20140911">11 septembre 2014</DATE> ne pouvait pas être accordée. Selon lui, Z n’avait pas pris de décision d’affectation du bien au patrimoine de l’entreprise en temps utile, c’est-à-dire avant le <DATE ISO="20150531">31 mai 2015</DATE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0019"><NO.P>19.</NO.P><TXT>Le centre des impôts a ensuite fixé en conséquence la taxe sur le chiffre d’affaires de Z pour l’exercice litigieux par un avis d’imposition du <DATE ISO="20161130">30 novembre 2016</DATE>, modifié en dernier lieu par une décision du <DATE ISO="20170327">27 mars 2017</DATE>. Tant la réclamation, sur laquelle il a été statué par une décision du <DATE ISO="20170518">18 mai 2017</DATE>, que le recours, ont été rejetés. Le Finanzgericht Baden-Württemberg (tribunal des finances de Bade-Wurtemberg, Allemagne) indique en substance dans son arrêt du <DATE ISO="20180912">12 septembre 2018</DATE> que Z, qui disposait d’un droit de choisir l’affectation de l’installation photovoltaïque en question, n’avait pas affecté celle-ci en temps utile au patrimoine de son<?PAGE NO="6"?> entreprise. Cela découlait d’une jurisprudence contraignante pour le Finanzgericht (tribunal des finances) (voir point 14 des présentes conclusions). Cette approche reste, selon lui, valable, y compris au regard de la jurisprudence de la Cour entre-temps intervenue.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0020"><NO.P>20.</NO.P><TXT>Devant le Finanzgericht (tribunal des finances), Z a fait valoir qu’il y avait lieu, compte tenu notamment de l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180725">25 juillet 2018</DATE>, <NAME.CASE>Gmina Ryjewo</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑140/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:595">EU:C:2018:595</NO.ECLI></REF.DOC.ECR>), de remettre en cause la jurisprudence de la juridiction de renvoi relative à la communication, dans un délai relativement bref, des éléments qui témoignent de la décision d’affectation de biens d’investissement faisant l’objet d’un usage mixte.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0021"><NO.P>21.</NO.P><TXT>Conformément à la décision de renvoi, le centre des impôts a défendu la décision attaquée et a fait observer que le requérant, avant l’exploitation commerciale de l’installation photovoltaïque, n’était pas un entrepreneur au sens de la législation sur la taxe sur le chiffre d’affaires et que, dans le cas de figure dans lequel la Cour s’était prononcée dans l’affaire Gmina Ryjewo (C‑140/17), le droit de choisir l’affectation était inexistant.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0022"><NO.P>22.</NO.P><TXT>Dans ces circonstances, la juridiction de renvoi a décidé de surseoir à statuer dans les procédures faisant l’objet des affaires C‑45/20 et C‑46/20 et de poser à la Cour les questions préjudicielles suivantes :</TXT><QUOT.S LEVEL="1"><LIST TYPE="OTHER"><ITEM><NP><NO.P><QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0017" ID="QS0017"/> 1)</NO.P><TXT>Les dispositions combinées de l’article 168, sous a), et de l’article 167 de la [directive TVA] s’opposent-elles à une jurisprudence nationale qui, dans les cas dans lesquels l’assujetti dispose, lors de l’acquisition d’une prestation, du droit d’en choisir l’affectation, exclut le droit à déduction lorsque aucune décision d’affectation identifiable par l’administration fiscale n’est intervenue avant l’expiration du délai légal de dépôt de la déclaration annuelle de la taxe sur le chiffre d’affaires ?</TXT></NP></ITEM><ITEM><NP><NO.P>2)</NO.P><TXT>L’article 168, sous a), de la [directive TVA] s’oppose-t-il à une jurisprudence nationale qui considère qu’en l’absence d’indices (suffisants) d’une affectation au patrimoine de l’entreprise, une prestation est affectée au patrimoine privé, ou qu’il existe une présomption en ce sens ? <QUOT.END REF.START="QS0017" CODE="00BB" ID="QE0017"/></TXT></NP></ITEM></LIST></QUOT.S></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0023"><NO.P>23.</NO.P><TXT>La Cour a soumis des questions écrites au gouvernement allemand et à la Commission européenne. Le gouvernement allemand a répondu le <DATE ISO="20201214">14 décembre 2020</DATE> et la Commission le <DATE ISO="20201216">16 décembre 2020</DATE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0024"><NO.P>24.</NO.P><TXT>Des observations écrites sur les questions préjudicielles ont été présentées par le Finanzamt N (s’agissant de l’affaire E), le gouvernement allemand et la Commission. Il n’y a pas eu d’audience.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">III.</HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD">Observations liminaires</HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0025"><NO.P>25.</NO.P><TXT>Je propose de répondre aux questions soulevées dans la décision de renvoi dans l’ordre suivant.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0026"><NO.P>26.</NO.P><TXT>En premier lieu, la première question à traiter sera nécessairement la question de savoir si E et Z bénéficiaient tous deux d’un droit de déduction de la taxe payée en amont au moment de l’acquisition des biens à usage mixte en cause, à savoir une maison dans le cas de E et une installation photovoltaïque dans le cas de Z. L’appréciation en la matière est directement liée à la décision d’affectation, dès lors que, comme cela ressort des observations écrites du gouvernement<?PAGE NO="7"?> allemand, le fait que la taxe payée en amont soit déductible ou non dépend de la manière dont la personne a affecté les biens à usage mixte concernés<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0015"><P>Voir, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120322">22 mars 2012</DATE>, <NAME.CASE>Klub</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑153/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:163">EU:C:2012:163</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0038">38</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0039">39</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> ainsi que jurisprudence citée).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0027"><NO.P>27.</NO.P><TXT>En deuxième lieu, comme l’a également fait valoir le gouvernement allemand dans ses observations écrites, il est tout aussi déterminant, aux fins de la solution des litiges au principal, de savoir si l’existence d’une décision d’affectation identifiable relative aux biens à usage mixte est une condition de fond ou une condition formelle dans le droit de l’Union en matière de TVA. En effet, ne pas se conformer à une condition formelle pour un assujetti ne le prive pas nécessairement du droit à déduction de la taxe payée en amont, contrairement à une condition de fond<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0016"><P>Voir, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180412">12 avril 2018</DATE>, <NAME.CASE>Biosafe – Indústria de Reciclagens</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑8/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:249">EU:C:2018:249</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0030">30</REF.NP.ECR> à <REF.NP.ECR REF="NP0033">33</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée). Voir également, par exemple, arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120712">12 juillet 2012</DATE>, <NAME.CASE>EMS-Bulgaria Transport</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑284/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:458">EU:C:2012:458</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0060">60</REF.NP.ECR> à <REF.NP.ECR REF="NP0063">63</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20171115">15 novembre 2017</DATE>, <NAME.CASE>Geissel et Butin</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑374/16 et C‑375/16</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2017:867">EU:C:2017:867</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0040">40</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Comme cela sera expliqué dans les présentes conclusions, je suis parvenu à la conclusion que l’existence d’une décision d’affectation identifiable est une condition de fond du droit de déduire la taxe payée en amont s’agissant de biens à usage mixte, qui peut toutefois être établie par des éléments démontrant, de manière objective, l’existence d’une telle décision d’affectation. À ce jour, la jurisprudence n’a jamais exigé d’aucun assujetti qu’il fasse une déclaration spécifique auprès des autorités fiscales d’un État membre consacrée à la décision d’affectation. Dans cette section, j’aborderai également l’étendue du pouvoir discrétionnaire des États membres pour fixer le délai de communication d’une décision d’affectation identifiable aux autorités fiscales nationales.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0028"><NO.P>28.</NO.P><TXT>En troisième lieu, après avoir traité ces aspects, je conclurai en répondant aux questions préjudicielles formées par la juridiction de renvoi.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0029"><NO.P>29.</NO.P><TXT>Pour ce qui est de la pertinence de l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180725">25 juillet 2018</DATE>, <NAME.CASE>Gmina Ryjewo</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑140/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:595">EU:C:2018:595</NO.ECLI></REF.DOC.ECR>), il est important de relever que cette affaire ne portait pas sur les conséquences découlant i) de l’affectation totale de biens d’investissement à usage mixte au patrimoine de l’entreprise, ii) de leur rétention intégrale dans le patrimoine privé, les excluant ainsi totalement du régime de la TVA, ni iii) de leur intégration dans le patrimoine de l’entreprise uniquement dans la mesure dans laquelle ils étaient véritablement utilisés aux fins des activités de l’entreprise<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0017"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20090423">23 avril 2009</DATE>, <NAME.CASE>Puffer</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑460/07</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2009:254">EU:C:2009:254</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0039">39</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée). Voir également, par exemple, arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120216">16 février 2012</DATE>, <NAME.CASE>Eon Aset Menidjmunt</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑118/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:97">EU:C:2012:97</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0053">53</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20150709">9 juillet 2015</DATE>, <NAME.CASE>Trgovina Prizma</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑331/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:456">EU:C:2015:456</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0020">20</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0030"><NO.P>30.</NO.P><TXT>L’affaire Gmina Ryjewo (C‑140/17) portait en revanche sur les conséquences de la situation dans laquelle un bien immeuble avait été utilisé par une commune à des fins de transactions non soumises à l’impôt dans un premier temps, puis à des fins de transactions soumises à l’impôt, ainsi que sur les conséquences de cette situation en matière de déduction de la taxe payée en amont lors de la construction de cet immeuble. Partant, je souscris aux conclusions présentées dans les observations écrites du Finanzamt N, selon lesquelles, contrairement à certains points de vue exprimés dans la doctrine, il ne ressort pas de la jurisprudence de la Cour dans l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180725">25 juillet 2018</DATE>, <NAME.CASE>Gmina Ryjewo</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑140/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:595">EU:C:2018:595</NO.ECLI></REF.DOC.ECR>), qu’il ne serait plus nécessaire qu’une décision d’affectation soit prise à l’égard de biens à usage mixte pour déterminer si l’assujetti agit en tant que tel.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0031"><NO.P>31.</NO.P><TXT>Tant le gouvernement allemand que le Finanzamt N se sont prononcés, dans leurs observations écrites, en faveur d’un impact réduit de l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180725">25 juillet 2018</DATE>, <NAME.CASE>Gmina Ryjewo</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑140/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:595">EU:C:2018:595</NO.ECLI></REF.DOC.ECR>), sur l’issue des procédures au principal, en raison notamment des<?PAGE NO="8"?> différences entre l’objet du litige dans cette affaire et dans les affaires au principal. Je me limiterai à indiquer qu’il sera fait référence à cet arrêt dans les présentes conclusions dans la mesure où il est pertinent au regard du point de droit devant être résolu en l’espèce.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">IV.</HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD">Analyse</HT></TXT></NP></TI></TITLE><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">A.</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">L’existence d’un droit à la déduction</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0032"><NO.P>32.</NO.P><TXT>L’article 167 de la directive TVA constitue le point de départ dans la jurisprudence. Aux termes de cet article, le droit à déduction prend naissance au moment où la taxe déductible devient exigible. La qualité en laquelle un particulier agit à ce moment peut déterminer l’existence d’un droit à déduction<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0018"><P>Voir conclusions de l’avocate générale Kokott dans l’affaire <REF.DOC.ECR><NAME.CASE>Szef Krajowej Administracji Skarbowej</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑140/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:273">EU:C:2018:273</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0028">28</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), faisant référence à l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="19910711">11 juillet 1991</DATE>, <NAME.CASE>Lennartz</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑97/90</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:1991:315">EU:C:1991:315</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0008">8</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0009">9</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>). Voir également arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180228">28 février 2018</DATE>, <NAME.CASE>Imofloresmira – Investimentos Imobiliários</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑672/16</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:134">EU:C:2018:134</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0035">35</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20060330">30 mars 2006</DATE>, <NAME.CASE>Uudenkaupungin kaupunki</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑184/04</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2006:214">EU:C:2006:214</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0038">38</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0033"><NO.P>33.</NO.P><TXT>En vertu de l’article 168, sous a), de la directive TVA, les biens ou services invoqués pour fonder ce droit doivent être utilisés en aval par l’assujetti pour les besoins de ses propres opérations taxées tandis que, en amont, ces biens ou services doivent être fournis par un autre assujetti<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0019"><P>Voir, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160915">15 septembre 2016</DATE>, <NAME.CASE>Barlis 06 – Investimentos Imobiliários e Turísticos</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑516/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:690">EU:C:2016:690</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0040">40</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), faisant référence à l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20151022">22 octobre 2015</DATE>, <NAME.CASE>PPUH Stehcemp</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑277/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:719">EU:C:2015:719</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0028">28</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Puisque tant le bureau que l’installation photovoltaïque ont, semble-t-il, été utilisés aux fins des activités des entreprises, il sera satisfait à cette condition s’ils ont été fournis en amont par un autre assujetti<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0020"><P>Ce fait n’est pas directement abordé dans le dossier. Il n’est cependant pas contesté que tant E que Z ont payé la taxe en amont sur les biens en question.</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0034"><NO.P>34.</NO.P><TXT>Il ressort d’une jurisprudence constante de la Cour qu’il n’y a pas de droit à déduction de la taxe payée en amont pour les biens affectés intégralement au patrimoine privé<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0021"><P>Voir, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20010308">8 mars 2001</DATE>, <NAME.CASE>Bakcsi</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑415/98</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2001:136">EU:C:2001:136</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0027">27</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>). Dans le contexte des biens fonciers, voir arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20150709">9 juillet 2015</DATE>, <NAME.CASE>Trgovina Prizma</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑331/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:456">EU:C:2015:456</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0021">21</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Il existe un droit partiel à la déduction si les biens à usage mixte sont affectés en partie au patrimoine de l’entreprise. La partie qui n’est pas utilisée pour effectuer des prestations ou des livraisons professionnelles taxables ne relève pas du champ d’application du système de la TVA et ne doit pas être prise en compte pour l’application de l’article 168, sous a), de la directive 2006/112<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0022"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="19951004">4 octobre 1995</DATE>, <NAME.CASE>Armbrecht</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑291/92</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:1995:304">EU:C:1995:304</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0028">28</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Toutefois, si les biens à usage mixte sont affectés en totalité au patrimoine de l’entreprise, alors la totalité de la taxe payée en amont est déductible<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0023"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120322">22 mars 2012</DATE>, <NAME.CASE>Klub</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑153/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:163">EU:C:2012:163</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0038">38</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée).</P></NOTE>. Si un assujetti choisit d’affecter un bien d’investissement qu’il utilise à des fins privées et d’entreprise au patrimoine de l’entreprise, il a en principe le droit de déduire, entièrement et immédiatement, la TVA payée en amont au titre de l’acquisition de ce bien<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0024"><P>Voir, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20130718">18 juillet 2013</DATE>, <NAME.CASE>Medicom et Maison Patrice Alard</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑210/11 et C‑211/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2013:479">EU:C:2013:479</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0024">24</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0035"><NO.P>35.</NO.P><TXT>Une modification importante a cependant été apportée à la directive TVA par l’introduction de la directive 2009/162, à savoir l’article 168 bis, qui est pertinent aux fins des procédures au principal. Comme cela est indiqué au point 6 des présentes conclusions, la TVA sur les dépenses liées à un bien immeuble ne doit être déductible qu’à proportion de son utilisation aux fins des<?PAGE NO="9"?> activités de l’entreprise de l’assujetti. Même s’il s’agit d’un aspect qui doit être vérifié par la juridiction de renvoi, tant le bureau situé dans une maison dans l’affaire E que l’installation photovoltaïque dans l’affaire Z semblent être des biens immeubles<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0025"><P>Voir article 13 ter du règlement d’exécution (UE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 282/2011 du Conseil, du <DATE ISO="20110315">15 mars 2011</DATE>, portant mesures d’exécution de la [directive TVA] (<REF.DOC.OJ COLL="L" NO.OJ="077" PAGE.FIRST="1" DATE.PUB="2011">JO 2011, L 77, p. 1</REF.DOC.OJ>), tel que modifié par le règlement d’exécution (UE) n<HT TYPE="SUP">o</HT> 1042/2013 du Conseil, du <DATE ISO="20131007">7 octobre 2013</DATE> (<REF.DOC.OJ COLL="L" NO.OJ="284" PAGE.FIRST="1" DATE.PUB="2013">JO 2013, L 284, p. 1</REF.DOC.OJ>). Voir également, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20121115">15 novembre 2012</DATE>, <NAME.CASE>Leichenich</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑532/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:720">EU:C:2012:720</NO.ECLI></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0036"><NO.P>36.</NO.P><TXT>En tout état de cause, c’est une déduction partielle de la TVA payée en amont, du fait de l’affectation partielle des biens à usage mixte au patrimoine de l’entreprise, qui est demandée par les requérants dans les procédures au principal. Dans l’affaire E, il s’agit d’une déduction partielle puisqu’il ne s’agit que du bureau de la maison. Dans l’affaire Z, la déduction demandée est également partielle, car elle est relative à l’installation photovoltaïque, et est ainsi proportionnelle et liée à la mesure dans laquelle elle est utilisée à des fins économiques<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0026"><P>S’agissant de l’importance du prorata de déduction dans le cas des biens à usage mixte, voir arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20190508">8 mai 2019</DATE>, <NAME.CASE>Związek Gmin Zagłębia Miedziowego</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑566/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2019:390">EU:C:2019:390</NO.ECLI></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0037"><NO.P>37.</NO.P><TXT>Il est de jurisprudence constante que celui qui effectue des dépenses d’investissement dans l’intention, confirmée par des éléments objectifs, d’exercer une activité économique, au sens de l’article 9, paragraphe 1, de la directive TVA, doit être considéré comme étant un assujetti<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0027"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20151022">22 octobre 2015</DATE>, <NAME.CASE>Sveda</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑126/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:712">EU:C:2015:712</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0020">20</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Rappelons que, conformément à l’article 168 de cette directive, la TVA est déductible dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins des opérations taxées de l’assujetti. Agissant en tant que tel, ce dernier a donc, conformément aux articles 167 et suivants de ladite directive, le droit de déduire immédiatement la TVA due ou acquittée sur les dépenses d’investissement effectuées pour les besoins des opérations qu’il envisage de faire et qui ouvrent droit à déduction. Ce droit à déduction prend naissance, conformément aux articles 63 et 167 de la même directive, au moment où la taxe devient exigible, soit lors de la livraison des biens<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0028"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20151022">22 octobre 2015</DATE>, <NAME.CASE>Sveda</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑126/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:712">EU:C:2015:712</NO.ECLI></REF.DOC.ECR>), faisant référence aux arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20121129">29 novembre 2012</DATE>, <NAME.CASE>Gran Via Moineşti</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑257/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:759">EU:C:2012:759</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0027">27</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120322">22 mars 2012</DATE>, <NAME.CASE>Klub</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑153/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:163">EU:C:2012:163</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0036">36</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0038"><NO.P>38.</NO.P><TXT>Je suis cependant d’avis que, selon une jurisprudence constante, l’assujetti n’est en réalité pas <HT TYPE="ITALIC">tenu</HT> de déduire la taxe payée en amont dès la naissance de ce droit, et ce au vu de deux aspects qui revêtent de l’importance dans les procédures au principal. En premier lieu, même si le Finanzamt N et le gouvernement allemand font valoir à bon droit que, selon la Cour, le droit à déduction de la taxe payée en amont s’exerce immédiatement pour la totalité des taxes ayant grevé les opérations effectuées en amont<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0029"><P>Voir, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160728">28 juillet 2016</DATE>, <NAME.CASE>Astone</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑332/15</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:614">EU:C:2016:614</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0044">44</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>, cela ne signifie pas que le droit de l’Union autorise les États membres, en toute circonstance, à exclure le droit à déduction en cas de non-respect du délai fixé dans le droit national pour présenter une demande de déduction aux autorités fiscales, en particulier en l’absence d’éléments établissant une fraude<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0030"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120712">12 juillet 2012</DATE>, <NAME.CASE>EMS-Bulgaria Transport</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑284/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:458">EU:C:2012:458</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0065">65</REF.NP.ECR> à <REF.NP.ECR REF="NP0070">70</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>). Voir également, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180412">12 avril 2018</DATE>, <NAME.CASE>Biosafe – Indústria de Reciclagens</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑8/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:249">EU:C:2018:249</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0039">39</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), faisant référence à l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160728">28 juillet 2016</DATE>, <NAME.CASE>Astone</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑332/15</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:614">EU:C:2016:614</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0052">52</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée). Voir également les récents arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180426">26 avril 2018</DATE>, <NAME.CASE>Zabrus Siret</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑81/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:283">EU:C:2018:283</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0032">32</REF.NP.ECR> à <REF.NP.ECR REF="NP0034">34</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0049">49</REF.NP.ECR> à <REF.NP.ECR REF="NP0051">51</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), ainsi que du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20200702">2 juillet 2020</DATE>, <NAME.CASE>Terracult</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑835/18</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2020:520">EU:C:2020:520</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0037">37</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0038">38</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Cet aspect sera développé aux points 50 à 60 des présentes conclusions.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0039"><NO.P>39.</NO.P><TXT>En second lieu, comme le soutient la Commission dans ses observations écrites, l’envoi d’une demande spécifique de déduction de la taxe payée en amont aux autorités fiscales n’est pas essentiel pour démontrer l’existence d’une décision d’affectation au moment de l’acquisition des biens à usage mixte concernés.</TXT></NP.ECR><?PAGE NO="10"?><NP.ECR IDENTIFIER="NP0040"><NO.P>40.</NO.P><TXT>La question de savoir si l’assujetti a agi en tant que tel pour les besoins d’une activité économique (voir article 9, paragraphe 1, de la directive TVA) constitue une question de fait qui doit être appréciée compte tenu de l’ensemble des données de l’espèce, parmi lesquelles figurent la nature du bien visé et la période écoulée entre son acquisition et son utilisation aux fins des activités économiques de cet assujetti. Il revient à la juridiction de renvoi d’effectuer cette appréciation<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0031"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20151022">22 octobre 2015</DATE>, <NAME.CASE>Sveda</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑126/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:712">EU:C:2015:712</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0021">21</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), faisant référence à l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120322">22 mars 2012</DATE>, <NAME.CASE>Klub</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑153/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:163">EU:C:2012:163</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0040">40</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0041">41</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>). Voir également, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20010308">8 mars 2001</DATE>, <NAME.CASE>Bakcsi</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑415/98</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2001:136">EU:C:2001:136</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0029">29</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0041"><NO.P>41.</NO.P><TXT>Il est important de relever que, dans l’arrêt Gmina Rykewo, la Cour a considéré que <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0018" ID="QS0018"/> si une déclaration univoque et expresse de l’intention d’affecter le bien à un usage économique lors de son acquisition peut être suffisante pour conclure que le bien a été acquis par l’assujetti agissant en tant que tel, l’absence d’une telle déclaration n’exclut pas qu’une telle intention puisse apparaître de manière implicite <QUOT.END REF.START="QS0018" CODE="00BB" ID="QE0018"/><NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0032"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180725">25 juillet 2018</DATE>, <NAME.CASE>Gmina Ryjewo</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑140/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:595">EU:C:2018:595</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0047">47</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Comme je l’ai indiqué dans les présentes conclusions, la Cour a ainsi interprété la notion d’<QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0019" ID="QS0019"/> activité économique <QUOT.END REF.START="QS0019" CODE="00BB" ID="QE0019"/> figurant à l’article 9, paragraphe 1, de la directive TVA dans le contexte du litige faisant l’objet de l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180725">25 juillet 2018</DATE>, <NAME.CASE>Gmina Rykewo</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑140/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:595">EU:C:2018:595</NO.ECLI></REF.DOC.ECR>), dans le cadre duquel le droit à déduction était revendiqué du fait d’une modification de la destination d’un bien d’investissement, passée de non économique à économique<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0033"><P>Voir point 30 des présentes conclusions.</P></NOTE>. Dès lors que le refus du droit à déduction forme une exception à l’application du principe fondamental que constitue ce droit<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0034"><P>Voir point 58 des présentes conclusions.</P></NOTE>, le principe énoncé dans l’arrêt Gmina Rykewo doit s’appliquer de la même manière à l’établissement de l’existence d’une décision d’affectation. Je suis d’accord avec l’affirmation de la Commission selon laquelle il s’agit là de la seule interprétation cohérente, au regard de l’acception large de la notion d’acquisition en qualité d’<QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0020" ID="QS0020"/> assujetti <QUOT.END REF.START="QS0020" CODE="00BB" ID="QE0020"/> établie dans la jurisprudence<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0035"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180725">25 juillet 2018</DATE>, <NAME.CASE>Gmina Ryjewo</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑140/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:595">EU:C:2018:595</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0054">54</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0042"><NO.P>42.</NO.P><TXT>Ainsi, il y a lieu de déterminer si E et Z ont acquis ou produit les biens d’investissement concernés dans l’intention, confirmée par des éléments objectifs, d’exercer une activité économique et ont, par conséquent, agi en tant qu’assujettis, au sens de l’article 9, paragraphe 1, de la directive TVA<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0036"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20151022">22 octobre 2015</DATE>, <NAME.CASE>Sveda</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑126/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:712">EU:C:2015:712</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0023">23</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Existe-t-il un lien direct et immédiat entre une opération particulière en amont et une ou plusieurs opérations en aval ouvrant droit à déduction<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0037"><P>Voir point 27 de l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20151022">22 octobre 2015</DATE>, <NAME.CASE>Sveda</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑126/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:712">EU:C:2015:712</NO.ECLI></REF.DOC.ECR>), faisant référence à l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20091029">29 octobre 2009</DATE>, <NAME.CASE>SKF</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑29/08</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2009:665">EU:C:2009:665</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0057">57</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>). Comme l’a relevé la Cour dans son arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120216">16 février 2012</DATE>, <NAME.CASE>Eon Aset Menidjmunt</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑118/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:97">EU:C:2012:97</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0045">45</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0047">47</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> ainsi que jurisprudence citée) : <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0021" ID="QS0021"/> Le critère tiré de l’utilisation du bien ou du service pour les besoins d’opérations relevant de l’activité économique de l’entreprise diffère selon qu’il s’agit de l’acquisition d’un service ou d’un bien d’investissement <QUOT.END REF.START="QS0021" CODE="00BB" ID="QE0021"/> (point 45). Dans le cas d’un bien d’investissement, le droit à déduction est admis, en tout état de cause, <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0022" ID="QS0022"/> lorsque les coûts des services concernés font partie des frais généraux [de l’assujetti] et sont, en tant que tels, des éléments constitutifs du prix des biens ou des services qu’il fournit <QUOT.END REF.START="QS0022" CODE="00BB" ID="QE0022"/> (point 47). Voir, également, sur l’existence du lien requis, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20190508">8 mai 2019</DATE>, <NAME.CASE>Związek Gmin Zagłębia Miedziowego</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑566/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2019:390">EU:C:2019:390</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0027">27</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée).</P></NOTE> ?</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0043"><NO.P>43.</NO.P><TXT>Bien que l’appréciation appartienne à la juridiction de renvoi, rien dans le dossier n’indique l’absence du lien requis s’agissant de la construction du bureau dans l’affaire E<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0038"><P>L’affaire E est, en effet, similaire à celle examinée par la Cour dans le cadre de l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20050421">21 avril 2005</DATE>, <NAME.CASE>HE</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑25/03</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2005:241">EU:C:2005:241</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0052">52</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>, notamment).</P></NOTE> ou de l’installation photovoltaïque dans l’affaire Z, eu égard au contenu objectif des transactions en question<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0039"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20151022">22 octobre 2015</DATE>, <NAME.CASE>Sveda</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑126/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:712">EU:C:2015:712</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0029">29</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), faisant référence à l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20130221">21 février 2013</DATE>, <NAME.CASE>Becker</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑104/12</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2013:99">EU:C:2013:99</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0022">22</REF.NP.ECR>, <REF.NP.ECR REF="NP0023">23</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0033">33</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE> décrites dans la décision de renvoi. La période écoulée entre l’acquisition de ces biens et leur utilisation aux fins des activités économiques des assujettis s’est révélée plutôt brève. Tant<?PAGE NO="11"?> le bureau que l’installation photovoltaïque étaient par nature des biens adaptés à une telle finalité<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0040"><P>S’agissant de la construction du bureau et de l’acquisition de l’installation photovoltaïque, il ne ressort du dossier, ni dans l’affaire E, ni dans l’affaire Z, que l’un ou l’autre agissait en qualité de personne privée. Voir, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20150709">9 juillet 2015</DATE>, <NAME.CASE>Trgovina Prizma</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑331/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:456">EU:C:2015:456</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0021">21</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée).</P></NOTE>. Il est particulièrement important de relever que, aux fins des procédures au principal, l’absence d’une demande immédiate aux autorités fiscales de déduction de la taxe payée en amont n’est pas concluante afin d’établir si un droit à déduction existait au moment de l’acquisition, même si, au regard de la jurisprudence de la juridiction de renvoi, l’invocation du droit à déduction est un indicateur important de l’affectation de biens à l’entreprise<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0041"><P>BFH-Arrêt, BFHE 234, 531, BStB1 II 2014, 81, Rz 23 ; BFH/NV 2013, 266, Rz 37 ; BFH-Arrêt du <DATE ISO="20120920">20.09.2012</DATE> – VB 109/11, BFH/NV 2013, 98, Rz 3.</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0044"><NO.P>44.</NO.P><TXT>Ainsi, le fait que E n’ait pas déclaré le bureau dans sa déclaration fiscale provisoire ne fait pas obstacle, en soi, au droit à déduction. Par ailleurs, les exigences du droit allemand selon lesquelles un demandeur se trouvant dans la situation de E ou de Z devrait entreprendre de déclarer l’existence d’une décision d’affectation lors de l’acquisition, même si la déduction de la taxe payée en amont est demandée <HT TYPE="ITALIC">postérieurement</HT> à la déclaration de TVA relative à la période d’acquisition des biens, ne trouvent aucun soutien direct dans la jurisprudence de la Cour. Eu égard à la jurisprudence de la Cour dans l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180725">25 juillet 2018</DATE>, <NAME.CASE>Gmina Ryjewo</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑140/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:595">EU:C:2018:595</NO.ECLI></REF.DOC.ECR>), ce sont des éléments attestant objectivement de l’existence d’une décision d’affectation au patrimoine de l’entreprise qu’il y a lieu de fournir, une telle décision étant nécessaire pour déterminer si la TVA relative à des biens à usage mixte est déductible<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0042"><P>Relevons cependant que les règles de preuve prévues par le droit national ne doivent pas porter atteinte à l’efficacité du droit de l’Union et doivent respecter les droits que ce dernier garantit, notamment au moyen de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Voir arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20200604">4 juin 2020</DATE>, <NAME.CASE>C.F. (Contrôle fiscal)</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑430/19</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2020:429">EU:C:2020:429</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0045">45</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), faisant référence à l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20191016">16 octobre 2019</DATE>, <NAME.CASE>Glencore Agriculture Hungary</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑189/18</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2019:861">EU:C:2019:861</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0037">37</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Demander la déduction dans la déclaration de TVA relative à la période de l’acquisition peut démontrer l’existence d’une décision d’affectation<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0043"><P>Comme l’a relevé le gouvernement allemand dans ses observations écrites, cela a été déclaré par la Cour dans l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="19910711">11 juillet 1991</DATE>, <NAME.CASE>Lennartz</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑97/90</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:1991:315">EU:C:1991:315</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0026">26</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>, mais cela n’est pas une obligation absolue au vu de la jurisprudence de la Cour. Il appartient à la juridiction de renvoi de déterminer si les plans de l’utilisation effective du bureau dans l’affaire E et la facture du <DATE ISO="20140911">11 septembre 2014</DATE> relative à la livraison et au montage de l’installation photovoltaïque dans l’affaire Z constituent des éléments suffisants pour attester objectivement de l’existence d’une décision d’affectation, au regard de l’ensemble des autres éléments de fait pertinents portés à sa connaissance.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0045"><NO.P>45.</NO.P><TXT>Cette approche respecte également le fondement de la réglementation en matière de TVA relative aux régularisations et aux déductions. Il y a lieu de relever que <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0023" ID="QS0023"/> les périodes de régularisation des déductions n’ont, en tant que telles, aucune incidence sur la naissance du droit à déduction de la TVA [...] qui [...] est déterminée par la seule qualité en laquelle l’intéressé agit au moment de l’acquisition du bien concerné <QUOT.END REF.START="QS0023" CODE="00BB" ID="QE0023"/><NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0044"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20151022">22 octobre 2015</DATE>, <NAME.CASE>Sveda</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑126/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:712">EU:C:2015:712</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0036">36</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), faisant référence à l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="19910711">11 juillet 1991</DATE>, <NAME.CASE>Lennartz</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑97/90</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:1991:315">EU:C:1991:315</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0008">8</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0020">20</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Le système de régularisation des déductions a pour vocation d’assurer l’exactitude des déductions et donc la neutralité de la charge fiscale<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0045"><P>Voir, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20060330">30 mars 2006</DATE>, <NAME.CASE>Uudenkaupungin kaupunki</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑184/04</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2006:214">EU:C:2006:214</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0026">26</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. En effet, il est constant dans la jurisprudence de la Cour que les modalités d’exercice du droit à déduction s’assimilent à des exigences ou à des conditions de nature formelleuniquement<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0046"><P>Voir, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20171019">19 octobre 2017</DATE>, <NAME.CASE>Paper Consult</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑101/16</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2017:775">EU:C:2017:775</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0040">40</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0046"><NO.P>46.</NO.P><TXT>Enfin, comme je l’ai indiqué au point 21 des présentes conclusions, un doute a été émis quant au fait que Z agissait en qualité d’entrepreneur au moment de l’acquisition de l’installation photovoltaïque, et son droit à déduction au regard de la jurisprudence de la Cour dans l’arrêt du<?PAGE NO="12"?> <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180725">25 juillet 2018</DATE>, <NAME.CASE>Gmina Ryjewo</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑140/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:595">EU:C:2018:595</NO.ECLI></REF.DOC.ECR>), a été mis en doute. Or l’installation photovoltaïque a été utilisée, au moins partiellement, aux fins des opérations taxées en aval de Z, cet investissement a été réalisé afin d’entreprendre une activité économique, et la déduction avait pour finalité des opérations que Z comptait mener à bien (voir point 37 des présentes conclusions). En outre, loin de limiter l’éventuelle qualification d’<QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0024" ID="QS0024"/> assujetti <QUOT.END REF.START="QS0024" CODE="00BB" ID="QE0024"/> de Z, la jurisprudence de la Cour dans l’arrêt Gmina Ryjewo va dans le sens d’une acception large du terme <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0025" ID="QS0025"/> assujetti <QUOT.END REF.START="QS0025" CODE="00BB" ID="QE0025"/><NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0047"><P>Voir arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180725">25 juillet 2018</DATE> (<NO.CASE>C‑140/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:595">EU:C:2018:595</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0054">54</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0055">55</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0047"><NO.P>47.</NO.P><TXT>En conclusion, alors que cette question relève de l’appréciation de la juridiction de renvoi, au regard des principes juridiques susmentionnés, il semble que E ait eu un droit à déduction partielle de la taxe payée en amont lors de l’acquisition du bureau en question, tout comme Z lors de l’acquisition de l’installation photovoltaïque.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="2"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">B.</HT></HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD"><HT TYPE="ITALIC">La décision d’affectation identifiable en tant qu’exigence de fond ou formelle et son délai de communication aux autorités fiscales</HT></HT></TXT></NP></TI></TITLE><GR.SEQ LEVEL="3"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="ITALIC">1.</HT></NO.P><TXT><HT TYPE="ITALIC">La décision d’affectation identifiable</HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0048"><NO.P>48.</NO.P><TXT>Eu égard à la jurisprudence de la Cour, les autorités fiscales des États membres doivent disposer des données nécessaires pour établir que les exigences de fond ouvrant droit à la déduction de la taxe acquittée en amont sont satisfaites, en dépit de manquements aux conditions formelles<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0048"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180307">7 mars 2018</DATE>, <NAME.CASE>Dobre</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑159/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:161">EU:C:2018:161</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0038">38</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Comme je l’ai expliqué dans les présentes conclusions, la décision d’affectation est essentielle afin d’établir le droit à déduction. Il ne s’agit pas d’une simple exigence formelle à des fins de contrôle<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0049"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180307">7 mars 2018</DATE>, <NAME.CASE>Dobre</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑159/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:161">EU:C:2018:161</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0032">32</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE> ni d’obligations de comptabilité et de déclaration<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0050"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180307">7 mars 2018</DATE>, <NAME.CASE>Dobre</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑159/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:161">EU:C:2018:161</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0034">34</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Au contraire, l’absence d’une décision d’affectation identifiable empêche d’apporter la preuve certaine que les exigences de fond ont été satisfaites<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0051"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180307">7 mars 2018</DATE>, <NAME.CASE>Dobre</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑159/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:161">EU:C:2018:161</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0035">35</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), faisant référence à l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160728">28 juillet 2016</DATE>, <NAME.CASE>Astone</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑332/15</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:614">EU:C:2016:614</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0046">46</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>, dès lors que c’est la décision d’affectation elle-même qui détermine si la déduction de la taxe payée en amont s’agissant de biens d’usage mixte est possible et, le cas échéant, dans quelle mesure.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0049"><NO.P>49.</NO.P><TXT>Partant, comme l’a fait valoir le Finanzamt N dans ses observations écrites, l’existence d’une décision d’affectation identifiable est une exigence matérielle, mais il y a lieu de souligner que la déduction de la taxe payée en amont dans la déclaration relative à la période de l’acquisition pertinente n’est qu’un élément, bien que potentiellement décisif, attestant de l’existence d’une décision d’affectation<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0052"><P>Voir point 44 des présentes conclusions.</P></NOTE>. De la même manière, l’absence d’une telle déclaration n’empêche pas de manière absolue l’existence d’une décision d’affectation.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><?PAGE NO="13"?><GR.SEQ LEVEL="3"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="ITALIC">2.</HT></NO.P><TXT><HT TYPE="ITALIC">Le délai de communication de la décision d’affectation</HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0050"><NO.P>50.</NO.P><TXT>Les administrations fiscales doivent disposer des données nécessaires pour établir que les exigences de fond ouvrant droit à déduction de la TVA payée en amont sont satisfaites, ce qu’il appartient à la juridiction de renvoi de vérifier<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0053"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180912">12 septembre 2018</DATE>, <NAME.CASE>Siemens Gamesa Renewable Energy România</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑69/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:703">EU:C:2018:703</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0043">43</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Dès lors que l’administration fiscale dispose des données nécessaires pour établir que l’assujetti, en tant que destinataire des transactions en cause, est redevable de la TVA, elle ne saurait imposer, en ce qui concerne le droit de ce dernier de déduire cette taxe payée en amont, des conditions supplémentaires pouvant avoir pour effet de réduire à néant l’exercice de ce droit<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0054"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180807">7 août 2018</DATE>, <NAME.CASE>TGE Gas Engineering</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑16/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:647">EU:C:2018:647</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0046">46</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée). Voir également arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160915">15 septembre 2016</DATE>, <NAME.CASE>Barlis 06 – Investimentos Imobiliários e Turísticos</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑516/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:690">EU:C:2016:690</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0042">42</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0051"><NO.P>51.</NO.P><TXT>Aussi se pose la question de savoir si la fixation du délai en question, la perte consécutive du droit à déduction découlant de la jurisprudence de la juridiction de renvoi et la présomption, tirée de cette même jurisprudence, d’affectation au patrimoine privé en l’absence d’éléments établissant l’affectation au patrimoine de l’entreprise sont des conditions supplémentaires produisant un tel effet.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0052"><NO.P>52.</NO.P><TXT>Ainsi qu’il résulte du libellé des articles 167 et 179 de la directive TVA, le droit à déduction s’exerce, en principe, au cours de la même période que celle pendant laquelle il a pris naissance, à savoir au moment où la taxe devient exigible<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0055"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160728">28 juillet 2016</DATE>, <NAME.CASE>Astone</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑332/15</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:614">EU:C:2016:614</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0031">31</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Néanmoins, en vertu des articles 180 et 182 de cette directive, un assujetti peut être autorisé à procéder à la déduction même s’il n’a pas exercé son droit au cours de la période pendant laquelle ce droit a pris naissance, sous réserve, cependant, du respect des conditions et des modalités fixées par les réglementations nationales<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0056"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160728">28 juillet 2016</DATE>, <NAME.CASE>Astone</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑332/15</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:614">EU:C:2016:614</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0032">32</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée). Dans l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20190327">27 mars 2019</DATE>, <NAME.CASE>Mydibel</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑201/18</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2019:254">EU:C:2019:254</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0032">32</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), la Cour a relevé que <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0026" ID="QS0026"/> [l]’article 187 de [la directive TVA] décrit certaines modalités de régularisation de la déduction de la TVA en ce qui concerne les biens d’investissement. Notamment, il ressort de l’article 187, paragraphe 1, de [cette] directive que, en ce qui concerne de tels biens, la régularisation est opérée pendant une période de cinq années, période qui peut être prolongée jusqu’à vingt ans pour les biens d’investissement immobiliers <QUOT.END REF.START="QS0026" CODE="00BB" ID="QE0026"/>.</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0053"><NO.P>53.</NO.P><TXT>Il est de jurisprudence constante que la fixation par les États membres de délais dans lesquels il est possible de déduire la TVA payée en amont est admise à des fins de sécurité juridique, sans préjudice toutefois des principes d’effectivité et d’équivalence<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0057"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160728">28 juillet 2016</DATE>, <NAME.CASE>Astone</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑332/15</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:614">EU:C:2016:614</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0033">33</REF.NP.ECR> à <REF.NP.ECR REF="NP0038">38</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée). Voir également arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180426">26 avril 2018</DATE>, <NAME.CASE>Zabrus Siret</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑81/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:283">EU:C:2018:283</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0038">38</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20200702">2 juillet 2020</DATE>, <NAME.CASE>Terracult</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑835/18</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2020:520">EU:C:2020:520</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0032">32</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Il appartient à la juridiction de renvoi de déterminer si le délai expirant le <DATE ISO="20150531">31 mai 2015</DATE>, s’agissant de la déclaration annuelle de l’année 2014, aux fins de la communication de la décision d’affectation, qui est de fait un délai restreignant l’exercice du droit à déduction de la TVA payée en amont, est conforme aux principes d’effectivité et d’équivalence.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0054"><NO.P>54.</NO.P><TXT>Conformément à la jurisprudence de la Cour, s’agissant du principe d’effectivité, il y a lieu, afin d’apprécier un tel délai de forclusion, de tenir compte de sa durée totale ; les juridictions des États membres doivent également rechercher si l’exercice du droit à déduction dans un tel délai de forclusion n’est pas rendu impossible ou excessivement difficile<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0058"><P>Arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120712">12 juillet 2012</DATE>, <NAME.CASE>EMS-Bulgaria Transport</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑284/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:458">EU:C:2012:458</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0052">52</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0058">58</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), ainsi que du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180426">26 avril 2018</DATE>, <NAME.CASE>Zabrus Siret</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑81/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:283">EU:C:2018:283</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0038">38</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0041">41</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>). Voir également arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20200702">2 juillet 2020</DATE>, <NAME.CASE>Terracult</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑835/18</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2020:520">EU:C:2020:520</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0032">32</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><?PAGE NO="14"?><NP.ECR IDENTIFIER="NP0055"><NO.P>55.</NO.P><TXT>En l’absence de la perte intégrale, conformément au droit de l’État membre, du droit à déduction de la taxe payée en amont en raison de l’absence de communication à l’administration fiscale, avant le <DATE ISO="20150531">31 mai 2015</DATE>, des éléments attestant objectivement de l’existence d’une décision d’affectation, le délai en cause semble ne pas pouvoir être contesté du point de vue du droit de l’Union<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0059"><P>Sous réserve du principe selon lequel les délais fixés par l’État membre ne peuvent <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0027" ID="QS0027"/> être utilis[és] de manière telle qu’[ils] remettraient systématiquement en cause le droit à déduction de la TVA <QUOT.END REF.START="QS0027" CODE="00BB" ID="QE0027"/> (voir arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180321">21 mars 2018</DATE>, <NAME.CASE>Volkswagen</NAME.CASE>, <NO.CASE>C‑533/16</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:204">EU:C:2018:204</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0048">48</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0056"><NO.P>56.</NO.P><TXT>Cependant, il est également de jurisprudence constante que le fait de sanctionner le non-respect par l’assujetti des obligations de comptabilité et de déclaration par un refus du droit à déduction va au-delà de ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif d’assurer l’application correcte de ces obligations, dès lors que le droit de l’Union n’empêche pas les États membres d’infliger, le cas échéant, une amende ou une sanction pécuniaire proportionnée à la gravité de l’infraction<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0060"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180912">12 septembre 2018</DATE>, <NAME.CASE>Siemens Gamesa Renewable Energy România</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑69/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:703">EU:C:2018:703</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0037">37</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), faisant référence aux arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20150709">9 juillet 2015</DATE>, <NAME.CASE>Salomie et Oltean</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑183/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2015:454">EU:C:2015:454</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0063">63</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180307">7 mars 2018</DATE>, <NAME.CASE>Dobre</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑159/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:161">EU:C:2018:161</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0034">34</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>). Voir également, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160915">15 septembre 2016</DATE>, <NAME.CASE>Barlis 06 – Investimentos Imobiliários e Turísticos</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑516/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:690">EU:C:2016:690</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0047">47</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0048">48</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>, en tant qu’alternatives proportionnées à la perte du droit à déduction.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0057"><NO.P>57.</NO.P><TXT>Ainsi, l’action des États membres ne doit pas porter une atteinte excessive au principe de neutralité de la TVA<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0061"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20190508">8 mai 2019</DATE>, <NAME.CASE>EN.SA.</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑712/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2019:374">EU:C:2019:374</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0033">33</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Plus spécifiquement, au cas où aucune fraude fiscale ni atteinte au budget de l’État n’est établie, la Cour considère, compte tenu de la place prépondérante qu’occupe le droit à déduction dans le système commun de TVA, qu’une sanction consistant en un refus absolu du droit à déduction lorsque la taxe est acquittée tardivement apparaît disproportionnée<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0062"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120712">12 juillet 2012</DATE>, <NAME.CASE>EMS-Bulgaria Transport</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑284/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:458">EU:C:2012:458</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0065">65</REF.NP.ECR> à <REF.NP.ECR REF="NP0070">70</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>). Voir également arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180426">26 avril 2018</DATE>, <NAME.CASE>Zabrus Siret</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑81/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:283">EU:C:2018:283</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0051">51</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>). Voir, à titre de comparaison, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20171019">19 octobre 2017</DATE>, <NAME.CASE>Paper Consult</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑101/16</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2017:775">EU:C:2017:775</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0043">43</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Un acquittement tardif de la TVA ne saurait être, per se, assimilé à une fraude<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0063"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120712">12 juillet 2012</DATE>, <NAME.CASE>EMS-Bulgaria Transport</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑284/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:458">EU:C:2012:458</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0074">74</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>). Voir également arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20171019">19 octobre 2017</DATE>, <NAME.CASE>Paper Consult</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑101/16</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2017:775">EU:C:2017:775</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0056">56</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), dans lequel la Cour a jugé que <QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0028" ID="QS0028"/> [s]i l’absence de dépôt des déclarations fiscales prévues par la loi peut être considérée comme un indice de fraude, elle ne prouve pas de manière irréfutable l’existence d’une fraude à la TVA <QUOT.END REF.START="QS0028" CODE="00BB" ID="QE0028"/>.</P></NOTE>. Dans de telles circonstances, une sanction administrative pécuniaire<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0064"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180426">26 avril 2018</DATE>, <NAME.CASE>Zabrus Siret</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑81/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:283">EU:C:2018:283</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0049">49</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE> ou le versement d’intérêts de retard<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0065"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20120712">12 juillet 2012</DATE>, <NAME.CASE>EMS-Bulgaria Transport</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑284/11</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2012:458">EU:C:2012:458</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0075">75</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE> constituent une sanction adéquate.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0058"><NO.P>58.</NO.P><TXT>La Cour a également jugé que le refus du droit à déduction formant une exception à l’application du principe fondamental que constitue ce droit, il incombe aux autorités fiscales compétentes d’établir à suffisance de droit que les éléments objectifs établissant l’existence d’une fraude ou d’un abus sont réunis. Il appartient ensuite aux juridictions nationales de vérifier si les autorités fiscales concernées ont établi l’existence de tels éléments objectifs<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0066"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180412">12 avril 2018</DATE>, <NAME.CASE>Biosafe – Indústria de Reciclagens</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑8/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:249">EU:C:2018:249</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0039">39</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), faisant référence à l’arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160728">28 juillet 2016</DATE>, <NAME.CASE>Astone</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑332/15</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:614">EU:C:2016:614</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0052">52</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>. Aucun élément de preuve en ce sens ne ressort du dossier de l’affaire au principal.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0059"><NO.P>59.</NO.P><TXT>Il en irait autrement si la violation du délai expirant le <DATE ISO="20150531">31 mai 2015</DATE> signifiait que les exigences de fond relatives aux éléments attestant objectivement de l’existence d’une décision d’affectation partielle au patrimoine de l’entreprise ne pouvaient être satisfaites<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0067"><P>Il incombe à l’assujetti qui demande la déduction de la TVA d’établir qu’il répond aux conditions prévues pour en bénéficier. Les autorités fiscales peuvent donc exiger de l’assujetti lui-même les preuves qu’elles jugent nécessaires pour apprécier s’il y a lieu ou non d’accorder la déduction demandée. Voir arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160915">15 septembre 2016</DATE>, <NAME.CASE>Barlis 06 – Investimentos Imobiliários e Turísticos</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑516/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:690">EU:C:2016:690</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0046">46</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée).</P></NOTE>. Cependant, si la<?PAGE NO="15"?> communication de la décision d’affectation, au moyen d’éléments établissant son existence objective à suffisance de droit, a été reçue par l’administration fiscale le <DATE ISO="20160928">28 septembre 2016</DATE> dans le cas de E et le <DATE ISO="20160229">29 février 2016</DATE> dans le cas de Z, les exigences de fond aux fins de la déduction de la TVA pourraient bien être satisfaites<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0068"><P>La situation en l’espèce est différente de celle que j’ai examinée dans mes conclusions dans l’affaire <REF.DOC.ECR><NAME.CASE>Vădan</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑664/16</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:346">EU:C:2018:346</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0080">80</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>, notamment), dans laquelle la conservation de factures a eu pour effet d’empêcher d’apporter la preuve certaine que les exigences de fond avaient été satisfaites.</P></NOTE>. En outre, le retard de E, comme celui de Z, ne sauraient être qualifiés d’<QUOT.START CODE="00AB" REF.END="QE0029" ID="QS0029"/> ingérables <QUOT.END REF.START="QS0029" CODE="00BB" ID="QE0029"/> pour l’administration. La demande de E concernant la déduction de la taxe payée en amont a été reçue par le centre des impôts le <DATE ISO="20160928">28 septembre 2016</DATE>, c’est-à-dire seize mois après l’expiration du délai fixé au <DATE ISO="20150531">31 mai 2015</DATE>, et Z a introduit une déclaration de la taxe sur le chiffre d’affaires le <DATE ISO="20160229">29 février 2016</DATE>, neuf mois après l’expiration du délai fixé au <DATE ISO="20150531">31 mai 2015</DATE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0060"><NO.P>60.</NO.P><TXT>Par souci d’exhaustivité, on peut ajouter que des doutes quant au respect du principe de proportionnalité et quant à une atteinte excessive au principe de neutralité pourraient émerger de la jurisprudence de la juridiction de renvoi citée au point 14 des présentes conclusions, en ce sens que les prolongations de délai accordées pour le dépôt des déclarations fiscales annuelles n’ont pas pour conséquence de prolonger le délai de communication de la décision d’affectation relative aux biens à usage mixte. Cet aspect pourrait également être examiné à l’aune du principe d’équivalence.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ></GR.SEQ></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">V.</HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD">Réponses aux questions préjudicielles</HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0061"><NO.P>61.</NO.P><TXT>Je suis parvenu à la conclusion que, dans les circonstances caractérisant les procédures au principal, une jurisprudence nationale qui exclut le droit à déduction de la TVA dans les cas dans lesquels l’assujetti dispose, lors de l’acquisition d’une prestation, du droit d’en choisir l’affectation, mais qu’aucune décision d’affectation identifiable par l’administration fiscale n’a été communiquée à cette dernière avant l’expiration du délai légal de dépôt de la déclaration annuelle de la taxe sur le chiffre d’affaires, est incompatible avec les dispositions combinées de l’article 168, sous a), et de l’article 167 de la directive TVA. La même chose vaut nécessairement s’agissant d’une présomption d’affectation de biens à usage mixte au patrimoine privé lorsque la sanction est également la perte du droit à déduction.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0062"><NO.P>62.</NO.P><TXT>Conformément à la jurisprudence constante de la Cour, le droit à déduction fait partie intégrante du mécanisme de la TVA et ne peut, en principe, être limité. Le régime des déductions vise à soulager entièrement l’assujetti du poids de la TVA due ou acquittée dans le cadre de toutes ses activités économiques. Le système commun de la TVA garantit, par conséquent, la neutralité quant à la charge fiscale de toutes les activités économiques, quels que soient les buts ou les résultats de ces activités, à condition que lesdites activités soient, en principe, elles-mêmes soumises à la TVA<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0069"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20170426">26 avril 2017</DATE>, <NAME.CASE>Farkas</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑564/15</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2017:302">EU:C:2017:302</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0042">42</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0043">43</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> ainsi que jurisprudence citée). Voir également, par exemple, arrêts du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160915">15 septembre 2016</DATE>, <NAME.CASE>Barlis 06 – Investimentos Imobiliários e Turísticos</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑516/14</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:690">EU:C:2016:690</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0037">37</REF.NP.ECR> à <REF.NP.ECR REF="NP0039">39</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>) ; du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20180426">26 avril 2018</DATE>, <NAME.CASE>Zabrus Siret</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑81/17</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:283">EU:C:2018:283</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0032">32</REF.NP.ECR> à <REF.NP.ECR REF="NP0034">34</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>), et du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20181121">21 novembre 2018</DATE>, <NAME.CASE>Fontana</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑648/16</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:932">EU:C:2018:932</NO.ECLI>, points <REF.NP.ECR REF="NP0039">39</REF.NP.ECR> et <REF.NP.ECR REF="NP0040">40</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR>).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><?PAGE NO="16"?><NP.ECR IDENTIFIER="NP0063"><NO.P>63.</NO.P><TXT>Conformément aux dispositions de l’article 273 de la directive TVA, les États membres peuvent prévoir des mesures visant à assurer l’exacte perception de la TVA et à lutter contre la fraude, mais dans le respect des principes de proportionnalité et de neutralité fiscale<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0070"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20181121">21 novembre 2018</DATE>, <NAME.CASE>Fontana</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑648/16</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2018:932">EU:C:2018:932</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0035">35</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée).</P></NOTE> ; de telles mesures ne doivent pas remettre systématiquement en cause le droit à déduction de la TVA<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0071"><P>Arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20160728">28 juillet 2016</DATE>, <NAME.CASE>Astone</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑332/15</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2016:614">EU:C:2016:614</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0049">49</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR><NP.ECR IDENTIFIER="NP0064"><NO.P>64.</NO.P><TXT>Enfin, dès lors que les questions déférées dans la décision de renvoi portent principalement sur la compatibilité de la jurisprudence de la juridiction de renvoi avec les principes pertinents du droit de l’Union, il importe de rappeler que l’exigence d’interprétation conforme inclut l’obligation, pour les juridictions nationales, de modifier, le cas échéant, une jurisprudence établie si celle-ci repose sur une interprétation du droit national incompatible avec le droit de l’Union<NOTE TYPE="FOOTNOTE" NUMBERING="ARAB" NUMBERING.CONTINUED="YES" NOTE.ID="E0072"><P>Voir, par exemple, arrêt du <REF.DOC.ECR><DATE ISO="20200304">4 mars 2020</DATE>, <NAME.CASE>Telecom Italia</NAME.CASE> (<NO.CASE>C‑34/19</NO.CASE>, <NO.ECLI ECLI="ECLI:EU:C:2020:148">EU:C:2020:148</NO.ECLI>, point <REF.NP.ECR REF="NP0060">60</REF.NP.ECR></REF.DOC.ECR> et jurisprudence citée).</P></NOTE>.</TXT></NP.ECR></GR.SEQ><GR.SEQ LEVEL="1"><TITLE><TI><NP><NO.P><HT TYPE="BOLD">VI.</HT></NO.P><TXT><HT TYPE="BOLD">Conclusion</HT></TXT></NP></TI></TITLE><NP.ECR IDENTIFIER="NP0065"><NO.P>65.</NO.P><TXT>Je propose donc les réponses suivantes aux questions préjudicielles formées par le Bundesfinanzhof (Cour fédérale des finances, Allemagne).</TXT><P><LIST TYPE="ARAB"><ITEM><NP><NO.P>1)</NO.P><TXT>Dans les circonstances caractérisant les procédures au principal, une jurisprudence nationale qui exclut le droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée dans les cas dans lesquels l’assujetti dispose, lors de l’acquisition d’une prestation, du droit d’en choisir l’affectation, mais qu’aucune décision d’affectation identifiable par l’administration fiscale n’a été communiquée à cette dernière avant l’expiration du délai légal de dépôt de la déclaration annuelle de la taxe sur le chiffre d’affaires, est incompatible avec les dispositions combinées de l’article 168, sous a), et de l’article 167 de la directive 2006/112/CE du Conseil, du <DATE ISO="20061128">28 novembre 2006</DATE>, relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée, telle que modifiée par la directive 2009/162/UE du Conseil, du <DATE ISO="20091222">22 décembre 2009</DATE>.</TXT></NP></ITEM><ITEM><NP><NO.P>2)</NO.P><TXT>Dans les circonstances caractérisant les procédures au principal, une jurisprudence nationale qui considère que, en l’absence d’indices (suffisants) d’une affectation au patrimoine de l’entreprise, une prestation est affectée au patrimoine privé, ou qu’il existe une présomption en ce sens, est incompatible avec l’article 168, sous a), de la directive 2006/112, telle que modifiée par la directive 2009/162.</TXT></NP></ITEM></LIST></P></NP.ECR></GR.SEQ></CONTENTS.CONCLUSION></CONCLUSION>